Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il retrouva alors la forme d’une argile adhésive – et « al-lâzib » désigne celle dont les parties se collent les unes aux autres. Puis Il dit aux anges : « Je vais créer un être humain à partir d’argile (71). Lorsqu’ensuite Je l’aurai parfaitement formé et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit, tombez prosternés devant lui (72). » [Sâd : 71-72]

Dieu le créa alors de Sa propre Main afin qu’Iblis ne s’enorgueillisse pas à son égard. Il le façonna sous forme de simple être humain, resté un corps d’argile durant quarante ans, au cours d’un vendredi, et les anges passaient auprès de lui en étant saisis de crainte lorsqu’ils le voyaient. Le plus effrayé de tous était Iblis, qui s’approchait de lui, puis le frappait, et le corps résonnait comme l’argile cuite, rendant un son clair. C’est à ce propos que Dieu déclare : « D’une argile sèche semblable à la poterie » [Ar-Rahmân : 14]. Iblis disait alors : « Tu n’as pas été créé sans raison ! » Il entrait par sa bouche et ressortait par son postérieur, puis il s’adressa aux anges : « Ne redoutez rien de celui-ci, car votre Seigneur est solide alors que lui est creux. Si l’on me donne pouvoir sur lui, je le détruirai. »

Lorsque arriva le moment fixé par Dieu – Exalté soit-Il – pour qu’Il lui insufflât l’âme, Dieu dit aux anges : « Lorsque J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit, prosternez-vous devant lui. » Quand Il insuffla l’âme en Adam, celle-ci parvint à sa tête, et Adam éternua. Les anges lui dirent alors : « Dis : “Louange à Dieu !” » Il prononça : « Louange à Dieu », et Dieu lui dit : « Que ton Seigneur te fasse miséricorde. » Quand l’âme atteint ses yeux, Adam put contempler les fruits du Paradis. Quand elle atteignit son ventre, il désira manger et se jeta sur les fruits avant même que l’âme ne parvienne à ses pieds, pressé qu’il était d’atteindre les fruits du Paradis. C’est à propos de ce comportement que Dieu dit : « L’homme a été créé d’impatience » [Al-Anbiyâ’ : 37]. « Les anges se prosternèrent alors tous ensemble (30), à l’exception d’Iblis qui refusa d’être avec ceux qui se prosternaient » [Al-Hijr : 30-31]. Et la suite du récit fut rapportée (1).

Une partie de ce qui précède est corroborée par certains hadiths, même si beaucoup de ces détails sont issus des récits israélites. Ainsi, l’imam Ahmad (2) rapporte : « ’Abd As-Samad nous a raconté, disant : Hammad nous a rapporté, d’après Thâbit, d’après Anas, que le Prophète ﷺ a dit : “Quand Dieu créa Adam, Il le laissa un certain temps comme Il le voulut. Alors Iblis se mit à tourner autour de lui. Quand il remarqua qu’il était creux, il sut que cette créature ne pourrait se maîtriser.” »

Ibn Hibbân rapporte dans son “Sahîh” (3) : « Al-Hasan ibn Sufyân nous a raconté : Hudbah ibn Khâlid nous a raconté : Hammad ibn Salamah nous a rapporté, d’après Thâbit, d’après Anas ibn Mâlik, que le Messager de Dieu ﷺ a dit : “Lorsque l’âme fut insufflée à Adam et qu’elle parvint à sa tête, il éternua, puis dit : ‘Louange à Dieu, Seigneur de l’univers.’ Dieu lui dit alors : ‘Qu’Allah te fasse miséricorde.’” »

Le hâfid Abû Bakr Al-Bazzâr rapporte : « Yahyâ ibn Muhammad ibn As-Sakan nous a raconté : Habbân ibn Hilâl nous a raconté : Mubârak ibn Fadâlah nous a rapporté, d’après ’Ubaydullâh, d’après Khubayb, d’après Hafs – Hafs étant le fils de ’Âsim ibn ’Umar ibn Al-Khattâb – d’après Abû Hurayrah, avec une chaîne remontant au Prophète ﷺ, qu’il dit : “Lorsqu’Allah créa Adam, il éternua et prononça : ‘Louange à Dieu.’ Puis son Seigneur lui dit : ‘Que ton Seigneur te fasse miséricorde, ô Adam !’” (4). » Il s’agit là d’une chaîne de transmission acceptable, non rapportée par les auteurs des recueils canoniques.

(1) Rapporté par al-Ṭabarī dans son Histoire (1/90). (2) Dans le Musnad (2/152). (3) Dans al-Iḥsān (6165), dont la chaîne de transmission est authentique, ses narrateurs sont des gens de Muslim. (4) Rapporté par Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ de Abū ʿArūbah al-Ḥarrānī, de Yaḥyā ibn Muḥammad, mentionné dans al-Iḥsān (6164), et c’est un hadith ḥasan.
عاد طينًا لازبًا -واللازب؛ هو الذي يلزق بعضه ببعض- ثم قال للملائكة: ﴿إِنِّي خَالِقٌ بَشَرًا مِنْ طِينٍ (٧١) فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِنْ رُوحِي فَقَعُوا لَهُ سَاجِدِينَ﴾ [ص: ٧١ - ٧٢] ". فخلقَه اللَّه بيده لئلا يتكبَّرَ إبليس عنه، فخلقَه بشرًا، فكان جسدًا من طين أربعين سنة من مقدار يوم الجمعة، فمرَّت به الملائكةُ، ففَزِعُوا منه لمَّا رأَوْه، وكان أشدَّهم منه فزعًا إبليسُ، فكان يمرُّ به فيضربه، فيُصَوِّتُ الجسدُ كما يُصوِّتُ الفُخَّارُ، يكون له صلصلة، فذلك حين يقول: ﴿مِنْ صَلْصَالٍ كَالْفَخَّارِ﴾ [الرحمن: ١٤] ويقول: لأمرٍ ما خُلِقْتَ، ودخلَ من فيه وخرجَ من دُبُره، وقال للملائكة: لا تَرْهَبُوا من هذا فإن ربَّكم صمَدٌ وهذا أجوفُ، لئن سُلِّطْتُ عليه لأهلكنَّه. فلما بلغ الحين الذي يُريد اللَّه (عز وجل) أنْ ينفخَ فيه الرُّوحَ، قال للملائكة: إذا نفختُ فيه من روحي فاسجدوا له، فلما نفخَ فيه الروحَ، فدخلَ الرُّوحُ في رأسِه عطسَ، فقالت الملائكة: قل الحمد اللَّه، فقال: الحمد اللَّه، فقال له اللَّه: رحمكَ ربُّكَ. فلما دخلتِ الرُّوح في عينيْه نظرَ إلى ثمار الجنَّة، فلما دخلتِ الرَّوح في جوفه، اشتهى الطعام، فوثبَ قبل أن تبلغَ الرَّوح إلى رجليْه، عجلانَ إلى ثمار الجنَّة، وذلك حين يقولُ اللَّه تعالى: ﴿خُلِقَ الْإِنْسَانُ مِنْ عَجَلٍ﴾ [الأنبياء: ٣٧] ﴿فَسَجَدَ الْمَلَائِكَةُ كُلُّهُمْ أَجْمَعُونَ (٣٠) إِلَّا إِبْلِيسَ أَبَى أَنْ يَكُونَ مَعَ السَّاجِدِينَ﴾ [الحجر: ٣٠ - ٣١] وذكرَ تمامَ القِصَّة (١) . ولبعض هذا السِّياق شاهدٌ من الأحاديث، وإن كانَ كثير منه مُتلقَّى من الإسرائيليات. فقال الإمام أحمد (٢) : حدَّثنا عبدُ الصمد، حدَّثنا حمَّاد، عن ثابت، عن أنس، أن النبيَّ ﷺ قال: "لما خلق اللَّه آدمَ تركَه ما شاء أن يدَعَه، فجعل إبليسُ يطيفُ به، فلما رآه أجوفَ عرفَ أنَّه خَلْقٌ لا يتمالكُ ". وقال ابن حبَّان في "صحيحه " (٣) : حدَّثنا الحسنُ بن سفيان، حدَّثنا هُدْبة بن خالد، حدَّثنا حمَّاد بن سلمة، عن ثابت، عن أنس بن مالك، أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ قال: " لما نُفِخَ في آدمَ، فبلغَ الروحُ رأسَه عطسَ، فقال: الحمد اللَّه رب العالمين، فقال له (تعالى) : يرحمك اللَّه ". وقال الحافظ أبو بكر البزار: حدَّثنا يحيى بن محمد بن السَّكَن، حَدَّثنا حَبَّان بن هِلال، حدَّثنا مبارك ابنِ فَضَالة، عن عُبيد اللَّه، عن خُبيب، عن حَفْص -هو ابن عاصم بن عمر بن الخطاب- عن أبي هُريرة، رفعه، قال: "لمّا خلقَ اللَّه آدمَ عطسَ، فقال: الحمدُ للَّه، فقال له ربُّه: رحمكَ ربُّك يا آدم" (٤) . وهذا الإسناد لا بأس به، ولم يُخرِّجوه.
(١) أخرجه الطبري في تاريخه (١/ ٩٠). (٢) في المسند (٢/ ١٥٢). (٣) الإحسان (٦١٦٥) وإسناده صحيح، رجاله رجال مسلم. (٤) أخرجه ابن حبان في صحيحه عن أبي عروبة الحراني، عن يحيى بن محمد، به (٦١٦٤) الإحسان، وهو حديث حسن.

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