Et l’imam Aḥmad (1) a dit : « Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, Shuʿbah nous a rapporté d’Abū ʿAwn, d’al-Ḥārith ibn ʿAmr, le neveu d’al-Mughīra ibn Shuʿbah, d’après des gens parmi les compagnons de Muʿādh originaires de Ḥimṣ, d’après Muʿādh : Lorsque le Messager de Dieu ﷺ l’envoya au Yémen, il lui demanda : “Que feras-tu s’il t’est soumis un jugement ?” Il répondit : “Je jugerai d’après le Livre de Dieu.” Le Prophète poursuivit : “Et s’il ne s’y trouve rien dans le Livre de Dieu ?” Il dit : “Alors, je me référerai à la Sunna du Messager de Dieu ﷺ.” Le Prophète demanda encore : “Et s’il ne s’y trouve rien dans la Sunna du Messager de Dieu ﷺ ?” Il dit : “J’exercerai mon propre jugement (2), sans ménager mes efforts.” Alors, le Messager de Dieu ﷺ me frappa sur la poitrine et dit : “Louange à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qui satisfait le Messager de Dieu.” »
Aḥmad l’a également rapporté d’après Wakīʿ (3) et d’après ʿAffān (4), selon Shuʿbah, avec sa chaîne de transmission et sa formulation. Abū Dāwūd et at-Tirmidhī (5) l’ont extrait d’après le ḥadīth de Shuʿbah. At-Tirmidhī a dit : « Nous ne le connaissons que par cette voie, et de mon point de vue sa chaîne de transmission n’est pas continue. » Ibn Mājā l’a aussi rapporté d’un autre chemin, d’après lui, mais via Muḥammad ibn Saʿīd ibn Ḥassān (6) – qui fut crucifié, l’un des menteurs – d’après ʿUbāda ibn Nusayy (7), d’après ʿAbd ar-Raḥmān [ibn Ghanīm], d’après Muʿādh, avec un texte similaire.
Par ailleurs, l’imam Aḥmad (8) a rapporté, par l’intermédiaire de Muḥammad ibn Jaʿfar et Yaḥyā ibn Saʿīd, selon Shuʿbah, d’après ʿAmr ibn Abī Ḥakīm, d’après ʿAbd Allāh ibn Burayda, d’après Yaḥyā ibn Yaʿmar (9), d’après Abū al-Aswad ad-Dīlī, qui a dit : « Muʿādh se trouvait au Yémen. Des gens lui soumirent l’affaire d’un Juif qui était mort, laissant un frère musulman. Muʿādh déclara alors : “Le Messager de Dieu ﷺ dit : ‘L’islam augmente et ne diminue pas.’” Il l’hérita donc. » Abū Dāwūd (10) l’a également rapporté, d’après le ḥadīth d’Ibn Burayda, avec la même chaîne.
On a rapporté que cette opinion était celle de Muʿāwiya ibn Abī Sufyān ; elle a été transmise (11) par Yaḥyā ibn Yaʿmar (8) le juge et par un groupe de prédécesseurs. C’est aussi l’avis d’Isḥāq ibn Rāhawayh. Le grand nombre de savants, parmi lesquels figurent les quatre imams et leurs disciples, s’y sont opposés.