« En vérité, Dieu a accepté le repentir du Prophète, des Émigrés (Al-Muhâjirîn) et des Auxiliaires (Al-Ansâr)… jusqu’à Sa parole : “et (Il a pardonné) aux trois qui avaient été laissés en arrière…”, jusqu’à la fin (du verset) [Coran 9 : 117-118]. De même, ‘Atiyya ibn Sa‘d al-‘Awfî l’a rapporté, d’après Ibn ‘Abbâs, en des termes similaires.
Sa‘îd ibn Al-Musayyib, Mujâhid et Muhammad ibn Ishâq (1) ont relaté l’histoire d’Abû Lubâba et ce qui lui advint le jour de Banû Qurayza : il s’attacha lui-même (en guise de repentir) jusqu’à ce qu’il fût absous. Puis, il resta également en arrière lors de l’expédition de Tabûk et, de nouveau, se lia à un pilier jusqu’à ce que Dieu l’absolve. Il voulut alors se défaire de tous ses biens en aumône, mais le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui dit : « Le tiers (de tes biens) te suffit. »
Mujâhid et Ibn Ishâq ont indiqué que c’est à son propos que fut révélée cette parole : « Et d’autres ont reconnu leurs péchés… » (Coran 9 : 102). Sa‘îd ibn Al-Musayyib déclara : « Ensuite, on ne vit plus de sa part, en islam, que du bien. » Qu’Allah l’agrée et l’en récompense. Je (le rapporteur) dis : Il est possible que ces trois hommes n’aient pas mentionné le reste de ceux qui se trouvaient avec lui, se contentant de souligner qu’il était comme leur porte-parole, comme l’indique le récit d’Ibn ‘Abbâs. Dieu est plus savant.
Al-Bayhaqî (2) a rapporté, par la voie d’Abû Ahmad az-Zubayrî, d’après Sufyân ath-Thawrî, par Sâlama ibn Kuhayl, d’après ‘Iyâdh ibn ‘Iyâdh, d’après son père, d’après Abû Mas‘ûd : « Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) nous fit un prône et dit : “Il y a parmi vous des hypocrites. Que se lève celui que je nomme : Lève-toi, untel ! Lève-toi, untel ! Lève-toi, untel !”, jusqu’à en compter trente-six. Puis il dit : “Il y a parmi vous — ou bien : Il est possible que certains d’entre vous soient — des hypocrites ; implorez donc Dieu de vous accorder la préservation.” » Abû Mas‘ûd poursuit : « ‘Umar passa devant un homme au visage couvert, qu’il connaissait, et lui demanda la raison de son état. Il lui répondit ce que venait de dire le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Alors ‘Umar s’exclama : “Périsse ta journée tout entière !” »
Je dis : Ceux qui s’étaient abstenus de prendre part à l’expédition de Tabûk se répartissaient en quatre catégories : ceux qui y avaient été autorisés et récompensés, comme ‘Alî ibn Abî Tâlib, Muhammad ibn Maslama ou Ibn Umm Maktûm ; ceux qui en étaient excusés, à savoir les faibles, les malades et les plus démunis (dits ‘al-bakkâ’ûn’) ; des désobéissants pécheurs, au nombre desquels se trouvaient les “trois” et Abû Lubâba avec ses compagnons mentionnés ; enfin, d’autres encore, blâmables et critiquables, à savoir les hypocrites.
[Évocation de ce qui survint après le retour du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) à Médine au terme de l’expédition de Tabûk]
Al-Bayhaqî (3) a dit : « Abû ‘Abd Allâh al-Hâfiz nous raconta lors d’un cours dicté, Abû al-‘Abbâs Muhammad ibn Ya‘qûb nous informa, Abû al-Bakhtarî ‘Abd Allâh ibn [Muhammad ibn] Shâkir nous transmit, Zakariyyâ ibn Yahyâ nous rapporta, de la part de l’oncle de Abû Zahr ibn… »