«Je jure que je la remplirai contre toi de cavaliers et d’hommes.» Quand il se retira, le Messager d’Allah (ﷺ) dit : «Ô Allah, protège-moi d’‘Amir ibn at-Tufayl.»
Lorsqu’ils sortirent de chez le Messager d’Allah (ﷺ), ‘Amir ibn at-Tufayl dit à Arbad : «Où donc est ce que je t’avais ordonné de faire ? Par Allah, il n’y avait pas sur la face de la terre d’homme dont je craignais davantage qu’il porte atteinte à ma vie que toi. Par Allah, après ce jour, je ne te craindrai plus jamais.» Arbad répondit : «Qu’aucune calamité ne t’atteigne ! Ne te précipite pas à mon encontre. Chaque fois que j’ai voulu exécuter ce que tu m’avais ordonné, tu t’interposais entre moi et cet homme, au point que je ne voyais plus que toi. Allais-je donc t’assener un coup d’épée ?»
Ils repartirent donc vers leur pays et, alors qu’ils étaient en route, Allah envoya la peste au cou de ‘Amir ibn at-Tufayl ; ainsi Allah le fit mourir dans la maison d’une femme des Banû Salûl. Il ne cessait de répéter : «Ô Banû ‘Âmir, une tumeur semblable à celle d’un chameau dans la maison d’une femme des Banû Salûl (3) ?!» (Rapporté par Ibn Hishâm (4). On a également dit : «Une tumeur comme celle des chameaux, et la mort dans (5) la maison d’une femme de la tribu des Banû Salûl.»)
Le hâfid (spécialiste) al-Bayhaqî (6) a rapporté, via az-Zubayr ibn Bakkâr, que Fâtima bint ‘Abd al-‘Azîz ibn Mawala (7) lui raconta, d’après son père, d’après son grand-père Mawala ibn Jamîl : ‘Amir ibn at-Tufayl vint trouver le Messager d’Allah (ﷺ) et celui-ci lui dit : «Ô ‘Amir, embrasse l’islam.» Il répondit : «Je l’accepte à condition que la steppe (al-wabar) soit à moi et que la ville (al-madar) soit à toi.» Le Prophète (ﷺ) répondit : «Non.» Puis il dit encore : «Ô ‘Amir, embrasse l’islam.» Il répondit à nouveau : «Je l’accepte si la steppe est à moi et la ville à toi.» Le Prophète (ﷺ) répondit : «Non.» Alors ‘Amir s’en alla en déclarant : «Par Allah, ô Mouhammad, je la remplirai contre toi de cavaliers rapides et d’hommes sans barbe, et j’attacherai un cheval à chaque palmier.»
Le Messager d’Allah (ﷺ) invoqua alors : «Ô Allah, protège-moi de ‘Amir et guide son peuple.» ‘Amir partit et, quand il se trouva dans la périphérie de Médine, il rencontra une de ses femmes nommée Salûliyya. Il mit pied à terre et dormit dans sa demeure. Une tuméfaction l’atteignit à la gorge. Cela le réveilla ; il se leva, monta sur son cheval, prit sa lance, et se mit à tourner en disant : «Une tumeur pareille à celle d’un chamelon et la mort dans la maison d’une femme des Banû Salûl…» Il resta ainsi jusqu’à ce qu’il tombe de son cheval et meure.
Le hâfid Abû ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr rapporte dans al-Istî‘âb (9) — dans la section consacrée aux noms de Compagnons — l’histoire de Mawala, affirmant : il s’agit de Mawala ibn…»