Kuthayf al-Dhibâbî al-Kilâbî al-ʿÂmirî, issu des Banû ʿÂmir ibn Saʿsaʿa, se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) à l’âge de vingt ans et embrassa l’islam. Il vécut ainsi cent ans en islam. Il était considéré comme un homme très éloquent et fut surnommé « l’homme aux deux langues » en raison de sa grande maîtrise de la parole. Son fils ʿAbd al-ʿAzîz ibn Mawla rapporta des propos de lui. C’est ce dernier qui transmit l’histoire de ʿÂmir ibn al-Ṭufayl, relative à « une tumeur semblable à celle du chameau et à la mort dans la demeure d’une femme salûlienne ».
Al-Zubayr ibn Bakkâr a dit : « Ẓam’yâ’ bint ʿAbd al-ʿAzîz ibn Mawla ibn Kuthayf ibn Ḥamal (1) ibn Khâlid ibn ʿAmr ibn Muʿâwiya — lequel est al-Ḍibbâb ibn Kilâb ibn Rabîʿa ibn ʿÂmir ibn Ṣaʿṣaʿa — m’a raconté : “Mon père m’a rapporté, d’après son père Mawla, qu’il se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui), se convertit à l’âge de vingt ans, prêta allégeance au Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui), qui lui toucha la main droite. Puis il conduisit ses chamelles jusqu’au Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui), et s’acquitta de son aumône légale par l’offrande d’une chamelle de deux ans. Ensuite, il accompagna Abû Hurayra après la disparition du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui).” (Il vécut en islam cent ans et fut surnommé « l’homme aux deux langues » en raison de son éloquence.) (2)
J’ajoute : Il apparaît que l’histoire de ʿÂmir ibn al-Ṭufayl est antérieure à la Conquête, même si Ibn Isḥâq et al-Bayhaqî l’ont mentionnée après celle-ci. La preuve en est ce qu’a rapporté l’historien al-Bayhaqî (3), d’après al-Ḥâkim, d’après al-Aṣamm, qui a reçu de Muḥammad ibn Isḥâq, lequel a reçu de Muʿâwiya ibn ʿAmr, qui a rapporté d’Abû Isḥâq al-Fazârî, d’après al-Awzâʿî, d’après Isḥâq ibn ʿAbd Allâh ibn Abî Ṭalḥa, d’après Anas, à propos de l’histoire du Puits de Maʿûna. (ʿÂmir ibn al-Ṭufayl tua Ḥarâm ibn Milḥân, l’oncle maternel d’Anas ibn Mâlik, en trahissant les compagnons au Puits de Maʿûna) (4), si bien qu’ils furent tous massacrés, à l’exception de ʿAmr ibn Umayya, comme il a été mentionné auparavant (5). Al-Awzâʿî rapporte que Yaḥyâ a dit : « Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) invoqua contre ʿÂmir ibn al-Ṭufayl pendant trente jours, en disant : “Ô Seigneur, occupe-Toi de ʿÂmir ibn al-Ṭufayl comme il Te plaira et envoie-lui ce qui le fera périr.” » (6) Dieu lui envoya alors la peste.
Il est également relaté (7), d’après Hammâm, d’après Isḥâq ibn ʿAbd Allâh, d’après Anas, à propos de l’épisode concernant [Ḥarâm] ibn Milḥân : ʿÂmir ibn al-Ṭufayl se présenta un jour au Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) et dit : « Je te propose trois choix : tu prends les gens des plaines et je prends ceux des villes, ensuite je deviens ton successeur après toi ; ou bien je t’attaque avec la tribu de Ghaṭafân à la tête de mille chevaux roux et de mille chevaux clairs. » Puis l’on rapporte qu’il fut frappé d’un coup dans la maison d’une femme. À ce moment, il s’écria : « Une tumeur semblable à celle d’un jeune chameau, et la mort dans la maison d’une telle ! Apportez-moi mon cheval. » Il y monta et mourut sur son dos.