Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager d’Allah (ﷺ) reçut Qays b. ‘Asim, al-Zibraqân b. Badr et ‘Amr b. al-Ahtam, tous issus de la tribu de Tamîm. Le Zibraqân se vanta alors et dit : « Ô Messager d’Allah, je suis le chef de Tamîm, celui qu’on écoute et à qui l’on obéit. Je les protège de l’injustice et je réclame pour eux leurs droits. Celui-ci le sait bien » – désignant ‘Amr b. al-Ahtam.

‘Amr déclara : « Il est certes très éloquent, défend sa cause et sait se faire obéir de ses proches. » Le Zibraqân répliqua : « Par Allah, ô Messager d’Allah, il connaît de moi davantage que ce qu’il vient de dire, mais c’est la jalousie qui l’empêche de s’exprimer. »

‘Amr s’exclama : « Serais-je jaloux de toi ? Par Allah, tu es d’un oncle maternel mesquin, d’une richesse récente, fils d’un père insensé, et tu es négligent envers ta tribu. Par Allah, ô Messager d’Allah, j’ai dit vrai la première fois, et je n’ai pas menti lorsque j’ai parlé ensuite. Simplement, je suis un homme qui, quand il est satisfait, exprime le meilleur de ce qu’il sait, et, quand il est en colère, prononce les plus laides paroles qu’il trouve. J’ai donc dit vrai, tant la première fois que la seconde. »

Le Messager d’Allah (ﷺ) dit alors : « Certainement, il est dans l’éloquence quelque chose qui relève de la magie. » Et ceci est une chaîne de transmission fort singulière (1).

Al-Wâqidî mentionna la raison de leur venue : ils avaient brandi les armes contre Khuzâ‘a, si bien que le Messager d’Allah (ﷺ) envoya ‘Uyayna b. Badr avec cinquante hommes, sans qu’aucun Ançâr ni Muhâjir n’en fît partie. Ils firent alors onze prisonniers parmi les hommes, onze parmi les femmes et trente parmi les enfants. Les chefs de la tribu vinrent à cause de ces captifs. On raconte que quatre-vingts ou quatre-vingt-dix hommes arrivèrent dans ce but, parmi lesquels ‘Atârid, al-Zibraqân, Qays b. ‘Asim, Qays b. al-Hârith, Nu‘aym b. Sa‘d, al-Aqra‘ b. Hâbis, Riyâh (2) b. al-Hârith et ‘Amr b. al-Ahtam. Ils entrèrent dans la mosquée alors que Bilâl avait fait l’appel pour la prière de Dhuhr et que les fidèles attendaient la sortie du Messager d’Allah (ﷺ). Ces hommes, pressés, l’interpellèrent depuis l’extérieur de ses appartements. C’est alors que fut révélé ce qui fut révélé à leur sujet.

Al-Wâqidî désigna ensuite qui était leur orateur et leur poète, et il indiqua que le Prophète (ﷺ) les gratifia chacun de douze uqiyyas et d’un nash’ (3), à l’exception de ‘Amr b. al-Ahtam, qui ne reçut que cinq uqiyyas en raison de sa jeunesse. Et Allah est plus savant.

Ibn Is h âq (4) relate que Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre à leur propos : « Ceux qui t’interpellent à haute voix alors que tu es derrière tes appartements, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. S’ils avaient patienté jusqu’à ce que tu sortes à eux, cela aurait été meilleur pour eux. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » (Les Appartements, 49 : 4-5).

Ibn Jarîr (5) rapporte : « Abû ‘Ammâr al-Husayn b. Hurayth al-Marwazî (6) nous a transmis : Al-Fadl b. Mûsâ nous a rapporté, d’après… »

(1) Le hadith « Certes, l’éloquence est une forme de magie » est attesté en dehors de ce contexte. Il a été rapporté par al-Bukhārī (n° 5767) dans le recueil de médecine, par Mālik dans le « Muwaṭṭaʾ » (2/986) dans le chapitre « Ce qui est désapprouvé dans le discours sans mention de Dieu », par Abū Dāwūd (n° 5007) dans le recueil d’éthique, et par al-Tirmidhī (n° 2028) dans le chapitre de la bienfaisance, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Il a également été rapporté par Muslim (n° 869) dans le chapitre de la prière du vendredi, « Faciliter la prière et le sermon », d’après Abū Wa’il, ainsi que par al-Tirmidhī (n° 2845) et Abū Dāwūd (n° 5011) dans le recueil d’éthique, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās. (2) Concernant les fondements : Ribhāḥ, et voir al-Iṣābah (5/523). (3) An-Nashsh : une demi-oncie, vingt dirhams. (Dictionnaire : Nashsh). (4) Voir la Sīrah d’Ibn Hishām (2/567). (5) Tafsīr at-Ṭabarī (26/121). (6) Dans at-Ṭabarī : « Nous a relaté Abū ‘Amār al-Marwazī et al-Ḥasan ibn al-Ḥārith, ils dirent … ».
رسول الله ﷺ قيسُ بن عاصم، والزِّبرقان بن بدر، وعَمْرو بن الأَهْتَم التميميون، ففخر الزبرقان فقال: يا رسول الله، أنا سيّد تميم، والمُطاعُ فيهم والمجاب، أمنعُهُمْ من الظُّلم، وآخذ لهم بحقوقهم، وهذا يعلم ذلك -يعني عمرو بن الأهتم- قال عمرو بن الأهتم: إنه لشديدُ العارضة، مانعٌ لجانبه، مطاعٌ في أدنيه. فقال الزبرقان: والله يا رسول الله لقد علم مني غير ما قال، وما منعه أن يَتَكَلَّم إلا الحَسَدُ. فقال عَمْرو بن الأهتم: أنا أحسدك! فواللهِ إنّكَ للئيمُ الخالِ، حديثُ المال، أحمقُ الوالد، مُضيَّع في العَشيرة، والله يا رسولَ الله، لقد صدقتُ فيما قلتُ أولًا، وما كذبتُ فيما قلت آخرًا، ولكني رجل، إذا رضيتُ قلتُ أحسنَ ما عَلِمت، وإذا غضبتُ قلتُ أقبحَ ما وجدتُ، ولقد صدقتُ في الأولى والأخرى جميعًا. فقال رسول الله ﷺ : "إن من البيان سحرًا" وهذا إسناد غريب جدًا (١) . وقد ذكر الواقدي سبب قدومهم، وهو أنه كانوا قد شهروا السِّلاحَ على خُزاعة فبعث إليهم رسولُ الله ﷺ عُيينة بن بدر في خمسين، ليس فيهم أنصاريّ ولا مهاجريّ. فأسر منهم أحدَ عشرَ رجلًا وإحدى عشرةَ امرأة وثلاثين صبيًا، فقدم رؤساؤهم بسبب أُسرائهم، ويقال: قدم منهم تسعون أو ثمانون رجلًا في ذلك، منهم عطارد، والزِّبرقان، وقيس بن عاصم، وقيس بن الحارث، ونعيم بن سعد، والأقرعُ بن حابس ورياح (٢) بن الحارث، وعمرو بن الأهتم، فدخلوا المسجد وقد أذَّن بلالٌ الظهرَ، والناس ينتظرون رسول الله ﷺ ليخرج إليهم، فعجّل هؤلاء، فنادوه من وراء الحُجُرات، فنزل فيهم ما نزل. ثم ذكر الواقدي خطيبهم وشاعرهم، وأنه (رحمهم الله) أجازهم على كل رجل اثنتي عشرة أوقية ونشأ (٣) إلا عمرو بن الأهتم، فإنما أعطي خمسة أواق لحداثة سنه، والله أعلم. قال ابن إسحاق (٤) : ونزل فيهم من القرآن قوله تعالى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ يُنَادُونَكَ مِنْ وَرَاءِ الْحُجُرَاتِ أَكْثَرُهُمْ لَا يَعْقِلُونَ (٤) وَلَوْ أَنَّهُمْ صَبَرُوا حَتَّى تَخْرُجَ إِلَيْهِمْ لَكَانَ خَيْرًا لَهُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ﴾ [الحجرات: ٤ - ٥] . قال ابن جرير (٥) : حدّثنا أبو عَمّار الحسين بن حُرَيْث المروزي (٦) ، حدّثنا الفضل بن موسى، عن
(١) وقد ثبت حديث (إن من البيان لسحرًا) بغير هذا السياق. فقد رواه البخاري (٥٧٦٧) في الطب، ومالك في "الموطأ" (٢/ ٩٨٦) في الكلام، باب ما يكره من الكلام بغير ذكر الله، وأبو داود رقم (٥٠٠٧) في الأدب، والترمذي رقم (٢٠٢٨) في البر. من حديث عبد الله بن عمر بن الخطاب (رضي الله عنه) ، ورواه مسلم رقم (٨٦٩) في الجمعة، باب تخفيف الصلاة والخطبة من حديث أبي وائل، ورواه الترمذي رقم (٢٨٤٥) في الأدب، وأبو داود رقم (٥٠١١) في الأدب من حديث عبد الله بن عباس (رضي الله عنه) . (٢) في الأصول: رباح، وانظر الإصابة (٥/ ٥٢٣). (٣) النشُّ: نصف أوقية، عشرون درهمًا. (القاموس: نشّ). (٤) انظر سيرة ابن هشام (٢/ ٥٦٧). (٥) تفسير الطبري (٢٦/ ١٢١). (٦) في الطبري: "حدّثنا أبو عمار المروزي والحسن بن الحارث قالا .. ".

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