Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les auteurs des quatre Sunan(1) ont rapporté ce hadith par différentes chaînes de transmission, d’après al-Aʿmach, d’après Abû Wâʾil, d’après Masrûq, sur l’autorité de Muʿâdh(2).

Aḥmad(3) a également dit : « Muʿâwiya ibn(4) ʿAmr et Hârûn ibn Maʿrûf nous ont tous deux rapporté que ʿAbd Allâh ibn Wahb, d’après Ḥaywa, d’après Yazîd ibn Abî Ḥabîb, d’après Salama ibn Usâma, d’après Yaḥyâ ibn al-Ḥakam, a dit que Muʿâdh déclara : “Le Messager de Dieu (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui) m’a envoyé percevoir l’aumône (‘uṣaddiq) auprès des habitants du Yémen. Il m’ordonna de prendre, parmi les bovins, un tabîʿ (jeune bovin d’un an environ) pour chaque groupe de trente, — et selon la version de Hârûn : le tabîʿ est le jadhʿ ou la jadhʿa —, et une musinna (bovine âgée d’environ deux ans) pour chaque groupe de quarante. Ils me proposèrent de prendre autre chose quand le nombre variait entre quarante et cinquante, entre soixante et soixante-dix, et entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix. Je refusai et leur dis : ‘Je vais d’abord interroger le Messager de Dieu (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui) à ce sujet.’ Puis, à mon retour, j’en informai le Prophète (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui), qui m’ordonna alors de prélever un tabîʿ pour chaque trente et une musinna pour chaque quarante, deux tabîʿ pour chaque soixante, une musinna et un tabîʿ pour chaque soixante-dix, deux musinna pour quatre-vingts, trois tabîʿ pour quatre-vingt-dix, une musinna et deux tabîʿ pour cent, deux musinna et un tabîʿ pour cent dix, ou encore trois musinna ou quatre tabîʿ pour cent vingt. Il m’ordonna de ne prélever rien de plus entre ces seuils, sauf si l’on parvenait à constituer une musinna ou un jadhʿ(5). Et il ajouta que les montants compris dans ces écarts (al-awqâṣ)(6) ne donnaient lieu à aucune obligation.” »

Ceci fait partie des narrations spécifiques à Aḥmad, et l’on en déduit qu’il (Muʿâdh) revint après son départ pour le Yémen auprès du Messager de Dieu (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui). Toutefois, selon l’avis correct, il ne le revit pas après cela, comme cela a été exposé plus haut dans le hadith.

ʿAbd ar-Razzâq(7) a également dit : « Maʿmar nous a rapporté d’après az-Zuhrî, d’après Ubayy ibn Kaʿb ibn Mâlik, lequel a dit : “Muʿâdh ibn Jabal était un jeune homme beau et généreux, l’un des meilleurs jeunes de son peuple : il ne repoussait jamais personne qui lui demandait quelque chose, si bien qu’il finit par être endetté…” »

(1) Rapporté par al-Tirmidhī sous le numéro (623) dans le chapitre de la zakāt, « Ce qui a été rapporté concernant la zakāt des bovins », dont il dit que le hadith est ḥasan. Ibn Mājah l’a également rapporté sous le numéro (1818) dans le chapitre de la zakāt, « La charité sur les plantations et les fruits ». Selon Baṯār : al-Tirmidhī l’a jugé ḥasan uniquement parce que, selon lui, la version la plus probable est la transmission mursal. Il dit : « Quelqu’un a rapporté ce hadith d’après Sufyān, d’après al-ʿAmash, d’après Abū Waʾil, d’après Masrūq que le Prophète ﷺ envoya Muʿādh en yémen et lui ordonna de percevoir (la zakāt). C’est la version la plus authentique. » Voir aussi notre commentaire sur Jāmiʿ al-Tirmidhī (623).\n(2) Le terme n’apparaît pas dans l’édition étudiée.\n(3) Musnad de l’imām Aḥmad (5/240), dont la chaîne de transmission est faible.\n(4) Dans l’édition corrigée : (« ʿan » — « de »).\n(5) Le « muṣaddiq » est celui qui perçoit les droits sur les chameaux et les moutons (al-Lisān : ṣadaq).\n(6) Le terme n’apparaît pas dans l’édition étudiée.\n(7) Dans l’édition corrigée : (« juzʿ »).\n(8) Le waqaṣ, avec harakat, désigne ce qui se situe entre deux obligations, par exemple l’excès au-delà du cinquième portant sur les chameaux jusqu’à neuf, ou au-delà du dixième jusqu’à quatorze (nombre des animaux à donner en zakāt) ; au pluriel : awqāṣ. Certains expliquent que c’est le droit dû sur les moutons en fonction des obligations sur les chameaux, entre le cinquième et le vingtième. Certains limitent les awqāṣ aux bovins uniquement, et les ašnāq aux chameaux (al-Nihāya : waqaṣ).\n(9) Par sa chaîne de transmission, al-Bayhaqī l’a rapporté à sa suite dans al-Muṣannaf (n°15177) des Dalāʾil an-Nubuwwa (5/405).
وقد رواه أهل السُّنَن الأربعة (١) من طرقٍ، عن الأعمش، عن أبي وائل، عن مسروق، عن معاذ به (٢) . وقال أحمد (٣) : حدّثنا معاوية بن (٤) عمرو وهارون بن معروف قالا: حدّثنا عبدُ الله بن وَهْب، عن حَيْوة، عن يزيد بن أبي حَبيب، عن سَلَمة بن أسامة، عن يحيى بن الحكم أنَّ مُعاذًا قال: بعثني رسول الله ﷺ أُصَدِّق (٥) أهل اليمن، فأمرني أن آخُذَ من البقر من كُلّ ثلاثينَ، تَبيعًا - قال هارون: والتَّبيع: الجَذَع أو الجَذْعة - ومن كل أربعين، مسنَّةً، فعَرَضوا عليَّ أنْ آخُذَ ما بينَ الأربعين والخمسين، وما بين السِّتين والسَّبعين، وما بين الثّمانين والتِّسعين، فأبيتُ ذلك، وقلتُ لهم: حتى (٦) أسالَ رسولَ الله ﷺ عن ذلك، فقَدِمْتُ فأخبرتُ النبيَّ ﷺ ، فأمرني أن آخُذَ من كل ثلاثين، تَبيعًا، ومن كُلِّ أربعين، مُسِنَّةً، ومن الستّين تَبيعَيْن، ومن السّبعين مُسنَّةً وتَبيعًا، ومن الثمانين مُسِنّتَيْن، ومن التِّسعين ثلاثة أتْباعٍ، ومن المئة مُسِنَّةً وتَبيعَيْن، ومن العشرة ومئةٍ مُسِنّتَيْن وتبيعًا، ومن العشرين ومئة ثلاثَ مُسِنّات أو أربعةَ أتباعٍ، قال: وَأَمَرني رسولُ الله ﷺ ألا آخُذَ فيما بين ذلك شَيْئًا إلا أن يَبْلَغْ مُسِنةً أو جَذَعًا (٧) ، وزعمَ أنّ الأوْقاصَ (٨) لا فَريضةَ فيها. وهذا من أفراد أحمد، وفيه دلالةٌ على أنّه قَدِمَ بعد مصيره إلى اليمن على رسول الله ﷺ ، والصحيحُ أنَّه لم يَرَ النبيَّ ﷺ بعد ذلك، كما تقدم في الحديث. وقد قال عبد الرزاق (٩) : أنبأنا مَعْمَر، عن الزُّهْري، عن أُبى بن كعب بن مالك قال: كان معاذُ بن جبل شابًا جميلًا سَمْحًا، من خير شباب قومه، لا يُسأل شيئًا إلا أعطاه، حتى كان عليه
(١) رواه الترمذي برقم (٦٢٣) في الزكاة باب ما جاء في زكاة البقر وقال حديث حسن. ورواه ابن ماجه برقم (١٨١٨) في الزكاة باب صدقة الزروع والثمار، قال بثار: وإنما حكم عليه الترمذي بالحسن فقط لأن الراجح عنده هي الرواية المرسلة، قال: "وروى بعضهم هذا الحديث عن سفيان عن الأعمش عن أبي وائل عن مسروق أن النبيَّ ﷺ ، بعث معاذًا إلى اليمن فأمره أن يأخذ. وهذا أصح" وينظر تعليقنا على جامع الترمذي (٦٢٣). (٢) ليس اللفظ في ط. (٣) مسند الإمام أحمد (٥/ ٢٤٠)، وإسناده ضعيف. (٤) ط: (عن). (٥) المصدِّق الذي يأخذ الحقوق من الإبل والغنم (اللسان: صدق). (٦) ليس اللفظ في ط. (٧) ط: (جذع). (٨) الوَقَص بالتحريك: ما بين الفريضتين كالزيادة على الخمس من الإبل إلى التسع وعلى العشر إلى أربع عشرة، والجمع أوقاص، وقيل هو ما وجبت الغنم فيه من فرائض الإبل ما بين الخمس إلى العشرين ومنهم من يجعل الأوقاص في البقر خاصة والأشناق في الإبل (النهاية: وقص). (٩) ومن طريقه أخرجه البيهقي، وهو في المصنف بنحوه رقم (١٥١٧٧) دلائل النبوة (٥/ ٤٠٥).

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