As-Sakhtiyānī, d’après Nāfiʿ, selon la même chaîne de transmission. Muslim (1) l’a également rapporté d’après leurs deux témoignages, par l’intermédiaire d’Ayyūb, selon la même chaîne. Ainsi, Ibn ʿUmar – qu’Allah l’agrée – a suivi l’exemple du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) pour se délier de l’iḥrām (tahallul) lorsque l’ennemi empêchait d’accéder à la Maison (ḥaṣr), et pour se satisfaire d’un seul ṭawāf à la fois pour le ḥajj et la ʿumra. En effet, il s’était d’abord mis en iḥrām avec l’intention d’accomplir la ʿumra, pour être en état de tamattuʿ, mais il craignit de se voir empêché (ḥaṣr). Il combina donc les deux en introduisant (idkhāl) le ḥajj avant le ṭawāf (2) et devint qārin.
Il déclara : « Je ne vois pas de différence entre les deux cas. » Autrement dit, il n’y a pas de distinction à faire si la personne est empêchée d’accomplir le ḥajj, la ʿumra ou les deux en même temps. Lorsqu’il arriva à La Mecque, il se contenta du premier ṭawāf pour les deux, comme il l’indique explicitement dans le premier récit que nous avons cité (3), où il dit : « Il considéra avoir accompli le ṭawāf de la ʿumra et celui du ḥajj avec son premier ṭawāf. » Ibn ʿUmar ajouta : « C’est ainsi qu’agissait le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui). » Autrement dit, il se satisfaisait d’un seul ṭawāf pour le ḥajj et la ʿumra – en incluant le parcours entre aṣ-Ṣafā et al-Marwa. Cette indication montre qu’Ibn ʿUmar relatait la pratique du qirān.
C’est pourquoi an-Nassā’ī (4) a rapporté, selon Muḥammad ibn Manṣūr, d’après Sufyān ibn ʿUyayna, d’après Ayyūb ibn Mūsā, d’après Nāfiʿ, qu’Ibn ʿUmar avait pratiqué le qirān en n’accomplissant qu’un seul ṭawāf pour le ḥajj et la ʿumra. An-Nassā’ī rapporta également (5), par l’intermédiaire de ʿAlī ibn Maymūn ar-Raqī, d’après Sufyān ibn ʿUyayna, d’après Ismāʿīl ibn Umayya, Ayyūb ibn Mūsā, Ayyūb as-Sakhtiyānī et ʿUbayd Allāh ibn ʿUmar – tous quatre d’après Nāfiʿ – qu’Ibn ʿUmar était venu à Dhū l-Ḥulayfa, où il proclama son intention de faire la ʿumra et craignit d’être empêché d’atteindre la Maison. Le récit se poursuit sur la manière dont il introduisit le ḥajj à sa ʿumra, devenant ainsi qārin.
Le point essentiel vient du fait que certains rapporteurs, en entendant Ibn ʿUmar dire : « Dans ce cas, je ferai comme le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) » ou « C’est ainsi qu’agissait le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) », ont pensé qu’il voulait dire que le Prophète avait commencé par se mettre en iḥrām pour la ʿumra puis, avant le ṭawāf, avait prononcé l’intention du ḥajj ; ils ont donc retranscrit le hadith en fonction de leur propre compréhension. Or Ibn ʿUmar ne visait pas cela, mais plutôt ce que nous avons expliqué. Allah seul détient la vérité.
Et même si l’on suppose que le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) s’était effectivement mis en iḥrām d’abord pour la ʿumra, puis avait introduit le ḥajj avant le ṭawāf, il serait alors en état de qirān, et non de tamattuʿ dans son sens particulier. Cela pourrait soutenir l’opinion de ceux qui estiment plus méritoire d’accomplir le tamattuʿ. Allah est plus savant.
Quant au hadith rapporté par al-Bukhārī (6) dans son Ṣaḥīḥ – où Mūsā ibn Ismāʿīl transmet à son tour de Hammām, d’après Qatāda, auquel a rapporté Muṭarraf, d’après ʿImrān, qui relate : « Nous avons pratiqué le tamattuʿ du vivant du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), tandis que le Coran était encore révélé, puis un homme prononça une opinion selon son propre point de vue… » – voici ce qui en est