Al-Khalîl (1) rapporte d’après Zayd ibn Arqam que plusieurs hommes eurent des rapports avec une femme alors qu’elle se trouvait dans un état de pureté (entre deux menstrues). ‘Alî s’adressa alors à deux d’entre eux et leur dit : « Consentez-vous de bon gré à cela ? » Ils répondirent : « Non. » Puis il se tourna vers les deux autres et leur posa la même question ; ils répondirent également : « Non. » Alors ‘Alî déclara : « Vous êtes des associés qui se querellent (shurakâ’ mutashâkisûn). Je vais donc procéder à un tirage au sort parmi vous ; celui que le sort désignera devra payer les deux tiers de la dîya (prix du sang) et je lui imputerai (2) l’enfant. » On rapporta cette affaire au Prophète (paix et bénédiction sur lui) et il dit : « Je ne connais pas d’autre jugement que celui d’‘Alî. »
Aḥmad (3) a dit : « Suraïj (4) Ibn al-Nuʿmân nous raconta ; Hushaym nous raconta ; al-Ajlaḥ nous transmit, d’après al-Shaʿbî, d’après Abû al-Khalîl, d’après Zayd ibn Arqam, que ‘Alî, alors qu’il se trouvait au Yémen, reçut la plainte de trois hommes qui se disputaient au sujet d’un enfant dont ils partageaient la paternité. Il fit alors un tirage au sort parmi eux ; à celui sur qui le sort tomba, il imposa les deux tiers de la dîya et attribua l’enfant à lui. » Zayd ibn Arqam raconte : « Je suis allé trouver le Prophète (paix et bénédiction sur lui) pour l’informer de ce jugement rendu par ‘Alî, et il se mit à rire à tel point qu’on pouvait voir ses molaires. »
Abû Dâwud (5), d’après Musaddad, par l’intermédiaire de Yaḥyâ al-Qaṭṭân, et al-Nassâ’î (6), d’après ‘Alî ibn Ḥujr, par l’intermédiaire de ‘Alî ibn Mushir, tous deux le rapportent d’après al-Ajlaḥ ibn ʿAbd Allâh, d’après ʿÂmir al-Shaʿbî, d’après ʿAbd Allâh ibn al-Khalîl. Al-Nassâ’î (7) mentionne, dans sa version, ʿAbd Allâh ibn Abî al-Khalîl, d’après Zayd ibn Arqam qui dit : « J’étais auprès du Prophète (paix et bénédiction sur lui) quand un homme originaire du Yémen vint dire : “Trois hommes sont allés voir ‘Alî pour se disputer la paternité d’un enfant ; ils avaient eu des rapports avec une femme durant la même période de pureté.” Il raconta alors la même chose que précédemment et ajouta : “Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) se mit à rire.” »
Abû Dâwud et al-Nassâ’î l’ont également rapporté à partir du hadith de Shuʿbah, d’après Salama ibn Kuhayl, d’après al-Shaʿbî, d’après Abû al-Khalîl (ou ibn al-Khalîl), d’après ‘Alî, en le transmettant comme un hadith mursal (c’est-à-dire sans remonter au Prophète). L’imam Aḥmad (8) le rapporte aussi, selon le récit de ʿAbd al-Razzâq, d’après Sufyân al-Thawrî, d’après al-Ajlaḥ, d’après al-Shaʿbî, d’après ʿAbd Khaybar, d’après Zayd ibn Arqam, qui relate la même histoire que précédemment.