Elle avait des jambes élancées, des cuisses pleines, une taille fine, des flancs minces et un dos élégant. Il dit : « Quand je la vis, je fus séduit par sa beauté et je me dis que j’allais demander au Messager de Dieu (ﷺ) de la comptabiliser dans mon butin. Mais lorsqu’elle parla, son éloquence me fit oublier sa beauté. »
Elle déclara : « Ô Muhammad, si tu le juges bon, épargne-nous et ne donne pas l’occasion aux tribus arabes de se réjouir de notre infortune. Je suis la fille du chef de mon peuple. Mon père protégeait les faibles, libérait le captif, rassasiait l’affamé, vêtait l’indigent, honorait l’hôte, offrait la nourriture, diffusait la paix et ne refusait jamais personne dans le besoin. Je suis la fille de Hâtim al-Ṭa’î. »
Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : « Ô jeune fille, voilà bien la description des vrais croyants ! Si seulement ton père avait été musulman, nous aurions prié pour qu’il reçoive la miséricorde. Relâchez-la, car son père aimait les nobles vertus, et Dieu aime les nobles vertus. »
Abû Burda ibn Niyâr se leva et demanda : « Ô Messager de Dieu, Dieu aime-t-Il donc les nobles vertus ? » Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : « Par Celui qui détient mon âme, nul n’entrera au Paradis s’il n’a pas un bon comportement. »
Ce hadith est bon dans son contenu, mais il est très rare et singulier dans sa chaîne de transmission. Nous avons déjà mentionné la biographie de Hâtim al-Ṭa’î à l’époque préislamique, lorsque nous avons évoqué ceux qui moururent parmi les notables connus de cette période. Hâtim faisait preuve d’une immense générosité et d’un grand sens du bienfait envers les gens, mais l’utilité de tout cela dans l’au-delà reste conditionnée par la foi. Or, jamais il ne prononça, ne fût-ce qu’un seul jour : « Seigneur, pardonne-moi mes fautes au Jour du Jugement. »
Al-Wâqidî rapporte que le Messager de Dieu (ﷺ) envoya ‘Alî ibn Abî Tâlib, au mois de Rabî‘ al-Âkhir de la neuvième année, vers les terres de Ṭayyi’. Il revint avec des captives parmi lesquelles se trouvait la sœur de ‘Adîy ibn Hâtim, ainsi qu’avec deux épées qui étaient dans la demeure de l’idole, l’une nommée « ar-Rasûb » et l’autre « al-Mikhdham », qu’al-Hârith ibn Abî Shimr avait vouées à cette idole.