Ibn Ishaq a dit (1) : « Ensuite, ses compagnons s’en allèrent après l’avoir enseveli, jusqu’à ce qu’ils parvinssent en territoire de Banû ‘Âmir, en période hivernale. Lorsqu’ils arrivèrent, les membres de leur tribu vinrent à leur rencontre et demandèrent : “Qu’as-tu à nous annoncer, Arbad ?” Il répondit : “Rien du tout, par Dieu ! Il nous a simplement invités à adorer quelque chose : si seulement je l’avais à mes côtés en cet instant, je le criblerais de flèches jusqu’à le tuer !” Or, un jour ou deux après ses propos, il partit avec un chameau qu’il comptait vendre (3). Alors Dieu envoya sur lui et sur son chameau la foudre, et ils furent tous deux réduits en cendres. »
Ibn Ishaq a dit (4) : « Arbad ibn Qays était le frère utérin de Labîd ibn Rabî‘a. » Celui-ci pleura Arbad en ces termes :
[Sur le mètre al–munsariḥ]
- « Ma mort n’épargne personne :
ni un père affectueux, ni un fils. - Je crains que le trépas n’emporte Arbad,
et je ne redoute ni la constellation de “s-Simâk” ni celle du Lion. - Ô mon œil, pourquoi n’as-tu pas pleuré Arbad,
quand nous nous sommes levés et que les femmes se levèrent, la douleur au cœur ? - S’ils devaient se montrer turbulents, il ne prêtait pas attention à leurs troubles ;
et s’ils choisissaient la justice, il restait mesuré dans ses jugements. - Il était doux et avisé, et dans cette douceur
se mêlait une légère amertume cachée au plus profond de ses entrailles. - Ô mon œil, pourquoi n’as-tu pas pleuré Arbad,
lorsque les vents d’hiver se sont abattus sur ce qui nous soutenait ? (10) - Elle se trouva gestante et abandonnée (la chamelle),
lorsqu’apparurent au grand jour les signes majeurs de l’épreuve (11)(12). - Plus brave qu’un lion dans la forêt, friand de proies,
avide de hautes destinées et d’actions d’éclat (13). - L’œil ne peut combler toutes ses convoitises
dans la nuit où les coursiers se dispersent, pareils à des lanières (15). »