Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Utârid ibn Ḥâjib se leva alors et dit : « Louange à Dieu qui nous couvre de Sa grâce et de Sa bienveillance (1), Lui qui en est digne, car Il a fait de nous des rois, Il nous a octroyé de vastes richesses pour que nous puissions y accomplir le bien. Il a fait de nous le peuple le plus puissant d’Orient, celui qui compte le plus grand nombre et les moyens les plus accessibles. Qui donc, parmi tous les hommes, est semblable à nous ? Ne sommes-nous pas les chefs des gens, les plus nobles d’entre eux ? Que quiconque veut rivaliser avec nous énumère autant de bienfaits que nous venons d’énumérer. Certes, si nous le voulions, nous pourrions parler abondamment, mais nous nous abstenons d’abuser de ce qu’Il nous a accordé, et nous sommes connus pour cela (2). Je le dis afin que vous puissiez produire un discours semblable au nôtre ou proposer une affaire encore meilleure que la nôtre. » Puis il s’assit.

Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) s’adressa alors à Thâbit ibn Qays ibn Shamâs, de la tribu des Banû al-Ḥârith ibn al-Khazraj : « Lève-toi et réponds à l’allocution de cet homme. » Thâbit se leva et dit : « Louange à Dieu, Lui qui a créé les cieux et la terre, qui a décrété Son ordre en elles, dont la science emplit Son Trône, et il n’est point de chose qui ne soit de Sa grâce. Puis, par Sa puissance, Il a fait de nous des rois, et Il a choisi parmi Ses élus un Messager auquel Il a conféré la noblesse de l’ascendance, la véracité de la parole et l’excellence du lignage. Il a alors fait descendre sur lui un Livre et l’a établi dépositaire auprès de Ses créatures : il fut l’élu de Dieu parmi les mondes. Puis il appela les gens à croire en lui ; les premiers à avoir cru en lui furent les Muhâjirûn issus de son peuple et de sa propre parenté, les plus nobles par leur ascendance (3), les plus beaux de visage, et les meilleurs en actes. Ensuite, parmi toutes les créatures, nous fûmes les premiers à répondre à l’appel de Dieu quand Son Messager nous y convia : nous sommes donc les « Anṣâr » (Auxiliaires) de Dieu et les ministres de Son Messager. Nous combattons les gens jusqu’à ce qu’ils croient : quiconque croit en Dieu et en Son Messager voit ses biens et sa vie préservés ; quant à celui qui mécroît, nous luttons contre lui pour Dieu à jamais, et le tuer ne nous est guère difficile. Sur ce, je dis mes paroles et je demande pardon à Dieu pour moi, pour vous et pour tous les croyants et croyantes. Que la paix soit sur vous. »

Puis al-Zubraqân ibn Badr se leva et déclama (4) [mètre al-basîṭ] :

« Nous sommes les nobles, aucun clan ne peut nous égaler,
Des rois sont issus de parmi nous, et chez nous l’on élève des sanctuaires.
Que de tribus avons-nous déjà soumises, toutes sans exception,
Au moment du butin, la supériorité de la puissance s’impose.
Et c’est nous qui offrons la nourriture en temps de disette,
De la viande rôtie, quand aucun nuage n’annonce la pluie. »

(1) Le terme « al-mann » est absent de la source A, mais ajouté en correction par la source T, ainsi que dans la Sīra d'Ibn Hichâm. (2) Dans la source T : « nakhshā » (nous craignons), qui n'est pas correct. Ici, la leçon provient de la Sīra d'Ibn Hichâm, des preuves de la prophétie d'al-Bayhaqī (5/313) et de l’Histoire de l'islam d'al-Dhahabī (1/452) où l'on trouve : « nastahyī » (nous éprouvons de la pudeur), équivalant à « bashar ». (3) Le terme est absent dans la source A. (4) Dans la Sīra d'Ibn Hichâm : « ḥasban » (selon). (5) Les vers figurent dans le Dīwān de Ḥassān (p. 245), la Sīra d'Ibn Hichām (2/563) et le Dīwān d'al-Zubraqān ibn Badr – Muʾassasat al-Risāla – (pp. 46-48). (6) Dans le Dīwān : « w-fīnā yaqsimu al-rubʿ » (et parmi nous se partage le quart) ; dans le Dīwān d'al-Zubraqān : « wa faḍlu al-ʿizz yatbaʿ » (et le surplus de l’honneur suit). (7) Dans les sources A et T : « al-fazaʿ » (la panique) ; nous avons retenu ce qui figure dans la Sīra et le Dīwān. Quant à « al-qazaʿ » : c’est la coupe d’un nuage unique, appelé qazaʿ (selon al-Qāmūs : qazaʿ).
فقام عُطارِد بن حاجب فقال: الحمدُ لله الذي له علينا الفَضْلُ والمَنُّ (١) وهو أهله الذي جعلنا ملوكًا، ووهب لنا أموالًا عِظامًا نفعل فيها المعروف، وجعلنا أَعَزَّ أهلِ المَشْرِق وأكثره عددًا وأيسره عدَّة. فمَنْ مِثْلُنا في الناس؟ ألسنا برؤوس النّاس وأُولي فضلهم؟ فمن فاخرنا فليُعَدِّدْ مثلَ ما عَدَّدْنا. وإنا لو نشاء لأكثرنا الكلام، ولكن نحيى (٢) من الإكثار فيما أعطانا. وإنا نعرفُ بذلك (٣) ، أقول هذا لأن تأتوا بمثل قولنا، وأمرٍ أفضل من أمرنا. ثم جلس. فقال رسول الله ﷺ لثابت بن قيس بن شماس، أخي بني الحارث بن الخزرج: "قم فأجب الرجل في خطبته" . فقام ثابت فقال: "الحمدُ للهِ الذي السماواتُ والأرض خَلْقُهُ، قضى فيهن أمرَهُ، ووسِعَ كُرْسيَّه علمُهُ، ولم يكُ شيءٌ قَطُّ إلا من فَضْلِه، ثم كانَ من قُدْرَتِهِ أن جعلنا ملوكًا، واصطفى من خيرته رسولًا، أكرمَه نسبًا، وأصدقَه حديثًا، وأفضلَه حسبًا، فأنزل عليه كتابًا، وائتمنه على خلقِه، فكان خِيرةَ الله من العالمين، ثم دعا الناسَ إلى الإيمان به، فآمن برسول الله المهاجرون من قومه وذوي رحمه، أكرمُ الناس أحسابًا (٤) ، وأحسن الناس وجوهًا، وخير الناس فَعَالًا، ثم كان أوّل الخلق إجابة، واستجابَ للهِ حينَ دعاهُ رسولُ الله ﷺ نحن، فنحنُ أنصارُ الله ووزراء رسوله، نقاتلُ الناس حتى يؤمنوا، فمَنْ آمَنَ بالله ورسوله مَنَع مالَه ودمَه. ومن كَفَر جاهَدْناه في الله أبدًا، وكان قتلُه علينا يسيرًا. أقولُ قولي هذا وأستغفر الله لي ولكم وللمؤمنين والمؤمنات، والسلامُ عليكم. فقام الزبرقان بن بدر فقال (٥) [من البسيط] نَحْنُ الكرامُ فلا حَيٌّ يُعادِلُنا … مِنَّا المُلُوكُ وَفينا تُنْصَبُ البِيَعُ (٦) وكَمْ قَسَرْنا منَ الأحياءَ كُلِّهمِ … عِنْدَ النِّهَابِ وفَضْلُ العِزِّ يُتَّبعُ ونَحْنُ يُطْعمُ عِنْدِ القَحْطِ مطْعِمُنَا … منَ الشِّواءِ إذا لم يُؤنَس القَزَعُ (٧)
(١) لفظة "المنّ" ساقطة من أ والاستدراك من ط، وسيرة ابن هشام. (٢) في ط: "نخشى" ولا تصح، وما هنا من سيرة ابن هشام، ودلائل النبوة للبيهقي (٥/ ٣١٣) وتاريخ الإسلام للذهبي (١/ ٤٥٢) وفيه: نستحيي، وهي بمعنى (بشار). (٣) ليس اللفظ في أ. (٤) في سيرة ابن هشام "حَسَبًا". (٥) الأبيات في ديوان حسان (٢٤٥) وسيرة ابن هشام (٢/ ٥٦٣) وديوان الزبرقان بن بدر -مؤسسة الرسالة - (٤٦ - ٤٨). (٦) في الديوان "وفينا يقسم الربع" وفي ديوان الزبرقان (وفضل العز يتبع). (٧) في أ وط "الفزع" وأثبتنا ما في السيرة والديوان. و"القزع": قطع السحاب الواحدة قزعه (القاموس: قزع).

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