Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

D’après ‘Alî ibn al-Madînî, rapporté par Sufyân (c’est-à-dire Ibn ‘Uyayna), d’après ‘Amr ibn Dînâr, d’après Muhammad ibn ‘Alî Abû Ja‘far al-Bâqir, d’après Jâbir, selon la version qu’il tient de Qutayba. Lui-même et Muslim l’ont également rapporté par d’autres chaînes de transmission, d’après Sufyân ibn ‘Uyayna, d’après ‘Amr, d’après Muhammad ibn ‘Alî, d’après Jâbir, avec un contenu semblable.

(1) Dans une autre de ses versions (2), il est rapporté qu’il (le Prophète) lui ordonna de prendre à pleines mains des dirhams. Lorsqu’il les compta, ils s’élevaient à cinq cents, et il doubla cette somme à deux reprises, de sorte que le total qu’il lui donna atteignit mille cinq cents dirhams.

LA DÉLÉGATION DE FARWAH IBN MUSAYK AL-MURÂDÎ AUPRÈS DU MESSAGER DE DIEU (ﷺ)
(3) Ibn Isḥâq a dit (4) : « Farwah ibn Musayk al-Murâdî se présenta au Messager de Dieu (ﷺ), prenant ses distances et se séparant des rois de Kindah pour rejoindre l’Envoyé de Dieu (ﷺ). Or, avant l’avènement de l’islam, un affrontement avait eu lieu entre son peuple, les Murâd, et les Hamdân. Les Hamdân leur infligèrent de lourdes pertes, au point de les affaiblir fortement. Cela se déroula un jour surnommé Ar-Radm. Celui qui conduisit les Hamdân contre eux fut Al-Ajd‘a ibn Mâlik. »

Ibn Hishâm a ajouté : « Certains disent qu’il s’appelait Mâlik ibn Ḥarîm (5) al-Hamdânî. »

Ibn Isḥâq a poursuivi (6) : « Ce jour-là, Farwah ibn Musayk déclama :
[En mètre al-wâfir]

  1. “Elles passèrent près de Lufât, chacune élancée (7),
    se débattant avec le mors, se dirigeant vers nous (8).

  2. Si nous remportons le combat, depuis toujours nous sommes de grands vainqueurs (9),
    mais si nous perdons, nous ne saurions être durablement vaincus.

  3. Jamais notre nature n’est faite de lâcheté ;
    c’est plutôt la mort qui nous est destinée et la part de nos compagnons (10).

  4. Ainsi va le temps, son sort se partage en cycles ;
    ses aléas se renouvellent (11) tantôt d’une manière, tantôt d’une autre.

  5. Un instant, nous nous en réjouissons et nous en sommes satisfaits,
    pourrait-on en porter la fraîcheur durant des années ;

  6. Puis survient le retournement des époques,
    et l’on découvre que ceux qui jouissaient autrefois du bonheur nous voient désormais anéantis (12).”

(1) Rapporté par al-Bukhārī n° 2696 et Muslim n° 2314. (2) Rapporté par al-Bukhārī n° 3137. (3) Al-Iṣābah (3/205). (4) Sīra d’Ibn Hichām (2/581) ; voir aussi Ṭabaqāt d’Ibn Sa‘d (1/327). (5) Al-Qāmūs al-Muḥīṭ : (ḥaram) ; Abū Ḍarr al-Khashnī rapporte dans son commentaire de la Sīra une autre variante, à savoir khuraym (commentaire de la Sīra, p. 441). (6) Sīra d’Ibn Hichām (2/581) ; voir aussi Ṭabaqāt d’Ibn Sa‘d (1/327). (7) Dans Ma‘jam al-Buldan : Lufāt est le nom d’un lieu dans la région de Diyār Murād. Il cite les quatre premiers vers de ce poème intitulé « Lufat ». Il semble que le lām porte trois mouvements (voyelles). Voir le commentaire d’Abū Ḍarr al-Khashnī sur la Sīra du Prophète (p. 442). (8) Khoṣ : désigne l’étroitesse et la petitesse de l’œil ainsi que son enfoncement. Un homme khoṣ est un homme aux yeux enfoncés (al-Lisān : khoṣ). (9) Dans Ma‘jam al-Buldan : « si nous sommes vaincus, alors nous sommes des combattants vaillants ». (10) Ici, al-Ṭibb signifie la coutume (al-Qāmūs : ṭabba). Dans une autre lecture de Ma‘jam al-Buldan : « alors que depuis longtemps... nos espérances et la puissance de nos successeurs ». (11) Dans Ma‘jam al-Buldan : « il lourdit par sa dépense... ». (12) Dans la Sīra d’Ibn Hichām : « Alors j’ai trouvé que les premiers se réjouissaient de notre terre. »
عن عليّ بن المديني، عن سُفيان -هو ابن عيينة-، عن عمرو بن دينار، عن محمد بن علي أبي جعفر الباقر، عن جابر كروايته له عن قُتيبة. ورواه أيضًا هو ومسلم من طرق أُخر، عن سُفيان بن عيينة، عن عمرو، عن محمد بن علي، عن جابر بنحوه (١) وفي رواية أخرى له (٢) أنه أمره فحثى بيديه من دراهم فعدَّها فإذا هي خمسمائة فأضعَفَها له مرتين، يعني فكان جملة ما أعطاه ألفًا وخمس مئة درهم. وُفُودُ فَرْوَةَ بنِ مُسَيْكٍ (٣) المُرَاديّ إلى رسولِ الله ﷺ - قال ابن إسحاق (٤) : وقدمَ فَرْوةُ بن مُسَيْكٍ المُراديُّ، مُفارقًا لمُلوك كِنْدَةَ ومُباعِدًا لهم إلى رسول الله ﷺ ، وقد كان بينَ قومه مُرادٍ وبينَ هَمْدان وقعةٌ قُبيلَ الإِسلام، أصابت هَمْدان من قومه حتى أثخنوهم، وكان ذلك في يوم يقال له الرَّدْم، وكان الذي قاد هَمْدان إليهم الأجدع بن مالك. قال ابن هشام: ويقال مالك بن حَرِيْمٍ (٥) الهَمْداني. قال ابن إسحاق (٦) : فقال فروة بن مُسَيْك في ذلك اليوم: [الوافر] مَرَرْنَ عَلى لُفاتَ (٧) وهُنَّ خُوصٌ … يَنَازِعْنَ الأعِنَّةَ يَنْتَحينَا (٨) فَإنْ نَغْلِبْ فَغلَّابُونَ (٩) قِدْمًا … وإنْ نُغْلَبْ فَغَيْرُ مُغَلَّبِينَا ومَا إن طِبُّنَا جُبْنٌ وَلَكِنْ … مَنَايَانا وطُعْمَةُ آخَرِينا (١٠) كَذَاكَ الدّهْرُ دوْلَتُهُ سِجَالٌ … تَكِرُّ صُرُوفُهُ (١١) حِينًا فَحِينًا فَبَيْنا ما نُسَرُّ بِهِ ونَرْضَى … وَلَوْ لُبِسَتْ غضَارَتُهُ سِنينا إذا انْقَلَبَتْ بِهِ كَرّاتُ دَهْرٍ … فأَلْفَى في الأُلى غُبِطُوا طَحِينَا (١٢)
(١) رواه البخاري رقم (٢٦٩٦) ومسلم (٢٣١٤). (٢) رواه البخاري رقم (٣١٣٧). (٣) الإصابة (٣/ ٢٠٥). (٤) سيرة ابن هشام (٢/ ٥٨١) وانظر طبقات ابن سعد (١/ ٣٢٧). (٥) القاموس المحيط: (حرم) وأورد أبو ذر الخشني في شرح السيرة وجهًا آخر وهو خُريم (شرح السيرة ٤٤١). (٦) سيرة ابن هشام (٢/ ٥٨١) وانظر طبقات ابن سعد (١/ ٣٢٧). (٧) في معجم البلدان: لُفات اسم موضع من ديار مراد، وأورد الأبيات الأربعة الأولى من هذه القصيدة (لفت) ويبدو أن اللام مثلثة الحركات، انظر شرح أبي ذر الخشني للسيرة النبوية (٤٤٢). (٨) خوص: الخوص ضيق العين وصغرها وغؤورها، ورجل أخوص: غائر العين (اللسان: خوص). (٩) في معجم البلدان (فإن نهزم فهزامون). (١٠) الطب ها هنا العادة (القاموس: طبّ) ورواية معجم البلدان: (فما إن .. منايانا ودولة آخرينا). (١١) في معجم البلدان: (يكرّ بصرفه .. ). (١٢) في سيرة ابن هشام: (فألفيتَ الأُلى غَبطوا طحينا).

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