J’ai dit : Ceci est attesté dans les « Deux Sahîh » (1). Il est également rapporté dans le hadith (2) que, lorsque le Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) pria sur elle et voulut l’enterrer, il déclara : « Que nul n’y entre s’il a eu des rapports avec son épouse cette nuit. » Son mari, ‘Uthmân, s’abstint donc pour cette raison, et ce fut Abou Talha al-Ansârî (– qu'Allah soit satisfait de lui –) qui procéda à son inhumation. Il est aussi possible que ce propos se soit adressé à ceux qui avaient pour tâche de creuser la fosse et d’enterrer, comme Abou ‘Ubayda, Abou Talha et ceux qui leur ressemblaient, en disant : « Que nul ne descende dans sa tombe parmi vous, s’il a eu des rapports avec son épouse. » Car il est peu probable que ‘Uthmân eût alors une autre épouse qu’Oum Koulthoum, la fille du Messager d’Allah (ﷺ), ce qui paraît éloigné. Allah sait mieux.
Au cours de la même année, le roi d’Ayla, les habitants de Jarbâ’ et d’Adhruh, ainsi que le seigneur de Dûmat al-Jandal, conclurent la paix avec le Prophète, comme cela a été éclairci précédemment à leurs sujets. Cette année-là également, la mosquée de « Dhirâr », érigée par un groupe d’hypocrites sous l’apparence d’un lieu de prière mais cachant une visée belliqueuse, fut détruite et incendiée sur ordre du Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –).
Pendant le Ramadan de cette année, la délégation de Thaqîf arriva, négocia la paix au nom de son peuple, retourna vers les siens sous la protection du Prophète, et l’idole al-Lât fut détruite, comme mentionné auparavant. La même année, ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, chef des hypocrites (3), que Dieu le maudisse, mourut vers la fin de l’année. Quelques mois plus tôt, mourut Mu‘âwiya ibn Mu‘âwiya al-Laythî – ou al-Muzanî – pour qui le Messager de Dieu (ﷺ) aurait accompli la prière funéraire alors qu’il se trouvait à Tabûk, si le récit en est authentique (4).
La même année, Abou Bakr (– qu'Allah soit satisfait de lui –), avec l’autorisation du Messager d’Allah (ﷺ), conduisit les croyants lors du pèlerinage (5). Dans cette même année vinrent la plupart des délégations des tribus arabes, c’est pourquoi la neuvième année est appelée « l’Année des Délégations ». Nous allons, à l’instar d’Al-Bukhârî et d’autres, en traiter séparément dans un ouvrage distinct.
[Ainsi s’achève la quatrième partie de l’ouvrage « Al-Bidâyah wa al-Nihâyah » de l’imâm, le grand hâfidh et historien Ibn Kathîr ad-Dimashqî (– qu'Allah lui fasse miséricorde –), selon notre propre répartition (6). La cinquième partie suit, et commence par le Kitâb al-Wufûd (le Livre des délégations) qui se présentèrent au Messager d’Allah (ﷺ).]