Le hadith est longuement exposé dans les deux Sahîh et dans d’autres recueils (1), comme nous l’avons déjà mentionné après la Conquête, à titre de digression, lorsque fut évoquée la démolition du sanctuaire d’al-ʿUzzā par Khâlid ibn al-Walîd (qu’Allah l’agrée).
Il apparaît que la conversion à l’islam de Jarîr (qu’Allah l’agrée) soit intervenue un certain temps après la Conquête. En effet, l’imam Ahmad a rapporté (2) : « Hâshim (3) ibn al-Qâsim nous a relaté : Ziyâd ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Ulâthah nous a relaté, d’après (4) ‘Abd al-Karîm ibn Mâlik al-Jazarî, d’après Mujâhid, d’après Jarîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî, qui a dit : “Je ne me suis converti à l’islam qu’après la révélation de la sourate Al-Mâ’ida, et j’ai vu le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) essuyer (ses chaussons) après que je me suis converti.” » Ce hadith n’a été rapporté que par Ahmad, et sa chaîne de transmission est fiable, à moins qu’il ne souffre d’une interruption entre Mujâhid et Jarîr.
Il est établi dans les deux Sahîh que les compagnons de ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd appréciaient le hadith de Jarîr au sujet de l’essuyage des chaussons, parce que la conversion de Jarîr n’eut lieu qu’après la révélation d’Al-Mâ’ida (5).
On rapportera au sujet du Pèlerinage d’Adieu que le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) lui adressa ces mots : « Fais taire les gens, ô Jarîr » (6). Il lui ordonna cela parce qu’il était encore un enfant. Jarîr possédait une stature imposante : sa sandale mesurait un empan ; il était l’un des hommes les plus beaux de visage, tout en étant parmi ceux qui baissaient le plus le regard.
C’est pourquoi nous rapportons dans un hadith authentique (7) transmis de lui qu’il a dit : « J’ai questionné le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) au sujet du regard subit (8). Il répondit : “Détourne (9) ton regard.” »