Elle se mit à bouillonner. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors : « Sans la pudeur que j’éprouve envers mon Seigneur, nous aurions bu et redemandé de l’eau. Lance un appel auprès de mes compagnons : “Qui a besoin d’eau ?” » J’ai donc crié parmi eux, et tous ceux qui le désiraient en prirent. Puis le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se leva pour prier. Bilal voulut alors prononcer l’iqâma (l’appel final au début de la prière), mais le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) lui dit : « C’est le frère de (la tribu de) Ṣudâ’ qui a fait l’adhân (premier appel à la prière), et celui qui fait l’adhân doit aussi appeler l’iqâma. »
As-Ṣudâ’î raconta : « J’ai donc appelé l’iqâma. Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) eut terminé la prière, je lui apportai les deux lettres et lui dis : “Ô Messager de Dieu, dispense-moi de ces deux (missions).” Il me demanda : “Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?” Je répondis : “J’ai entendu, ô Messager de Dieu, que tu disais : ‘Il n’y a aucun bien dans le fait d’exercer un commandement (émirat) pour un homme croyant’, or je crois en Dieu et en Son Messager. Et je t’ai entendu également dire à propos de celui qui sollicite (l’aumône) : ‘Quiconque demande aux gens alors qu’il est aisé (et n’en a pas réellement besoin) n’aura qu’un mal de tête et un trouble intestinal.’ Or je t’ai moi-même demandé, alors que je suis à l’abri du besoin.” Il me répondit : “Ainsi en est-il. Si tu veux, accepte-les, et si tu veux, abandonne-les.” Je dis : “Je les abandonne.” Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) me dit : “Montre-moi un homme à qui je pourrai confier cette responsabilité sur vous.” Je lui désignai un homme parmi la délégation venue auprès de lui, et il le nomma émir à notre tête.
Ensuite, nous lui dîmes : “Ô Messager de Dieu, nous avons un puits dont l’eau nous suffit en hiver, et nous nous rassemblons autour de lui, mais en été son eau diminue, si bien que nous nous éparpillons vers les points d’eau des environs. Maintenant nous nous sommes convertis à l’islam, tandis que tous ceux qui nous entourent sont hostiles. Invoque donc Dieu pour notre puits, afin que son eau soit suffisante, que nous puissions rester groupés sans nous disperser.” Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) prit alors sept petits cailloux, les frotta de sa main, invoqua Dieu sur eux puis dit : “Partez avec ces cailloux. Lorsque vous arriverez au puits, jetez-les-y un à un en vous souvenant de Dieu.”” As-Ṣudâ’î poursuit : “Nous fîmes comme il nous l’avait ordonné et, par la suite, nous ne pûmes plus jamais distinguer le fond du puits.” C’est-à-dire qu’il devint très profond.
Ce hadith possède des chaînes de transmission semblables (chawâhid) dans les recueils de Sunan Abû Dâwud, at-Tirmidhî et Ibn Mâjah (1). Al-Wâqidî a rapporté que, après la ‘Umra de al-Ji‘rânah (2), le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) avait envoyé Qays ibn Sa‘d ibn ‘Ubâdah avec quatre cents hommes dans la région de Ṣudâ’ afin de la préparer. Ils dépêchèrent alors un des leurs, qui dit : “Je suis venu à toi (3) afin que tu renvoies l’armée loin de mon peuple, et je m’en porte garant.” Puis leur délégation, composée de quinze hommes, arriva ; lors du Pèlerinage d’Adieu, ils étaient au nombre de cent. Al-Wâqidî a également rapporté, d’après ath-Thawrî, par l’intermédiaire de ‘Abd ar-Rahmân ibn Ziyâd ibn An‘am, de Ziyâd ibn Nu‘aym, de Ziyâd ibn al-Hârith as-Ṣudâ’î, son récit au sujet de l’appel à la prière.
La délégation de Hârith ibn Hassân al-Bakrî auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) :
L’imâm Ahmad (4) rapporte : “Zayd ibn al-Hubâb nous raconta, en disant : Abû l-Mundhir Sallâm ibn Sulaymân an-Nahwî nous raconta, disant : ‘Âsim ibn Abî n-Nujûd nous raconta, d’après Abû Wâ’il, d’après al-Hârith al-Bakrî, qui dit : ‘Je partis pour me plaindre de al-‘Alâ’ ibn al-Hadramî…’.”