Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

César. Alors, il lui dit :

« Ô ‘Adiyy ibn Ḥâtim, qu’est-ce qui te fait fuir ? Est-ce le fait qu’on dise : “Il n’y a de dieu que Dieu” ? Y a-t-il une quelconque divinité en dehors de Dieu ? Qu’est-ce qui te fait fuir ? Cela te fait-il fuir qu’on dise : “Dieu est le Plus Grand” ? Y a-t-il rien de plus grand que Dieu ? »

Je me suis alors converti (à l’islam), et je vis son visage s’éclairer. Il déclara : « Ceux contre qui la colère s’est abattue sont les Juifs, et ceux qui se sont égarés sont les Chrétiens. »

Il dit ensuite : on l’interrogea, alors il loua Dieu et Le remercia, puis prononça ces paroles : « Pour en venir au fait : vous tous, ô gens, donnez en aumône un peu de votre surplus : qu’un homme donne un sâ‘, ou une partie d’un sâ‘, ou bien une poignée, ou une partie d’une poignée. »

Shu‘ba dit : « – Selon ce que je sais de plus sûr, il a ajouté : “Ne serait-ce qu’une datte, ou la moitié d’une datte.” – » Et l’un d’entre vous rencontrera Dieu, et Il lui dira ce que je rapporte : « Ne t’ai-Je pas fait doué d’ouïe et de vue ? Ne t’ai-Je pas accordé biens et enfants ? Qu’as-tu donc présenté ? » Alors l’homme regardera devant lui, derrière lui, à sa droite et à sa gauche, sans trouver quoi que ce soit. Et il ne se préservera du Feu qu’avec son propre visage. Craignez donc le Feu ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte. Si vous n’en trouvez pas, alors [donnez] une parole bienveillante. Je ne crains pas la pauvreté pour vous : Dieu vous accordera Son secours, Il vous donnera ou vous ouvrira (les portes de Sa subsistance) jusqu’à ce qu’une femme voyage d’al-Ḥīra à Yathrib, et que sa plus grande crainte soit qu’on ne vole quelque chose à sa monture. »

At-Tirmidhī (1) a rapporté ce ḥadīth, selon la chaîne de transmission de Shu‘ba et de ‘Amr ibn Abī Qays, tous deux l’ayant reçu de Samāk, puis il déclara : « Il est ḥasan gharīb (“bon et rare”). Nous ne le connaissons que par Samāk. »

L’imām Aḥmad (2) a également rapporté : « Yazīd nous a transmis : Hishām ibn Ḥassān nous a informés, d’après Muḥammad ibn Sīrīn, d’après Abū ‘Ubayda – c’est le fils de Ḥudhayfa – qui le tient d’un homme. » Il raconta : « J’ai dit à ‘Adiyy ibn Ḥātim : “J’ai entendu un récit te concernant, et je voudrais l’entendre de ta propre bouche.” Il me répondit : “Oui. Quand j’ai appris l’avènement du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), j’ai éprouvé beaucoup de répugnance à son égard, et je suis parti jusqu’à atteindre les territoires des Byzantins (dans une autre version, je suis allé jusqu’auprès de César). Or j’ai détesté ma situation là-bas autant que je dédaignais déjà sa mission. Je me dis alors : ‘Par Dieu, si je m’en vais voir cet homme, s’il est imposteur, il ne me nuira pas ; et s’il est véridique, je l’aurai su.’ Je partis donc et me rendis auprès de lui. À mon arrivée, les gens dirent : ‘C’est ‘Adiyy ibn Ḥâtim !’ J’entrai voir le Messager de Dieu (ﷺ), qui me dit :

“Ô ‘Adiyy ibn Ḥâtim, embrasse l’islam et tu seras en sécurité.” Il le répéta par trois fois. Je répliquai : “Je suis déjà d’une religion.” Il poursuivit : “Je connais ta religion mieux que toi.” Je m’exclamai : “Tu connais ma religion mieux que moi !?” Il dit : “Oui, n’es-tu pas rakkūsiyy, et ne prélèves-tu pas le quart des biens de ton peuple ?” Je répondis : “Si.” Il répliqua : “Or ceci ne t’est pas permis dans ta religion.” – “En effet.” Dès qu’il l’eut prononcé ainsi, je me soumis.

“Ensuite,” dit-il (ﷺ), “je sais ce qui t’empêche d’embrasser l’islam : tu te dis que seuls des gens faibles, sans force, L’ont suivi et que les Arabes les ont honnis. Connais-tu al-Ḥīra ?” Je répondis : “Je ne l’ai jamais vue, mais j’en ai entendu parler.” Il déclara : “Par Celui qui détient mon âme, Dieu parachèvera assurément cette affaire, au point qu’une femme voyagera depuis al-Ḥīra, fera le tour de la Ka‘ba sans avoir besoin de la protection de personne, et Il fera s’ouvrir devant vous les trésors de Kisrâ ibn Hurmuz.” »

(1) Jāmiʿ al-Tirmidhī dans l’exégèse, numéros (2953-2954), il s’agit d’un ḥadīth ḥasan avec ses preuves. (2) Musnad de l’Imām Aḥmad (t. 4, p. 257), et sa chaîne de transmission est ḥasan. (3) Lecture : « taʿallam ». Ce qui est confirmé dans le Musnad. (4) Lecture : « lahum » et non « hamā » dans le Musnad.
قيصر، فقال له: "يا عدي بن حاتم ما أفرَّك؟ أفرَّك أن يقال لا إله إلا الله فهل من إله إلا الله! ما أفرَّك؟ أَفَرَّكَ أن يُقال: الله أكبر. فهل شيءٌ هو أكبر من الله (عز وجل) ! " فأسلمتُ، فرأيتُ وجهَه استبشرَ، وقال: إن المغضوب عليهم اليهود، وإنّ الضالِّين النصارى. قال: ثم سألوه، فحمد الله وأثنى عليه، ثم قال: أما بعد، فلكم أيها الناس أن ترضخوا من الفضل، ارتضخ امرؤٌ بصاع، ببعض صاعٍ، بقَبضةٍ، ببعض قُبضة. قال شعبة: - وأكثرُ علمي أن قال: "بتمرة، بشق تمرة" - وإنّ أحدكم لاقي اللهِ فقائل ما أقول: ألم أجعلْكَ سميعًا بصيرًا، ألم أجعلْ لكَ مالًا وولدًا. فماذا قدَّمْتَ؟ فينظرُ من بين يديه ومن خلفه، وعن يمينه وعن شماله، فلا يجد شيئًا، فما يتقي النار إلا بوجهه، فاتقوا النار ولو بشق تمرة، فإن لم تجدوه فبكلمة لينة، إني لا أخشى عليكم الفاقة، لينصرنكم الله وليعطينكم، أو ليفتحنَّ عليكم، حتى تسير الظعينة بين الحيرة ويثرب، أو أكثر ما تخاف السرَق على ظعينتها. وقد رواه الترمذي (١) من حديث شعبة وعمرو بن أبي قيس، كلاهما عن سماك، ثم قال: حسن غريب، لا نعرفه إلا من حديث سماك. وقال الإمام أحمد (٢) أيضًا: حدّثنا يزيد، أنبأنا هشام بن حسان، عن محمد بن سيرين، عن أبي عبيدة -هو ابن حذيفةَ- عن رجل، قال: قلت لعدي بن حاتم: حديث بلغني عنك أحب أن أسمعه منك. قال: نعم. لما بلغني خروج رسول الله ﷺ ، كرهت خروجَه كراهيةً شديدةً، فخرجت حتى وقعت ناحية الروم -وفي رواية حتى قدمت على قيصر- قال: فكرهت مكاني ذلك أشد من كراهيتي لخروجه، قال: قلت: والله لو أتيت هذا الرجل، فإن كان كاذبًا لم يضرّني، وإن كان صادقًا علمت، قال: فقدمت، فأتيته، فلما قدمت قال الناس: عدي بن حاتم؟ فدخلت على رسول الله ﷺ فقال لي: "يا عديّ بن حاتم، أسْلِمْ تَسْلَمْ، ثلاثًا. قال: قلت إنّي على دِينٍ. قال: أنا أعلمُ بدينكَ منكَ" فقلت: أنت أعلمُ (٣) بديني مني! قال: "نعم ألست من الرَّكوسية، وأنت تأكلُ مِرْباعَ قومك؟ " قلت: بلى. قال: هذا لا يحلّ لكَ في دينك " قال: نعم. فلم يَعْدُ أن قالها، فتواضعتُ لها، قال: " أما إنّي أعلمُ الذي يمنعُك من الإسلام، تقول: إنما اتَّبعه ضعَفَةُ النّاس، ومن لا قُوَّة لهُ (٤) ، وقد رمتهم العربُ. أتعرفُ الحيرةَ؟ " قلت: لم أرها، وقد سمعت بها. قال: " فوالذي نفسي بيده ليُتِمَّنَّ اللهُ هذا الأمر، حتى تخرجَ الظعينةُ من الحيرة، حتى تطوفَ بالبيتِ في غَيْرِ جوار أحدٍ، وليفتحنَّ كنوزَ كِسْرى بن هُرْمُز"
(١) جامع الترمذي في التفسير رقم (٢٩٥٣ - ٢٩٥٤)، وهو حديث حسن بشواهده. (٢) مسند الإمام أحمد (٤/ ٢٥٧)، وإسناده حسن. (٣) ط: (تعلم). وما أثبته عن المسند. (٤) ط: (لهم) وما هنا عن المسند.

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