« Bikum (1), hormis qu’il n’y ait pas de descendance. »
Liqit (2) raconte : « J’ai alors demandé : “Jusqu’à quel degré parviendrons-nous et quel sera notre terme ultime ?” Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) ne me répondit pas. J’ai insisté : “Ô Messager de Dieu, à propos de quoi dois-je te prêter allégeance ?” Alors le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) tendit la main et dit : “Sur l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakât, l’élimination (3) du polythéisme, et le fait de ne point associer à Dieu quelque divinité que ce soit.” »
(Le narrateur poursuit :) « Je dis alors : “Aurons-nous ce qui se trouve entre l’Orient et l’Occident ?” Sur ce, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) retira sa main, pensant que j’exigeais quelque chose qu’il ne me concéderait pas. J’ajoutai : “Nous y résiderons où bon nous semblera, et nul n’y commettra de faute si ce n’est contre sa propre personne.” Alors le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) tendit à nouveau la main et déclara : “C’est à toi, établis-toi où tu voudras, et toi seul seras responsable de tes actes.” »
« Nous nous éloignâmes de lui, puis il dit : “Ces deux-là (sont) parmi les plus pieux — par la vie de ton dieu — en ce monde et dans l’Autre.” »
Kacb ibn al-Khudariyya (4), l’un des Banû Bakr ibn Kilâb (5), demanda : « Ô Messager de Dieu ! Qui sont ces gens ? » Il répondit : « Ce sont les Banû al-Muntafiq, ils en sont les dépositaires. »
Le narrateur reprend (6) : « Nous nous en retournâmes, puis je revins à lui. » Il raconta la suite du hadith jusqu’à ce qu’il dise : « J’interrogeai : “Ô Messager de Dieu, y a-t-il un bien pour quiconque est mort lors de la Jâhiliyyah (7) ?” »
Alors un homme de Quraysh (présent) s’écria : « Par Dieu, ton père al-Muntafiq est bel et bien en Enfer. » Le narrateur poursuit : « J’eus alors la sensation d’une brûlure entre ma peau et mon visage, ainsi que sur ma chair, parce qu’il avait parlé de mon père devant tout le monde. J’eus l’intention de dire : “Et ton père, ô Messager de Dieu ?” puis je me ravisai, jugeant qu’il valait mieux m’abstenir. Je dis donc : “Ô Messager de Dieu, que dire des tiens ?” »
Il répondit : « Les miens aussi, par la vie de Dieu ! Chaque fois que tu passes auprès d’une tombe d’un ‘Âmirî ou d’un Qurayshî idolâtre, dis : “Muhammad m’a envoyé vers toi pour t’annoncer [et je te fais savoir (8)] ce qui te fera souffrir : tu seras traîné sur ton visage et sur ton ventre en Enfer.” »
Le narrateur demanda : « Ô Messager de Dieu, pourquoi subir cela alors qu’ils ne faisaient que ce qu’ils savaient faire, persuadés d’être dans le bien ? » Il répondit : « Parce que Dieu, à la fin de chaque série de sept peuples, envoie un Prophète ; quiconque désobéit à ce Prophète est au nombre des égarés, et quiconque lui obéit est au nombre des bien-guidés. »
Ce hadith est très singulier, et certains de ses termes paraissent discutables. Il a été rapporté par le hâfidh al-Bayhaqî dans son livre “al-Ba‘th wa-n-Nushûr” (9), par ‘Abd al-Haqq al-Ishbîlî dans “al-‘Âqiba” (10), ainsi que par al-Qurtubî dans “at-Tadhkira fî Ahwâl al-Âkhira” (11). Il sera abordé de nouveau dans “Kitâb al-Ba‘th wa-n-Nushûr”, si Dieu le veut.