L’eau sera alors aspergée devant vous (1), et par la vie de ton Seigneur, pas une seule goutte n’épargnera le visage de l’un d’entre vous. Quant au musulman, cette eau laissera sur son visage une marque semblable à une étoffe (2) blanche. Quant au mécréant, il sera marqué (3) comme par du charbon noir. Ensuite, votre Prophète se retirera, suivi par les vertueux. Vous emprunterez alors un pont dressé sur le Feu ; l’un d’entre vous foulera la braise et s’écriera : « Hass ! » (4). Alors ton Seigneur dira : « Son heure est venue [Ô vous] » (5).
Puis vous arriverez devant le Bassin du Messager en proie à une soif (6) – par Dieu –, et vous y trouverez une eau que je n’ai jamais vue auparavant. Par la vie de ton Seigneur, aucun de vous ne tendra la main sans qu’un gobelet ne lui parvienne, le purifiant de toute impureté, de l’urine et de toute souillure (8). On retiendra alors le soleil et la lune, et vous ne verrez plus aucun des deux.
Il dit : « J’ai demandé : “Ô Messager de Dieu, comment donc verrons-nous ?” » Il répondit : « Avec une vision semblable (9) à celle que tu as à l’instant, au moment où le soleil se lève un jour où la terre est inondée de lumière (10) et les montagnes lui font face (11). » Il ajouta : « J’ai demandé : “Ô Messager de Dieu (12), de quelle manière sera-t-on rétribué pour nos mauvaises actions et nos bonnes œuvres ?” » Il dit : « La bonne action compte pour dix semblables, tandis que la mauvaise est comptée à l’identique, sauf si Dieu accorde Son pardon. »
Il dit : « J’ai demandé : “Ô Messager de Dieu, y aura-t-il autre chose que le Paradis ou bien l’Enfer ?” » Le Prophète répondit : « Par la vie de ton Seigneur, l’Enfer possède sept portes, et il n’existe pas deux portes parmi elles qu’un cavalier ne mettrait pas soixante-dix ans à parcourir entre l’une et l’autre. [Quant au Paradis, il a huit portes : entre deux d’entre elles s’écoule aussi soixante-dix ans de trajet pour un cavalier] (13). »
J’ai alors demandé : « Ô Messager de Dieu, qu’y découvrirons-nous au Paradis ? » Il répondit : « Des rivières de miel pur, des fleuves d’une boisson sans provoquer ni migraine ni regret, des fleuves de lait dont le goût ne varie pas, de l’eau qui ne croupit pas, et des fruits – par la vie de ton Seigneur, d’une nature que vous ne pouvez connaître –, ainsi qu’un bien encore supérieur, et des épouses purifiées. » Je repris : « Ô Messager de Dieu, y aura-t-il pour nous là-bas des épouses ? Sont-elles vertueuses ? » Il dit : « Les vertueuses pour les vertueux. Vous éprouverez avec elles un plaisir semblable à celui que vous connaissiez en ce bas monde, et elles aussi trouveront leur plaisir… »