Puis Gabriel vint à elle avec du coton, et il lui ordonna de le filer, et il l’instruisit. Il ordonna à Adam de tisser et lui apprit à tisser.
Il dit :
Adam n’eut pas de rapports avec sa femme au paradis avant d’en être chassé, à cause de la faute qui vint sur eux lorsqu’ils mangèrent de l’arbre.
Il dit :
Chacun d’eux dormait alors à part : l’un dormait dans la plaine et l’autre ailleurs, jusqu’à ce que Gabriel vînt à lui pour lui ordonner d’aller vers son épouse.
Il dit encore :
Et il (Gabriel) lui enseigna comment aller vers elle. Chaque fois qu’il allait vers elle, Gabriel venait et lui demandait : « Comment as-tu trouvé ton épouse ? » Il disait : « Bonne. » (1)
C’est un hadith étrange ; son élévation (au rang de hadith attribué directement au Prophète) est extrêmement contestable. Il se peut qu’il s’agisse de propos attribués à certains Anciens. Or, ce Sa‘îd ibn Maysara, c’est Abou ‘Imrân al-Bakri al-Basri. Al-Bukhârî a dit à son sujet (2) : « Il rapporte des hadiths réprouvés. » Ibn Hibbân (3) a dit : « Il transmet des récits inventés. » Et Ibn ‘Adiyy (4) a dit : « Sa situation est obscure. »
Quant à la parole du Très-Haut : « Puis Adam reçut de son Seigneur des mots, et Allah agréa son repentir ; c’est Lui certes, le Grand Accueillant au repentir, le Très Miséricordieux » (Coran 2, 37), on a dit qu’il s’agit de cette parole (Adam et Ève) : « Ô notre Seigneur ! Nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants » (Coran 7, 23). Cela a été rapporté de Mujâhid, Sa‘îd ibn Jubayr, Abou Al-‘Âliyah, Ar-Rabî‘ ibn Anas, Al-Hasan, Qatâdah, Muhammad ibn Ka‘b, Khâlid ibn Ma‘dân, ‘Atâ’ al-Khurâsânî et ‘Abd ar-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam (5).
Ibn Abî Hâtim a dit :
« Ali ibn al-Husayn ibn Ishkâb nous a rapporté, d’après ‘Alî ibn ‘âsim, d’après Sa‘îd ibn Abî ‘Arubah, d’après Qatâdah, d’après Al-Hasan, d’après Ubayy ibn Ka‘b, qui a dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : “Adam (– paix sur lui –) dit : ‘Ô Seigneur, si je me repens et reviens (à Toi), retournerai-je au Paradis ?’ Il répondit : ‘Oui.’” (6) C’est donc là le sens du verset : “Puis Adam reçut de son Seigneur des mots et Il agréa son repentir” (Coran 2, 37). »
Ce récit est toutefois étrange par cette chaîne de transmission, et il comporte une rupture.
Ibn Abî Najîh rapporte de Mujâhid :
Il dit : Les paroles (enseignées à Adam) furent : « Ô Allah, il n’est de divinité que Toi, Gloire à Toi et Louange à Toi. Ô mon Seigneur ! Je me suis fait du tort, pardonne-moi, car Tu es le Meilleur des Pardonneurs. Ô Allah, il n’est de divinité que Toi, Gloire à Toi et Louange à Toi. Ô mon Seigneur ! Je me suis fait du tort, pardonne-moi, car Tu es le Meilleur des Miséricordieux. Ô Allah, il n’est de divinité que Toi, Gloire à Toi et Louange à Toi. Ô mon Seigneur ! Je me suis fait du tort, accepte mon repentir, car Tu es Celui qui accueille pleinement le repentir, le Très Miséricordieux.” (7) »