Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

De l’une de ses sources appelée Farda (1), il fut atteint de fièvre et en mourut. Lorsqu’il sentit sa fin approcher, il déclara :

[mètre at-Ṭawīl]
« Mon peuple se mettra en route vers l’Orient à l’aube… et je serai laissé dans une maison à Farda, dans le Najd.
Ah ! Combien de jours, si la maladie m’avait atteint, m’auraient visité des gens qui, sans en être remis, s’efforçaient de veiller sur moi ».

Il est dit : Quand il mourut, sa femme, par ignorance et par manque de raison et de religion, prit les livres qu’il possédait (2) et les brûla au feu.

J’ai dit : Il est établi dans le Ṣaḥīḥ (3), d’après Abū Saʿīd, qu’Ali ibn Abī Ṭālib envoya au Messager de Dieu (ﷺ), depuis le Yémen, un lingot d’or encore mêlé à sa terre. Le Messager de Dieu (ﷺ) le répartit alors entre quatre : Zayd al-Khayl, ʿAlqama ibn ʿUlātha, al-Aqraʿ ibn Ḥābiṣ et ʿUyeyna (4) ibn Badr… (fin de la citation). Ce récit sera mentionné à propos de l’expédition d’Ali au Yémen, si Dieu le veut.

Histoire de ʿAdiyy ibn Hātim aṭ-Ṭāʾī

Al-Bukhārī (5), dans son « Ṣaḥīḥ », à propos de la délégation de Ṭayyʾ et du récit de ʿAdiyy ibn Hātim, rapporte : Mūsā ibn Ismāʿīl nous a rapporté, Abū ʿAwāna nous a rapporté, ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, d’après ʿAmr ibn Ḥurayth, d’après ʿAdiyy ibn Hātim :

« Nous sommes venus voir ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb au sein d’une délégation, et il nous faisait appeler un par un en nous nommant. Je lui ai dit : “Ne me reconnais-tu pas, ô Commandeur des croyants ?” Il répondit : “Bien sûr ! Tu as embrassé l’islam alors qu’ils refusaient, tu es venu quand ils ont tourné le dos, tu as été fidèle quand ils ont trahi et tu as reconnu quand ils ont renié.” ʿAdiyy poursuivit : “Alors je n’ai plus à m’en soucier.” »

Ibn Isḥāq (6) commente : « Quant à ʿAdiyy ibn Hātim, il disait – selon ce qui m’est parvenu – qu’aucun homme parmi les Arabes ne détestait davantage le Messager de Dieu (ﷺ) que moi, lorsque j’entendis parler de lui. J’étais un homme noble, j’étais chrétien, je percevais le quart (7) du butin au sein de mon peuple, et j’avais moi-même une religion. Dans mon peuple, on me traitait comme un roi en raison de la manière dont on me considérait. Quand j’ai entendu parler du Messager de Dieu (ﷺ), je l’ai détesté. J’ai donc dit à un esclave arabe qui m’appartenait, et qui gardait mes chameaux : “Malheur à toi ! Prépare-moi mes chameaux.” »

(1) Firdah : une source interdite dans les terres de Ṭayy, où se trouve la tombe de Zayd al-Khayl (Muʿjam al-Buldān). (2) Dans la Sīra d’Ibn Hishām : « Parmi ses livres que le Messager de Dieu ﷺ lui avait confiés, je les ai brûlés. » (3) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (n° 3344) et Ṣaḥīḥ Muslim, Livre de la Zakât, n° 143, 144 et 1064. (4) Ṭ : (ʿUtba ibn Badr), c’est une altération ; voir al-Ṣaḥīḥayn, sources de l’auteur. (5) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī n° 4394. Voir aussi Ṭabaqāt d’Ibn Saʿd (1/322-323). (6) Sīra d’Ibn Hishām (2/578-581). (7) L’addition dans la Sīra d’Ibn Hishām. (8) al-Murbāʿ : ce que prend le chef, à savoir le quart du butin (al-Lisān : « quart »).
من مياهه يقال له فردة (١) أصابته الحمى فمات بها، ولما أحسَّ بالموت قال: [الطويل] أمُرْتَحِلٌ قَوْمي المَشارِقَ غُدْوةً … وأُتْرَكُ في بَيْتٍ بفَرْدَةَ مُنْجِدِ ألا رُبَّ يَوْمٍ لَوْ مَرِضْتُ لَعَادني … عَوائِدُ مَنْ لمْ يُبْرَ مِنْهُنَّ يَجْهَدِ قال: ولما مات عمدت امرأته بجهلها وقلة عقلها ودينها إلى ما كان معه من الكتب (٢) فحرقتها بالنار. قلت: وقد ثبت في الصحيح (٣) عن أبي سعيد، أن علي بن أبي طالب بعث إلى رسول الله ﷺ من اليمن بذُهَيْبَةٍ في تُرْبتها، فقسمها رسول الله ﷺ بين أربعة: زيد الخيل، وعلقمة بن عُلاثَة، والأقرع بن حابس، وعيينة (٤) بن بدر … الحديث. وسيأتي ذكره في بعث علي إلى اليمن إن شاء الله تعالى. قصة عديّ بن حاتم الطائي قال البخاري (٥) في "الصحيح" : وفد طيِّئ وحديث عديّ بن حاتم، حدّثنا موسى بن إسماعيل، حدّثنا أبو عوانة، حدّثنا عبد الملك بن عُمير، عن عمرو بن حُرَيث، عن عديّ بن حاتم. قال: أتينا عمر بن الخطاب في وفدٍ، فجعل يدعو رجلًا رجلًا ويُسَمِّيهم. فقلت: أما تعرفُني يا أمير المؤمنين؟ قال بلى أسلمتَ إذ كفروا، وأقبلتَ إذ أدبروا، ووفَيتَ إذ غدروا، وعرفتَ إذ أنكروا. فقال عدي: فلا أبالي إذًا. وقال ابن إسحاق (٦) : وأما عدي بن حاتم فكان يقول -فيما بلغني- ما [من] (٧) رجل من العرب كان أشدَّ كراهيةً لرسول الله ﷺ حين سمع به مني. أما أنا فكنت امرأً شريفًا، وكنت نصرانيًا، وكنت أسيرُ في قومي بالمِرْباع (٨) ، وكنت في نفسي على دِين، وكنت ملكًا في قومي لما كان يصنع بي، فلما سمعتُ برسول الله ﷺ كرهتُه، فقلت لغلام كان لي عربيّ، وكان راعيًا لإبلي: لا أبا لك، أعْدِدْ لي من إبلي
(١) فردة: ماء بحرم في ديار طيّئ، هناك قبر زيد الخيل (معجم البلدان). (٢) في سيرة ابن هشام "من كتبه التي قطع له رسول الله ﷺ فحرقتها". (٣) صحيح البخاري (٣٣٤٤). وصحيح مسلم كتاب الزكاة رقم (١٤٣) ورقم (١٤٤) (١٠٦٤) ". (٤) ط: (وعتبة بن بدر) وهو تحريف انظر الصحيحين مصدري المؤلف. (٥) صحيح البخاري رقم (٤٣٩٤). وانظر طبقات ابن سعد (١/ ٣٢٢ - ٣٢٣). (٦) سيرة ابن هشام (٢/ ٥٧٨ - ٥٨١). (٧) الزيادة من سيرة ابن هشام. (٨) المرباع: ما يأخذه الرئيس، وهو ربع الغنيمة (اللسان: ربع).

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