La venue de Ziyâd ibn al-Ḥârith (– qu'Allah soit satisfait de lui –)
Le ḥâfiẓ al-Bayhaqî (1) a rapporté : « Nous a informés Abū Aḥmad al-Asad Abâdhî (2) en ce lieu, nous a informés Abū Bakr ibn Mâlik al-Quṭayʿî, (Abū ʿAlî Bishr ibn Mūsâ nous a rapporté), (3) d’après Abū ʿAbd ar-Raḥmân al-Maqri, d’après ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ziyâd ibn Anʿam, qui m’a dit : “Ziyâd ibn Nuʿaym al-Ḥaḍramî : j’ai entendu Ziyâd ibn al-Ḥârith aṣ-Ṣudâ’î raconter :
‘Je suis venu trouver le Messager d’Allah (ﷺ), et je lui ai prêté allégeance pour l’Islam. Puis on m’a informé qu’il avait dépêché une armée vers mon peuple. J’ai dit (4) : « Ô Messager d’Allah, renvoie cette armée, et je m’engage pour toi quant à l’Islam de mon peuple et leur obéissance. » Il me répondit : « Va et renvoie-les. » J’ai alors dit : « Ô Messager d’Allah, ma monture est épuisée. » Alors le Messager d’Allah (ﷺ) envoya un homme pour les renvoyer.
Aṣ-Ṣudâ’î raconta : ‘J’ai écrit à mon peuple, et leur délégation vint en ayant embrassé l’Islam. Le Messager d’Allah (ﷺ) me dit : « Ô frère de Ṣudâ’, tu es assurément écouté par les tiens. » Je répondis : « C’est plutôt Allah qui les a guidés vers l’Islam. » Il dit : « Ne veux-tu pas que je te nomme à leur tête ? » Je dis : « Bien sûr, ô Messager d’Allah. » Alors il écrivit pour moi un document me nommant gouverneur. Je dis : « Ô Messager d’Allah, ordonne-moi de prélever une part de leurs aumônes. » Il répondit : « Oui. » Et il m’en écrivit un autre document.
Aṣ-Ṣudâ’î poursuivit : ‘Cela se produisit durant l’un des voyages du Messager d’Allah (ﷺ). Il fit halte en un lieu, et les habitants vinrent se plaindre de leur gouverneur en disant : « Il nous a imposé une charge à cause d’un différend d’époque antéislamique entre nous et son peuple. » Le Messager d’Allah (ﷺ) demanda : « A-t-il vraiment fait cela ? » Ils dirent : « Oui. » Alors le Messager d’Allah (ﷺ) se tourna vers ses compagnons, parmi lesquels je me trouvais, et dit : « Il n’y a aucun bien dans le pouvoir pour un homme croyant. » Aṣ-Ṣudâ’î commenta : « Cette parole m’affecta profondément. »
Ensuite, un autre vint le voir et dit : « Ô Messager d’Allah, donne-moi quelque chose. » Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : « Celui qui demande aux gens alors qu’il n’est pas démuni ne récoltera qu’un mal de tête et un trouble au ventre. » L’homme insista : « Donne-moi de la Zakât. » Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : « Allah n’a pas agréé que le Prophète ou quiconque d’autre dispose de la répartition de la Zakât ; c’est Lui qui en a décidé et l’a divisée en huit parts. Si tu entres dans l’une de ces catégories, je te donnerai. » Aṣ-Ṣudâ’î raconta : « Cela me toucha, car je suis riche, et je lui avais demandé de la Zakât.
Ensuite, le Messager d’Allah (ﷺ) veilla (5) une partie de la nuit. Je restai auprès de lui, alors que ses compagnons s’étaient mis à distance, au point que je fus le seul à demeurer à ses côtés. Quand sonna l’heure de la prière du matin, il m’ordonna de lancer l’appel (adhân). J’insistai à plusieurs reprises : “Dois-je établir l’iqâma maintenant, ô Messager d’Allah ?” Il observait l’horizon à l’est pour voir le point du jour et me répondait : “Non.” Lorsque l’aube apparut, il descendit, s’isola un moment, puis revint vers moi en rejoignant ceux de ses compagnons présents. Il me dit : “Ô frère de Ṣudâ’, as-tu de l’eau ?” Je répondis : “Nous n’avons qu’une petite quantité qui ne suffira pas, ô Messager d’Allah.” Il dit : “Mets-la dans un récipient, puis apporte-la-moi.” Je le fis, et il posa sa main dans l’eau. J’ai alors vu, entre deux de ses doigts, une source jaillir.’ »