Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En s’appuyant sur le hadith rapporté dans les deux Sahih – d’après le témoignage d’Oussama ibn Zayd –, le Messager d’Allah (ﷺ) aurait dit : « Le mécréant n’hérite pas du musulman, et le musulman n’hérite pas du mécréant » (1).

L’intention ici est de souligner que Mouʿādh (qu’Allah l’agrée) fut désigné par le Prophète (ﷺ) en tant que juge au Yémen, administrateur des affaires militaires et percepteur de l’aumône (zakât), comme l’indique le hadith d’Ibn ʿAbbâs mentionné plus haut. Il exerçait également un rôle public, dirigeant les cinq prières quotidiennes. C’est ce qu’al-Bukhârî a rapporté (2) : « Sulaymân ibn Harb nous a rapporté : Shuʿbah nous a rapporté, d’après Ḥabîb ibn Abî Thâbit, d’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après ʿAmr ibn Maymûn, que lorsque Mouʿādh arriva au Yémen, il dirigea la prière de l’aube et récita : “Et Allah prit Abraham pour ami rapproché” (an-Nisâ’ 4:125). Alors un homme parmi l’assemblée s’exclama : “Qu’Allah réjouisse ainsi les yeux de la mère d’Abraham !” Al-Bukhârî est le seul à transmettre ce récit. »

Al-Bukhârî ajouta ensuite (4) : « Chapitre sur l’envoi par le Messager d’Allah (ﷺ) de ʿAlî ibn Abî Tâlib et de Khâlid ibn al-Walîd au Yémen avant le Pèlerinage d’Adieu. » Aḥmad ibn ʿUthmân nous a rapporté : « Shurayḥ ibn Maslamah nous a rapporté : “Ibrâhîm ibn Yûsuf ibn Isḥâq ibn Abî Isḥâq m’a rapporté d’après son père, d’après Abû Isḥâq, qui a dit : ‘J’ai entendu al-Barâ’ ibn ʿAzib dire : ‘Le Messager d’Allah (ﷺ) nous a envoyés avec Khâlid ibn al-Walîd au Yémen. Par la suite, il y dépêcha ʿAlî pour le remplacer.’ Il dit alors : ‘Ordonne aux compagnons de Khâlid que celui qui souhaite poursuivre la mission avec toi le fasse, et que celui qui préfère rentrer le fasse. J’étais de ceux qui restèrent avec lui.’ Puis il ajouta : ‘Je remportai alors un butin fait de nombreuses pièces d’argent.’ Ce récit n’a été transmis que par al-Bukhârî selon cette voie.” »

(1) Rapporté par Al-Bukhārī (6764) dans le livre des obligations, chapitre « Le musulman n’hérite pas du mécréant », et par Muslim sous le numéro (1614) dans le même livre, ainsi que Mālik dans le Muwattaʾ (2/519) dans le chapitre des obligations, sous le titre « L’héritage des gens des sectes », Abu Dāwūd sous le numéro (2909) dans les obligations, chapitre « Le musulman hérite-t-il du mécréant ? », et at-Tirmidhī sous le numéro (2108) dans les obligations, chapitre « Ce qui a été rapporté sur l’annulation de l’héritage entre le musulman et le mécréant ». (2) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (4348) dans al-Maghāzī, chapitre « L’envoi d’Abū Mūsā et Muʿādh au Yémen avant le pèlerinage d’adieu ». (3) Ce terme n’apparaît pas dans cette édition. (4) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, numéro (4349). (5) Ibn al-ʿĀthīr a dit dans Jāmiʿ al-ʾUṣūl (8/422) : « ‘ʿAqaba’ : lorsque l’homme fait une razzia, puis en effectue une autre dans la même année, on dit qu’il a ‘ʿaqaba’. On dit : Une ‘ʿaqība’ vaut mieux qu’une razzia. » (6) L’édition dit « dāth », mais ce que nous avons retenu correspond à ce qui est dans Ṣaḥīḥ al-Bukhārī.
مُحتجين بما ثبت في "الصحيحين" عن أسامة بن زيد قال: قال رسول الله ﷺ : "لا يَرثُ الكافرُ المُسْلمَ ولا المُسْلِمُ الكافرَ" (١) . والمقصود أنَّ معاذًا (رضي الله عنه) كان قاضيًا للنبي ﷺ باليمن، وحاكمًا في الحروب، ومصدقًا إليه تُدفع الصدقات، كما دل عليه حديث ابن عباس المتقدم، وقد كان بارزًا للنّاس يُصَلِّي بهم الصلواتِ الخمسَ كما قال البخاري (٢) : حدّثنا سليمانُ بن حَرْب، حدّثنا شُعْبة، عن حَبيب بن أبي ثابت، عن سعيد بن جُبَير، عن عَمْرو بن مَيْمون: أن معاذًا لمّا قدم اليمنَ صلَّى بهم الصبحَ فقرأ: ﴿وَاتَّخَذَ اللَّهُ إِبْرَاهِيمَ خَلِيلًا﴾ [النساء: ١٢٥] فقال رجل من القوم: لقد قَرَّتْ عينُ أم (٣) إبراهيم. انفرد به البخاري. ثم قال البخاري (٤) : بابُ بَعْثِ رسولِ الله ﷺ عليَّ بن أبي طالبٍ وخالدَ بن الوليد إلى اليَمَنِ قبل حَجَّة الوَداعِ حدّثنا أحمد بن عثمان، حدّثنا شُرَيْح بن مَسْلَمة، حدّثنا إبراهيم بن يوسف بن إسحاق بن أبي إسحاق، حدّثني أبي، عن أبي إسحاق، سمعت البراء بن عازبِ قال: بَعَثنا رسولُ الله ﷺ مع خالد بن الوليد إلى اليمن: قال: ثم بَعَثَ عليًّا بعدَ ذلك مكانَه. قال: مُرْ أصحابَ خالد، من شاء منهم أن يُعَقِّب (٥) معكَ فليعقبْ، ومن شاء فليُقبِلْ. فكنتُ فيمن عقَّب معه. قال: فغَنِمْتُ أَواقيَ ذواتَ (٦) عددٍ. انفرد به البخاري من هذا الوجه.
(١) رواه البخاري (٦٧٦٤) في الفرائض باب لا يرث المسلم الكافر، ومسلم برقم (١٦١٤) في الفرائض ومالك في الموطأ (٢/ ٥١٩) في الفرائض باب ميراث أهل الملل وأبو داود برقم (٢٩٠٩) في الفرائض باب هل يرث المسلم الكافر والترمذي برقم (٢١٠٨) في الفرائض باب ما جاء في إبطال الميراث بين المسلم والكافر. (٢) صحيح البخاري (٤٣٤٨) في المغازي باب بعث أبي موسى ومعاذ إلى اليمن قبل حجة الوداع. (٣) ليس اللفظ في ط. (٤) صحيح البخاري رقم (٤٣٤٩). (٥) قال ابن الأثير في جامعِ الأصول: (٨/ ٤٢٢): أن يعقب: إذا غزا الإنسان ثم ثنَّى من سَنَتِه مرةً أخرى قيل قد عَقَّبَ يقال: تَعقيبةٌ خير من غزْوةٍ. (٦) ط: (ذات)، وما أثبتناه هو الموافق لما في صحيح البخاري.

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