«Que nous ont-ils fait, ces gens ? Ils nous ont honorés, accordé des biens et mis des serviteurs à notre disposition. Pourtant, ils ont insisté pour nous opposer, et si j’avais agi ainsi, ils nous auraient retiré tout ce que tu vois.»
Il raconta : «Alors, son frère Karz médita cela contre lui jusqu’à ce qu’il se convertît par la suite.»
Ibn Ishaq (1) rapporta qu’à leur entrée dans la mosquée du Prophète, ils se présentèrent en tenue soignée et en beaux vêtements. L’heure de la prière de ‘Asr étant arrivée, ils se mirent à prier en direction de l’Est. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : «Laissez-les.» Celui qui prit la parole pour eux fut Abou Ḥāritha ibn ‘Alqama, ainsi que “as-Sayyid” et “al-‘Āqib”, jusqu’à ce que descende à leur sujet le début (2) de la sourate Āl ‘Imrān et l’ordre de la mubāhala. Mais ils refusèrent cela et demandèrent qu’il leur envoie un homme intègre ; il leur dépêcha alors Abou ‘Ubayda ibn al-Jarrāḥ, comme il est relaté dans la version de al-Bukhārī.
Nous avons déjà exposé cette affaire en détail dans le commentaire de la sourate Āl ‘Imrān (3). À Dieu reviennent la louange et la grâce.
La délégation des Banou ‘Āmir et l’histoire de ‘Āmir ibn aṭ-Ṭufayl et d’Arbad ibn Qays (4)
Ibn Ishaq (5) mentionne l’arrivée auprès du Messager de Dieu (ﷺ) de la délégation des Banou ‘Āmir, parmi lesquels se trouvaient ‘Āmir ibn aṭ-Ṭufayl, Arbad ibn Qays ibn Jaz’ ibn Ja‘far ibn Khālid (6) et Jabbar (7) ibn Sulmī (8) ibn Mālik ibn Ja‘far. Ces trois hommes étaient les chefs de leur communauté et les plus rusés d’entre eux. ‘Āmir ibn aṭ-Ṭufayl, ennemi de Dieu, se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) avec l’intention de le trahir, alors que son peuple lui avait dit : «Ô ‘Āmir, les gens se sont convertis à l’islam ; convertis-y toi aussi.» Il répondit : «Par Dieu, j’ai juré de ne pas m’arrêter tant que les Arabes ne suivront pas mes pas, et c’est moi qui suivrais les pas de ce jeune homme issu de Quraysh ?»
Puis il dit à Arbad : «Lorsque nous arriverons devant cet homme, je détournerai son attention de toi. Une fois que je l’aurai fait, tue-le avec l’épée.» Quand ils se présentèrent au Messager de Dieu (ﷺ), ‘Āmir ibn aṭ-Ṭufayl déclara : «Ô Muḥammad, parle-moi à part (9).» Le Prophète répondit : «Non, par Dieu, pas avant que tu ne croies en Dieu, l’Unique.» ‘Āmir insista : «Ô Muḥammad, parle-moi à part.» Le Prophète accepta de lui parler et guettait le moment où Arbad exécuterait ce dont ils étaient convenus, mais Arbad ne levait pas le moindre geste. Quand ‘Āmir s’aperçut de la passivité d’Arbad, il répéta : «Ô Muḥammad, parle-moi à part.» Le Prophète répondit : «Non, pas avant que tu ne croies en Dieu, l’Unique et sans associé.» Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) refusa à nouveau, ‘Āmir dit : «Eh bien, par Dieu…»»