Ils dirent : «Ô Messager de Dieu, nous ne trouvons aucune satisfaction à son égard.» Alors le Prophète (ﷺ) lui fit un signe de ses trois doigts, c’est-à-dire : «Affronte-les (khâlis-hum).» Puis il s’en alla en trottant (1).
Ceci est un hadith “mursal” (à la chaîne de transmission incomplète) selon cette voie, et ce loup ressemble au loup mentionné dans le hadith rapporté par l’imam Aḥmad (2), où nous est transmis, selon le récit rapporté par Yazīd ibn Hārūn, via al-Qāsim ibn al-Faḍl al-Ḥuddānī (3), d’après Abū Naḍrah, d’après Abū Saʿīd al-Khudrī, qu’un loup s’attaqua à une brebis et l’emporta. Le berger la lui réclama et la lui arracha. Alors le loup s’accroupit sur sa queue et dit : «Ne crains-tu pas Dieu ? Tu me retires une subsistance que Dieu m’a accordée !» Le berger s’exclama : «Voilà qui est étonnant : un loup accroupi sur sa queue qui me parle avec des mots d’humain !» Le loup reprit : «Ne veux-tu pas que je t’annonce quelque chose de plus étonnant encore ? C’est Muḥammad, le Messager de Dieu (ﷺ), à Yathrib, qui raconte aux gens les choses qui leur sont déjà parvenues.» Abū Saʿīd poursuit : «Le berger conduisit alors ses brebis jusqu’à entrer dans la ville de Médine. Il les rassembla dans un coin, puis se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour l’informer de ce qui s’était passé. Sur ordre du Prophète (ﷺ), on lança alors l’appel : “As-salātu jāmiʿa” (la prière est rassemblée). Le Prophète (ﷺ) sortit, dit au bédouin : “Raconte-leur [ce qui t’est arrivé].” Il le fit, et le Prophète (ﷺ) déclara : “Il dit vrai. Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, l’Heure ne surviendra pas avant que les bêtes sauvages ne s’adressent aux humains, que l’homme ne soit interpellé par le bout de son fouet (4) et la courroie de sa sandale, et que sa propre cuisse ne lui révèle ce que sa famille a fait après son départ.”»
At-Tirmidhī (5) a également rapporté ce hadith selon Sufyān ibn Wakiʿ ibn al-Jarrāḥ, d’après son père, d’après al-Qāsim ibn al-Faḍl. Il a qualifié ce hadith de «bon (ḥasan), étrange (gharīb) et authentique (ṣaḥīḥ)». Il a ajouté : «Nous ne le connaissons que par la transmission de al-Qāsim ibn al-Faḍl. Celui-ci est jugé fiable et digne de confiance par les spécialistes du ḥadith, et il a été déclaré fiable par Yaḥyā et Ibn Mahdī.»
J’ai également constaté que l’imam Aḥmad (6) l’a transmis dans une autre chaîne : Abū al-Yamān nous a rapporté, d’après Shuʿayb – qui est le fils d’Abū Ḥamza –, lequel dit : «ʿAbd Allāh ibn Abī al-Ḥusayn m’a rapporté, et Shahr (7) m’a informé qu’Abū Saʿīd al-Khudrī lui avait transmis ce récit, en l’exposant encore plus longuement que dans la version citée ici.» Aḥmad (8) le rapporte aussi via Abū an-Naḍr, par le biais de ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahram (9), d’après Shahr.