Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad, Abū Dāwūd et Ibn Mājah (1) ont rapporté, d’après le ḥadīth de ‘Abd Allāh ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn Ya‘lā aṭ-Ṭā’ifī, par ‘Uthmān ibn ‘Abd Allāh ibn Aws, qui le tenait de son grand-père Aws ibn Ḥudhayfah. Il dit : « Nous arrivâmes auprès du Messager de Dieu (ﷺ) comme membres de la délégation de Thaqīf. » Il poursuivit : « Les Aḥlāf (les clans alliés) furent hébergés chez al-Mughīrah ibn Shu‘bah, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) logea Banū Mālik dans une tente lui appartenant. Chaque nuit, après la prière du ‘ishā’, il venait nous rendre visite et nous parlait debout, au point qu’il alternait d’une jambe à l’autre à force de rester debout. Il nous racontait surtout ce qu’il avait enduré de la part de son peuple Quraysh. Puis il disait :

« Je n’oublie pas que nous étions faibles et humiliés à La Mecque. Lors de notre départ pour Médine, la guerre se déroulait entre eux et nous par coups successifs : parfois nous avions le dessus, et parfois c’était eux. »

Un soir, il tarda à venir à l’heure habituelle. Nous dîmes : « Tu es en retard ce soir. » Il répondit :

« Il m’est survenu une portion de récitation (ḥizb) du Coran, et je n’ai pas souhaité venir avant de l’avoir achevée. »

Aws dit : « J’ai interrogé les Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) sur la manière dont ils répartissaient le Coran en portions. » Ils répondirent : « Trois (ajzā’), puis cinq, puis sept, puis neuf, puis onze, puis treize, et enfin le ḥizb du mufaṣṣal (2) à lui seul. » C’est la version transmise par Abū Dāwūd.

Ibn Isḥāq (3) rapporte : « Quand ils eurent accompli leur mission et regagné leur contrée, le Messager de Dieu (ﷺ) envoya avec eux Abū Sufyān ibn Ḥarb et al-Mughīrah ibn Shu‘bah pour détruire la “ṭāghiyah” (l’idole adorée). Ils partirent donc avec la délégation. Lorsqu’ils arrivèrent à Ṭā’if, al-Mughīrah voulut faire passer Abū Sufyān en premier, mais celui-ci refusa en disant : “Entre toi-même auprès de ton peuple.” Abū Sufyān s’installa alors avec ses biens à Dhū l-Harm. »

« Quand al-Mughīrah arriva auprès de l’idole, il se mit à la frapper avec un marteau, tandis que les siens, Banū Ma‘tib, se tenaient autour de lui, de peur qu’on ne le blesse par une flèche, comme ‘Urwah ibn Mas‘ūd l’avait été autrefois. » Il poursuit : « Les femmes de Thaqīf sortirent tête découverte, en pleurs, et disaient : “Vous allez pleurer la défaillante (l’idole), confiée à de mauvais nourriciers, qui ne surent pas la défendre !” »

Ibn Isḥāq (4) rapporte également : « Tandis qu’Abū Sufyān et al-Mughīrah la démolissaient à coups de hache, ils disaient : “Pauvre de toi, ta destruction est venue !” Lorsque al-Mughīrah eut démoli l’idole et s’empara de ses biens et de ses ornements, il envoya chercher Abū Sufyān et lui dit : “Le Messager de Dieu nous a ordonné de régler la dette contractée par ‘Urwah ibn Mas‘ūd et son frère al-Aswad ibn Mas‘ūd, le père de Qārib ibn al-Aswad, au moyen des biens de cette idole.” Il paya donc leurs dettes. »

L’auteur (le rapporteur) ajoute : « Al-Aswad était mort en état de mécréance, mais le Messager de Dieu avait ordonné cela par bienveillance et pour honorer son fils Qārib ibn al-Aswad (qu’Allāh lui accorde Sa bienveillance). »

Mūsā ibn ‘Uqbah (5) rapporte que le nombre des délégués de Thaqīf s’élevait à une dizaine d’hommes environ. À leur arrivée, le Messager de Dieu les fit installer dans la mosquée pour qu’ils écoutent le Coran. Ils l’interrogèrent sur l’usure, la fornication et le vin, et il leur en interdit formellement tout usage. Puis ils l’interrogèrent au sujet de l’idole (ar-Rabbah) : qu’allait-il en faire ?

(1) Rapporté par Ahmad dans « Al-Musnad » (4/9 et 343), Abū Dāwūd n° 1393 et Ibn Mājah n° 1345, dont la chaîne de transmission est faible. (2) Al-Hāfiẓ Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī déclare dans « Fatḥ al-Bārī » (2/259) : « La section « al-Mufaṣṣal » du Coran commence, selon l'avis correct, de la sourate « Qāf » jusqu'à la fin du Coran, elle est appelée « al-Mufaṣṣal » en raison de la fréquence des séparations entre ses sourates par la formule de la bismillah. » (3) Voir « As-Sīrah an-Nabawiyyah » d'Ibn Hishām (2/541). (4) Voir « As-Sīrah an-Nabawiyyah » d'Ibn Hishām (2/542). (5) Voir « Dalāʾil an-Nubuwwah » d'al-Bayhaqī (5/300).
وروى الإمام أحمد وأبو داود وابن ماجه (١) ، من حديث عبد الله بن عبد الرحمن بن يعلى الطائفيِّ، عن عثمان بن عبد الله بن أوسٍ، عن جدِّه أوس بن حذيفة قال: قدمنا على رسول الله ﷺ في وفد ثقيفٍ. قال: فنزِّلت الأحلاف على المغيرة بن شعبة، وأنزل رسول الله ﷺ بني مالكٍ في قبَّةٍ له، كلَّ ليلةٍ يأتينا بعد العشاء يحدِّثنا قائمًا على رجليه، حتى يراوح بين رجليه من طول القيام فأكثر ما يحدِّثنا ما لقي من قومه من قريشٍ، ثم يقول: "لا أنسى وكنا مستضعفين مستذلِّين بمكة، فلما خرجنا إلى المدينة كانت سِجال الحرب بيننا وبينهم، نُدال عليهم ويُدالون علينا" . فلما كانت ليلةٌ أبطأ عن الوقت الذي كان يأتينا فيه، فقلنا: لقد أبطأت عنَّا الليلة. فقال: "إنه طرأ عليَّ حزبي من القرآن، فكرهت أن أجيءَ حتى أتمَّه" . قال أوسٌ: سألت أصحاب رسول الله ﷺ كيف تحزِّبون القرآن؟ فقالوا: ثلاثٌ، وخمسٌ، وسبعٌ، وتسعٌ، وإحدى عشرة، وثلاث عشرة، وحزب المفصَّل (٢) وحده، لفظ أبي داود. قال ابن إسحاق (٣) : فلما فرغوا من أمرهم وتوجَّهوا إلى بلادهم راجعين، بعث رسول الله ﷺ معهم أبا سفيان بن حربٍ والمغيرة بن شعبة في هدم الطاغية، فخرجا مع القوم، حتى إذا قدموا الطائف أراد المغيرة أن يقدِّم أبا سفيان، فأبى ذلك عليه أبو سفيان وقال: ادخل أنت على قومك. وأقام أبو سفيان بماله بذي الهرْم، فلما دخل المغيرة علاها يضربها بالمعول، وقام قومه بنو معتِّبٍ دونه؛ خشية أن يُرمى أو يصاب كما أصيب عروة بن مسعودٍ. قال: وخرج نساء ثقيفٍ حُسَّرًا يبكين عليها، ويقلن: لتُبكينَّ دفَّاع، أسلمها الرُّضَّاع، لم يحسنوا المِصاع. قال ابن إسحاق (٤) : ويقول أبو سفيان والمغيرة يضربها بالفأس: واهًا لكِ إهلاككِ. فلما هدمها المغيرة وأخذ مالها وحُلِيَّها أرسل إلى أبي سفيان وقال له: إن رسول الله قد أمرنا أن نقضي عن عروة بن مسعودٍ وأخيه الأسود بن مسعودٍ، والد قارب بن الأسود، دَيْنهما من مال الطاغية. فقضى ذلك عنهما. قلت: كان الأسود قد مات مشركًا، ولكن أمر رسول الله بذلك تأليفًا وإكرامًا لولده قارب بن الأسود، (رضي الله عنه) . وذكر موسى بن عقبة (٥) أن وفد ثقيفٍ كانوا بضعة عشر رجلًا، فلما قدموا أنزلهم رسول الله المسجد ليسمعوا القرآن، فسألوه عن الربا والزنى والخمر، فحرَّم عليهم ذلك كلَّه، فسألوه عن الرَّبَّة ما هو صانعٌ
(١) رواه أحمد في "المسند" (٤/ ٩ و ٣٤٣) وأبو داود رقم (١٣٩٣) وابن ماجه رقم (١٣٤٥)، وإسناده ضعيف. (٢) قال الحافظ ابن حجر العسقلاني في "فتح الباري" (٢/ ٢٥٩): "المفصل من القرآن الكريم هو من سورة ﴿ق﴾ إلى آخر القرآن على الصحيح، وسمي مفصلًا لكثرة الفصل بين سوره بالبسملة". (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٥٤١). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٥٤٢). (٥) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٥/ ٣٠٠).

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