J’étais auprès de ʽUmar ibn al-Khaṭṭâb lorsqu’on l’interrogea au sujet de ce verset… Il rappela alors le ḥadith.
Al-Ḥâfiẓ ad-Dâraqutnî (1) a dit : « ʽUmar ibn Juʽthum Abû Furwah Yazîd ibn Sinân ar-Rahâwî a suivi (dans sa narration) Zayd ibn Abî Unaysah. Il a déclaré : “Leur version est plus exacte que celle de Mâlik (2).” »
Tous ces ḥadiths indiquent qu’Allah – exalté soit-Il – a fait sortir la descendance d’Adam de son dos sous forme de particules (adh-dharr), et les a répartis en deux catégories : les gens de la droite et ceux de la gauche. Puis Il dit : « Ceux-ci iront au Paradis et cela ne Me gêne aucunement, et ceux-là iront en Enfer et cela ne Me gêne aucunement. »
Quant au fait de les avoir pris à témoin et de leur avoir fait reconnaître l’Unicité (tawḥîd), cela ne ressort pas des ḥadiths authentiques. Interpréter en ce sens le verset de la sourate al-Aʽrâf et l’y associer demeure sujet à discussion, comme nous l’avons expliqué (3) à cet endroit. Nous y avons également exposé, de façon détaillée, ces ḥadiths et ces traditions avec leurs chaînes de transmission et les termes exacts de leurs contenus. Que celui qui souhaite un examen approfondi s’y réfère donc. Et Allah est plus savant.
Quant au ḥadith rapporté par Aḥmad (4) : « Ḥusayn ibn Muḥammad nous a rapporté, [il dit] : Jirîr – c’est-à-dire Ibn Ḥâzim – nous a rapporté, d’après Kulthûm ibn Jabr, d’après Saʽîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʽAbbâs, qui le tient du Prophète (ﷺ), lequel a dit : “Allah préleva l’engagement du dos d’Adam – paix sur lui – à Nuʽmân, le Jour de ʽArafa, et fit sortir de ses reins toute sa descendance qu’Il créa. Il la dispersa devant Lui, puis Il s’adressa à eux directement en disant : ﴾Ne suis-Je pas votre Seigneur ? Ils répondirent : ‘Oui, nous en témoignons,’ – afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : ‘Vraiment, nous n’étions pas conscients de cela,’ (v. 172) ou que vous ne disiez…﴿ jusqu’à Sa parole : ﴾…ceux qui rendent vain (v. 173)﴿ [al-Aʽrâf, 172-173].” »
Son isnâd est jugé bon et solide, répondant aux critères de Muslim. An-Nassâ’î, Ibn Jarîr et al-Ḥâkim dans son « Mustadrak » (5) le rapportent également via Ḥusayn ibn Muḥammad al-Marwazî. Al-Ḥâkim l’a jugé d’une chaîne de transmission authentique, bien qu’ils (al-Bukhârî et Muslim) ne l’aient pas recueilli. Néanmoins, on trouve une divergence à propos de la transmission de Kulthûm ibn Jabr : certaines versions l’attribuent au Prophète (récit mرفوع) tandis que d’autres l’arrêtent à Ibn ʽAbbâs (récit mوقوف). De même, on rapporte de Saʽîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʽAbbâs, une version mوقوف (6). On retrouve aussi ce sens chez al-ʽAwfî, al-Wâlibî, aḍ-Ḍaḥḥâk et Abû Jamra d’après Ibn ʽAbbâs, comme parole personnelle de ce dernier. C’est la version la plus répandue et la plus sûre, et Allah est plus savant. De même, on le rapporte d’ʽAbdullâh ibn ʽUmar (7), tantôt de manière mوقوف, et tantôt mرفوع, mais la version mوقوف est jugée plus fiable (8).