«Comme la louve grise (1) à l’ombre de la tanière : je suis sorti en Rajab pour lui chercher à manger ; mais elle m’a alors laissé dans la dispute et s’est enfuie. Elle a rompu la promesse (2) et fouetté de la queue (3), puis elle m’a jeté au milieu d’un fourré inextricable (4)… Et elles sont le pire conquérant pour quiconque tombe sous leur domination.»
Le Prophète (ﷺ) déclara alors : «Elles sont le pire conquérant pour quiconque tombe sous leur domination.»
L’homme se plaignit au Prophète (ﷺ) de sa femme et de ce qu’elle lui avait fait. Il expliqua qu’elle se trouvait chez un homme nommé Muṭarrif ibn Nahshal. Le Prophète (ﷺ) écrivit alors à Muṭarrif : «Considère la femme de cet homme, Muʿādha, et rends-la-lui.» La lettre du Prophète (ﷺ) parvint à Muṭarrif et on la lui lut. Il dit alors à Muʿādha : «Ô Muʿādha, voici la lettre du Prophète (ﷺ) à ton sujet ; je vais te rendre à ton mari.» Elle répondit : «Obtiens de lui un engagement, un serment et la garantie de son Prophète qu’il ne me punira pas pour ce que j’ai fait.» Muṭarrif obtint cela pour elle, puis la lui rendit. À ce moment, l’homme se mit à réciter (5) :
«Par ta vie, mon amour pour Muʿādha n’est pas de ceux
que le médisant ou la longue ancienneté du pacte puisse altérer.
Ni la faute qu’elle a commise alors qu’elle était entraînée
par des hommes égarés qui la courtisaient loin de moi.»
Surad (6) ibn ʿAbd Allāh al-Azdī arriva ensuite avec un groupe de son peuple, suivis plus tard par les délégations des gens de Jurash (7). Ibn Isḥāq (8) raconte : «Surad ibn ʿAbd Allāh al-Azdī se présenta au Messager de Dieu (ﷺ) à la tête d’une délégation d’al-Azd. Il embrassa l’islam et sa pratique fut excellente. Le Messager de Dieu (ﷺ) le nomma chef de ceux de son peuple qui avaient embrassé l’islam et lui ordonna de combattre, avec eux, les polythéistes des tribus du Yémen qui vivaient non loin de là. Il se rendit donc à Jurash, où se trouvaient plusieurs tribus yéménites, et les Khathʿam se joignirent (9) à eux dès qu’ils entendirent parler de son expédition. Surad les tint assiégés près d’un mois, mais ils résistèrent, si bien qu’il se retira. Lorsqu’il fut proche d’une montagne appelée Shakr (10), ils crurent qu’il s’en était retourné vaincu et partirent à sa poursuite. Il rebroussa alors chemin contre eux et leur infligea de lourdes pertes. Or les gens de Jurash avaient envoyé deux hommes au Messager de Dieu (ﷺ), à Médine. Pendant qu’ils s’y trouvaient encore…»