Le ḥâfiẓ al-Bayhaqî a rapporté ici (1) le ḥadîth relatif à la lettre dʾAmr ibn Ḥazm en ces termes : « Nous a informés Abû ʿAbd Allâh al-Ḥâfiẓ, qui avait lui-même reçu ce ḥadîth d’Abû al-ʿAbbâs al-Aṣam, lequel nous fut rapporté par Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbâr, qui le tenait de Yûnus ibn Bukayr, lui-même l’ayant reçu de Muḥammad ibn Isḥâq, lequel déclara : ‘ʿAbd Allâh ibn Abî Bakr m’a rapporté ce ḥadîth de son père, [Abû] Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, qui a dit : Voici la lettre du Messager de Dieu (ﷺ) que nous possédons, qu’il avait écrite à ʿAmr ibn Ḥazm lorsqu’il l’envoya au Yémen pour enseigner aux gens (fiqh) et leur apprendre la Sunna, et pour percevoir leurs aumônes (ṣadaqât). Il lui rédigea donc un document, un pacte à son attention, et il lui ordonna de s’y conformer. Il y est écrit (2) :
“Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Voici un écrit de la part de Dieu et de Son Messager :
« Ô vous qui croyez ! Soyez fidèles à vos engagements » [al-Mâ’ida : 1],
C’est un pacte du Messager de Dieu pour ʿAmr ibn Ḥazm lorsqu’il l’envoya au Yémen. Il lui ordonna de craindre Dieu dans toute son affaire, car Dieu est avec ceux qui Le craignent (3) et qui agissent avec bienfaisance. Il lui ordonna également d’appliquer la vérité, conformément au commandement divin, d’annoncer aux gens le bien et de leur enjoindre de le pratiquer, de leur enseigner le Coran et de les instruire en religion. Il l’enjoignit encore de veiller à ce que nul ne touche au Coran s’il n’est pur, de faire connaître aux gens leurs droits et leurs devoirs, d’être doux avec eux lorsqu’il s’agit de vérité et ferme contre eux en cas d’injustice.
En effet, Dieu a interdit l’injustice et l’a proscrite, en disant : « N’est-ce pas la malédiction de Dieu sur les injustes (18), ceux qui écartent (les gens) du sentier de Dieu ? » [Hûd : 18-19]. Il lui ordonna d’annoncer aux gens la bonne nouvelle du Paradis et les actes qui y mènent, de les avertir de l’Enfer et des actes qui y conduisent, et d’attirer les gens afin qu’ils s’instruisent en religion. Il lui recommanda d’enseigner aux gens les rites du ḥajj, ses préceptes et ce que Dieu y a prescrit. Le ḥajj al-akbar (Grand Pèlerinage) est le pèlerinage proprement dit et le ḥajj al-aṣghar (Petit Pèlerinage) est la ʿumra.
Il ordonna d’interdire aux gens qu’un homme prie vêtu d’un seul vêtement trop étroit, à moins qu’il ne soit suffisamment large pour draper ses deux extrémités sur ses épaules. Il interdit aussi qu’un homme porte un seul vêtement en s’accroupissant de sorte que sa nudité soit tournée vers le ciel. Il exigea également qu’on ne noue pas (5) les cheveux de la tête si on les laisse pousser (6) derrière la nuque. Il interdit enfin que, s’il y a discorde entre eux, les gens en appellent à leurs tribus et clans ; leur appel ne doit s’adresser qu’à Dieu, l’Unique sans associé. Celui qui n’appelle pas Dieu mais en appelle à sa tribu ou à son clan, qu’on le mate par l’épée jusqu’à ce que leur appel ne soit voué qu’à Dieu seul, sans associé.
Il ordonna aux gens de veiller à bien exécuter leurs ablutions, de se laver le visage et les mains jusqu’aux coudes, ainsi que les pieds jusqu’aux chevilles, et de passer la main mouillée sur la tête, comme Dieu l’a ordonné (– Exalté soit-Il –). Il leur demanda également de prier à l’heure prescrite, de respecter l’inclinaison et la prosternation, de prier le matin de bonne heure, de prier le ẓuhr (la prière du milieu du jour) lorsque le soleil décline (7), d’accomplir la prière de ʿaṣr alors que le soleil est encore haut (8), de prier al-maghrib quand la nuit commence à tomber, sans la retarder jusqu’à l’apparition des étoiles dans le ciel, et d’accomplir la prière de lʿishâ’ au début... »