Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai dit : Mohammed ibn Isḥāq, puis al-Wāqidī, ainsi qu’al-Bukhārī, puis enfin al-Bayhaqī après eux, ont mentionné, à propos des diverses délégations, l’arrivée de certaines d’entre elles à une date qui précède l’an neuf, voire même la conquête de la Mecque.

Dieu – exalté soit-Il – a dit : « Ne sont pas égaux parmi vous ceux qui ont dépensé et combattu avant la conquête. Ceux-là sont supérieurs en degré à ceux qui ont dépensé et combattu après. Quant à chacun, Dieu lui a promis la plus belle récompense. » (Al-Ḥadīd : 10).

Il a également été rapporté qu’il (ﷺ) déclara, le jour de la conquête (1) : « Il n’y a plus d’émigration, mais [il reste] le combat et l’intention » (2). Il convient donc de faire la distinction entre ceux qui, parmi ces délégations, sont venus avant la conquête et dont l’arrivée est considérée comme une émigration, et ceux qui vinrent après la conquête, à qui Dieu a promis le bien et la félicité. Cela dit, leur rang n’égale pas celui de ceux qui ont précédé, ni sur le plan du moment ni sur celui du mérite, et Dieu est plus savant. Par ailleurs, les savants qui se sont penchés sur la mention de ces délégations ont omis, dans leurs récits, certains détails qu’ils n’ont pas rapportés. Pour notre part, nous exposerons, par la grâce et la faveur de Dieu, ce qu’ils ont mentionné, en attirant l’attention sur ce qui mérite de l’être. Nous indiquerons également ce qui nous est parvenu de ce qu’ils ont négligé, si Dieu le veut. C’est en Lui que nous plaçons notre confiance et c’est à Lui que nous nous en remettons.

Mohammed ibn ʿUmar al-Wāqidī (3) a dit : « Kaṯīr ibn ʿAbd Allāh al-Muzanī nous a rapporté, de son père, de son grand-père, les faits suivants : “Les premiers à se présenter au Messager de Dieu (ﷺ) parmi la tribu de Muḍar furent quatre cents personnes de Muzayna, et ce, au mois de Raǧab de la cinquième année. Le Messager de Dieu (ﷺ) leur reconnut le statut d’émigrés tout en demeurant dans leur région et déclara : ‘Vous êtes des émigrants où que vous soyez ; retournez donc à vos biens.’ Ils rentrèrent alors chez eux.” »

Al-Wāqidī rapporta ensuite, d’après Hišām ibn al-Kalbī via sa chaîne de transmission, que le premier à être venu de Muzayna fut Ḫuzāʿī ibn ʿAbd Nuḥm (4), accompagné de dix hommes de sa tribu. Ils prêtèrent serment d’allégeance au Messager de Dieu (ﷺ) pour l’acceptation de l’islam par les leurs. Lorsqu’il revint auprès de son peuple, il ne les trouva pas dans les dispositions qu’il avait espérées : ils tardèrent à se rallier à lui. Alors, le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna à Ḥassān ibn Ṯābit de faire une allusion à Ḫuzāʿī, sans toutefois l’insulter, et il récita à ce sujet quelques vers (5). Lorsque ces vers parvinrent à Ḫuzāʿī, celui-ci s’en plaignit auprès des siens, qui se réunirent autour de lui, embrassèrent l’islam en sa compagnie et partirent avec lui à la rencontre du Messager de Dieu (ﷺ). Le jour de la conquête, le Messager de Dieu (ﷺ) remit l’étendard de la tribu de Muzayna – ils étaient alors au nombre de mille – à ce même Ḫuzāʿī (6). »

Il ajouta : « C’est le frère de ʿAbd Allāh Dhū al-Biǧadayn (7). »

(1) C'est-à-dire la conquête de La Mecque. (2) Rapporté par al-Bukhārī, n° 1834, dans le chapitre sur le djihād, sous la section de l'hégire après la conquête, et par Muslim, n° 1353, dans le chapitre sur le pèlerinage, section relative à l'interdiction de La Mecque, de sa chasse, de ses lieux déserts, de ses arbres et de ses fruits tombés, sauf pour celui qui s'y rend constamment, d'après un hadith d'Abd Allāh ibn ʿAbbās (que Dieu soit satisfait de lui). (3) Il s'agit de Muḥammad ʿUmar ibn Wāqid al-Aslamī, auteur des Magāzī, al-Wāqidī. Le hafiz Ibn Ḥajar dit dans « at-Taqrīb » (vol. 2, p. 194) : il est considéré comme peu fiable malgré l'étendue de son savoir, car sa chaîne de transmission est faible. (4) al-Iṣābah (vol. 1, p. 424). (5) ad-Dīwān (vol. 1, p. 405) et al-Iṣābah (vol. 1, p. 424) ; voici les premiers vers : « Ne dois-je pas transmettre un message à un Khuzāʿi... Car la trahison est effacée par la loyauté. » (6) Dans la copie A : « wa-kāna yawma’idhin alqā » (et ce jour-là, il lança), c’est une erreur de transcription. Nous avons conservé ce qui figure dans la copie T ainsi que dans al-Iṣābah (vol. 1, p. 425). (7) Dans la copie A : « al-najjādīn » avec un nūn, c’est une erreur de transcription. Nous avons opté pour ce qui figure dans al-Iṣābah (vol. 2, p. 338) ainsi que la forme « al-bajād », signifiant un vêtement rayé (selon al-Qāmūs : bjad).
قلت: وقد ذكر محمد بن إسحاق، ثم الواقدي، والبخاري، ثم البيهقي بعدهم، من الوفود ما هو مُتَقدم تاريخ قدومهم على سنة تسعٍ، بل وعلى فتح مكة. وقد قال الله تعالى: ﴿لَا يَسْتَوِي مِنْكُمْ مَنْ أَنْفَقَ مِنْ قَبْلِ الْفَتْحِ وَقَاتَلَ أُولَئِكَ أَعْظَمُ دَرَجَةً مِنَ الَّذِينَ أَنْفَقُوا مِنْ بَعْدُ وَقَاتَلُوا وَكُلًّا وَعَدَ اللَّهُ الْحُسْنَى﴾ [الحديد: ١٠] . وتقدم قوله ﷺ يوم الفتح (١) "لا هجرة ولكن جهاد ونية" (٢) ، فيجب التمييز بين السابق من هؤلاء الوافدين على زمن الفتح، ممن يُعدّ وفودُه هجرةً، وبينَ الّلاحقِ لهم بعدَ الفَتْحِ، ممَّن وعده الله خيرًا وحسنى. ولكن ليس في ذلك كالسابق له في الزمان والفضيلة، والله أعلم، على أن هؤلاء الأئمة الذين اعتنوا بإيراد الوفود، قد تركوا فيما أوردوه أشياءَ لم يذكروها. ونحن نورد بحمدِ الله ومَنّهِ ما ذكروه، ونُنَبِّه على ما يَنْبَغي التَّنْبيهُ عليه من ذلك، ونذكرُ ما وقعَ لنا ممّا أهْمَلُوه، إن شاء الله، وبه الثقةُ، وعليه التُّكلان. وقد قال محمد بن عمر الواقدي (٣) : حدّثنا كَثير بن عبد الله المُزني، عن أبيه، عن جده قال: كان أول من وفد على رسول الله ﷺ من مُضَرَ أربع مئة من مُزَيْنَة، وذاك في رجب سَنةَ خَمْسٍ، فجعل لهم رسول الله ﷺ الهجرةَ في دارهم، وقال: "أنتم مهاجرون حيث كنتم، فَارْجِعُوا إلى أموالكم" . فرَجعوا إلى بلادهم. ثم ذكر الواقديُّ عن هشام بن الكَلْبي بإسناده، أنّ أولَ منْ قَدِمَ من مُزَيْنَةَ خُزَاعيّ بن عبد نُهْم (٤) ومعه عشرة من قومه، فبايع رسول الله ﷺ على إسلام قومه. فلما رَجَع إليهم لم يَجدْهم كما ظنّ فيهم، فَتَأخَّروا عنه، فأمر رسول الله ﷺ حسانَ بن ثابتٍ أن يُعرّض بخُزَاعيّ من غير أن يهجوه، فذكر أبياتًا (٥) ، فلما بلغت خزاعيًا شكا ذلك إلى قومه، فجمعوا له، وأسلموا معه، وقدم بهم إلى رسول الله ﷺ ، فلما كان يوم الفتح دفع رسول الله ﷺ لواء مزينة -وكانوا يومئذ ألفًا- إلى خزاعيٍّ هذا (٦) . قال: وهو أخو عبد الله ذو البِجادين (٧) .
(١) أي فتح مكة. (٢) رواه البخاري رقم (١٨٣٤) في الجهاد، باب الهجرة بعد الفتح، ومسلم رقم (١٣٥٣) في الحج، باب تحريم مكة وصيدها وخلاها وشجرها ولقطتها إلا لمنشد على الدوام من حديث عبد الله بن عباس (رضي الله عنه) . (٣) هو محمد عمر بن واقد الأسلمي، صاحب المغازي، الواقدي، قال الحافظ ابن حجر في "التقريب" (٢/ ١٩٤): متروك مع سعة علمه، فإسناده ضعيف. (٤) الإصابة (١/ ٤٢٤). (٥) الديوان (١/ ٤٠٥) والإصابة (١/ ٤٢٤) وأول الأبيات: ألا أبلغ خُزاعيًا رسولًا … فإنّ الغدر يغسله الوفاء (٦) في نسخة أ: "وكان يومئذ ألقى" وهو تصحيف، وأثبتنا ما في نسخة ط، والإصابة (١/ ٤٢٥). (٧) في أ: "النجادين" بالنون وهو تصحيف، وأثبتنا ما في الإصابة (٢/ ٣٣٨) والبجاد كساء مخطط (القاموس: بجد).

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