Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

« Quiconque, parmi eux, se réjouit des vicissitudes du temps… verra que le cours des choses peut se montrer traître à son égard.
Si les rois étaient faits pour vivre éternellement, alors nous aussi aurions duré, et si les nobles avaient subsisté, nous serions demeurés.
Ainsi, cela a décimé les plus éminents de mon peuple, tout comme cela a anéanti les générations anciennes.

Ibn Ishaq a dit (1) :
Lorsque Farwa ibn Musayk se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), se séparant ainsi des rois de Kindah, il déclara (tiré du mètre al-kâmil) :

“Quand j’ai vu les rois de Kindah s’éloigner,
Tels un membre que trahit la veine de ses femmes,
J’ai fait avancer ma monture en direction de Muhammad ;
Je compte sur ses bienfaits et l’abondance de ses faveurs.”

(2) Il est rapporté qu’une fois arrivé auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), celui-ci lui dit : « Ô Farwa, as-tu été affligé par ce qui est arrivé à ton peuple le jour d’al-Radm ? » Farwa répondit : « Ô Messager de Dieu, comment ne pas en éprouver de la tristesse ? Il n’est personne dont le peuple subisse ce que le mien a subi ce jour-là sans en être peiné !» Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit alors : « Sache que cela n’a fait qu’accroître le bien en ton peuple dans l’Islam. » Puis il le désigna comme responsable sur Murâd, Zubayd et tous les clans de Madhhij, et il envoya avec lui Khâlid ibn Sa‘îd ibn al-‘Âs pour la collecte de l’aumône. Celui-ci demeura auprès de lui dans ses terres jusqu’au décès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).

L’arrivée de ‘Amr ibn Ma‘dî Karib parmi des gens de Zubayd

Ibn Ishaq a dit (3) :
‘Amr ibn Ma‘dî Karib s’adressa un jour à Qays ibn Makshuh al-Murâdî, lorsque la nouvelle du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) leur parvint. Il lui dit :
« Ô Qays, tu es le chef de ton peuple. Nous avons entendu parler d’un homme de Quraysh, nommé Muhammad, qui serait apparu dans le Hedjaz. On dit qu’il est Prophète. Allons donc à lui pour mieux connaître sa situation. S’il est réellement Prophète, comme on le dit, cela ne saurait nous échapper ; une fois que nous l’aurons rencontré, nous le suivrons. Si c’est autre chose, alors nous saurons aussi à quoi nous en tenir. »

Qays refusa cependant, tenant ces propos pour insensés. Alors ‘Amr ibn Ma‘dî Karib monta à cheval et se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Il embrassa l’Islam, le crut et l’attesta. Lorsque Qays ibn Makshuh apprit cela, il menaça ‘Amr, en disant : « Il m’a désobéi et s’est détourné de mon avis et de mes ordres. » À propos de cela, ‘Amr ibn Ma‘dî Karib composa [quelques vers au mètre majzû’ al-wâfir]. »

(1) Sīrat Ibn Hichām (2/ 582-583). (2) Les deux vers sont mentionnés dans Al-Iṣābah (3/ 205) avec la récitation « Yammmmmat rāḥlatī amām Muḥammad » dans le deuxième vers, en plus de Sīrat al-Nabawiyya (2/ 307) ; l'explication des termes par Abū Ḍharr al-Khashnī est donnée dans Sharḥ al-Sīra (442-443). (3) Sīrat Ibn Hichām (2/ 583-584) ; voir aussi Ṭabaqāt Ibn Saʿd (1/ 328). (4) Dans la Sīra : « ʿAlayk ». (5) Dans les Uṣūl : « Idhā » sans le wāw, que j’ai rectifié à partir de la Sīra. (6) Poèmes de ʿAmr ibn Maʿd Yakrub (87-89) : en plus de Sīrat al-Nabawiyya (2/ 583-584) ; et l’interprétation des vers est donnée dans Sharḥ al-Sīra d’Abū Ḍharr al-Khashnī (443-445).
فَمَنْ يُغْبَطْ برَيبِ الدّهرِ مِنْهُمْ … يَجدْ رَيْبَ الزَّمان لَهُ خَؤُونا فَلَو خَلَدَ المُلُوكُ إذن خَلَدْتا … وَلَوْ بَقي الكِرَامُ إذنْ بَقِينا فَأَفْنَي ذلِكُمْ سَرَواتِ قَوْمي … كَمَا أفنَي القُرونَ الأَوَّلِينا قال ابن إسحاق (١) ولما توجه فروة بن مُسَيْك إلى رسول الله ﷺ مفارقًا ملوك كندة قال: [من الكامل] لَمَّا رَأَيْتَ مُلُوكَ كِنْدَةَ أعْرَضَتْ … كَالرِّجْلِ خَانَ الرِّجْلَ عِرْقُ نسَائِها قرَّبْتُ رَاحِلَتي أؤمُّ مُحمَّدا … أرْجو فواضِلَهَا وَحُسْنَ ثَرائِها (٢) قال: فلما انتهى فَروة إلى رسول الله ﷺ قال له فيما بلغني: "يا فروة، هل ساءك ما أصاب قومك يوم الرَّدْم؟ " فقال: يا رسول الله، من ذا الذي يصيب قومه ما أصاب قومي يوم الرَّدْم لا يسوؤه ذلك؟ فقال له رسول الله ﷺ : "أما إنَّ ذلك لم يزد قومَك في الإسلام إلا خيرًا" واستعمله على مُراد وزُبيد ومَذْحِج كلها، وبعث معه خالد بن سعيد بن العاص على الصدقة، فكان معه في بلاده حتى توفي رسول الله ﷺ . قُدوم عَمْرو بن مَعْدِ يكَرِب في أُناس من زُبيد قال ابن إسحاق (٣) : وقد كان عمرو بن معد يكرب قال لقيس بن مَكْشُوح المُرادي، حين انتهى إليهم أمر رسول الله ﷺ : يا قيسُ، إنّك سيّدُ قومِكَ، وقد ذُكر لنا أن رجلًا من قُريش يُقال له مُحمَّدٌ قد خرجَ بالحجاز، يُقال إنه نبيٌّ، فانطلقْ بنا إليه حتى نعلَمَ علمَه، فإن كان نبيًا كما يقول، فإنه لن يَخْفى علينا (٤) ، وإذا (٥) لقيناه اتّبعناه، وإن كان غير ذلك علمنا علمَه، فأبى عليه قيس ذلك، وسفَّه رأيَه، فركب عمرُو بن مَعْدِ يكَرِب حتّى قَدِم على رسول الله ﷺ ، فأسلمَ، وصدَّقه، وآمن به، فلما بلغَ ذلك قيسَ بن مَكْشوح أوعد عَمْرًا وقال: خالَفني وتركَ أمري ورأيي. فقال عمرو بن معد يكرب في ذلك (٦) : [مجزوء الوافر]
(١) سيرة ابن هشام (٢/ ٥٨٢ - ٥٨٣). (٢) ورد البيتان في الإصابة (٣/ ٢٠٥) برواية (يمَّمت راحلتي أمام محمد *) في البيت الثاني بالإضافة إلى السيرة النبوية (٢/ ٣٠٧) وشرح أبو ذر الخشني ألفاظهما في شرح السيرة (٤٤٢ - ٤٤٣). (٣) سيرة ابن هشام (٢/ ٥٨٣ - ٥٨٤) وانظر طبقات ابن سعد (١/ ٣٢٨). (٤) في السيرة: (عليك). (٥) في الأصول: (إذا) بلا واو استدركتها من السيرة. (٦) شعر عمرو بن معد يكرب (٨٧ - ٨٩): بالإضافة إلى السيرة النبوية (٢/ ٥٨٣ - ٥٨٤): وجاء تفسير الأبيات في شرح السيرة لأبي ذر الخشني (٤٤٣ - ٤٤٥).

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