Et al-Tirmidhī (1) et al-Nasā’ī (2) l’ont rapporté selon la chaîne de transmission d’al-Thawrī. Tout cela indique le grand mérite des délégations venues du Yémen, sans toutefois préciser le moment exact de leur arrivée. Quant à la délégation des Banū Tamīm, bien que leur venue fût plus tardive, cela n’implique pas pour autant qu’elle ait coïncidé avec celle des Ashʿarites. En effet, la délégation des Ashʿarites est antérieure, puisqu’ils arrivèrent en compagnie d’Abū Mūsā al-Ashʿarī, aux côtés de Jaʿfar ibn Abī Ṭālib et de ses compagnons parmi les émigrés qui se trouvaient en Abyssinie. Tout cela survint au moment où le Messager de Dieu (ﷺ) conquit Khaybar, comme nous l’avons expliqué en détail dans un autre passage.
On rapporte également qu’il (ﷺ) a dit : « Par Dieu, je ne sais pas ce qui me réjouit le plus : l’arrivée de Jaʿfar ou la conquête de Khaybar » (3). Et Dieu (– glorifié et exalté soit-Il –) sait mieux.
Al-Bukhārī (4) a dit :
Histoire dʾʿUmān et du Bahreïn
Nous raconta Qutaybah ibn Saʿīd, il nous transmit de Sufyān, qui entendit Muhammad ibn al-Munkadir rapporter qu’il avait entendu Jābir ibn ʿAbd Allāh dire : « Le Messager de Dieu (ﷺ) m’a dit : “Si seulement la part de Bahreïn arrivait, je t’aurais donné ceci et cela (5)”, et il le répéta trois fois. Toutefois, la somme venue de Bahreïn ne fut pas remise avant que le Messager de Dieu (ﷺ) ne meure. Quand elle arriva chez Abū Bakr, il ordonna à un crieur d’annoncer : “Que celui qui avait une dette ou une promesse du Prophète (ﷺ) vienne à moi.” »
Jābir dit : « Je me rendis auprès d’Abū Bakr pour l’informer que le Messager de Dieu (ﷺ) m’avait dit : “Si la somme de Bahreïn arrivait, je t’aurais donné ceci et cela, trois fois.” Il m’en donna donc (6). » Jābir poursuit : « Par la suite, je rencontrai Abū Bakr et lui demandai (une seconde fois), mais il ne me donna rien ; je vins le voir à nouveau, mais il ne me donna rien ; puis je vins une troisième fois et il ne me donna toujours rien. Je lui dis alors : “Je suis venu vers toi et tu ne m’as rien accordé, puis je suis revenu et tu ne m’as rien accordé, et encore je suis revenu sans rien recevoir. Donne-moi donc ou bien refuse catégoriquement !” Abū Bakr me répondit : “As-tu dit : ‘Refuse catégoriquement’ ? Quel fléau est plus terrible que l’avarice ?” Il répéta cela trois fois en ajoutant : “Je ne t’ai pas refusé précédemment, si ce n’est parce que j’avais l’intention de te donner. »
Ainsi l’a rapporté al-Bukhārī ici. Muslim (7) l’a également transmis selon ʿAmr al-Nāqid, d’après Sufyān ibn ʿUyaynah, avec la même chaîne de transmission. Puis al-Bukhārī (8) a ajouté : d’après ʿAmr, d’après Muhammad ibn ʿAlī, qui dit avoir entendu Jābir ibn ʿAbd Allāh raconter : « Je vins à lui. Abū Bakr me dit : “Compte-les.” Je les comptai et trouvai cinq cents. Il me dit : “Prends-en autant encore, deux fois.” » Al-Bukhārī (9) le rapporte aussi.