Kaʿb rapporta : « Nous, les trois (compagnons), étions restés en arrière par rapport à l’ordre donné à ceux dont le Messager d’Allah (ﷺ) avait accepté le serment, puis pour lesquels il avait imploré le pardon. Il a différé notre cas jusqu’à ce qu’Allah en décide. À ce sujet, Allah, Exalté soit-Il, dit : «…et [Il fit miséricorde] aux trois qui avaient été laissés en arrière…» (At-Tawba, 9 : 118). Ce n’est pas parce que nous avions été laissés en arrière lors de l’expédition, mais plutôt parce qu’Allah nous avait différés et reporté notre jugement, contrairement à ceux qui s’étaient excusés et à qui le Prophète (ﷺ) avait accordé son pardon. »
C’est ainsi que Muslim (1) le rapporta également par la chaîne de transmission d’Az-Zouhri, dans des termes voisins. Muhammad ibn Isḥāq (2) l’a également rapporté d’Az-Zouhri, avec un récit proche de celui consigné par Al-Bukhârî. Nous l’avons également retranscrit dans le « Tafsîr » (3) et dans le « Musnad de l’imam Aḥmad » (4), avec quelques ajouts légers. Louange à Allah et reconnaissance de Sa grâce.
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Mention de certains individus qui se sont abstenus (de partir au combat), parmi les pécheurs, en dehors de ceux-ci :
ʿAlî ibn Ṭalḥa al-Walabî rapporta, d’après Ibn ʿAbbâs, à propos de la parole d’Allah : « Et d’autres ont reconnu leurs péchés ; ils ont mêlé une bonne action à une autre mauvaise ; peut-être Allah agréera-t-Il leur repentir, car Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux » (At-Tawba, 9 : 102). Ibn ʿAbbâs dit : « Ils étaient dix hommes qui ne suivirent pas le Messager d’Allah (ﷺ) lors de l’expédition de Tabûk. Au moment de son retour, sept d’entre eux s’attachèrent aux colonnes de la Mosquée. Or, le Prophète (ﷺ) passait toujours par là en rentrant. Quand il passa devant eux, il demanda : “Qui sont ceux-là ?” On lui répondit : “C’est Abû Lubâba et d’autres qui se sont abstenus de te suivre. Ils restent ainsi jusqu’à ce que tu les libères et leur accordes ton pardon.” Il dit alors : ‘Par Allah, je ne les libérerai pas et ne leur pardonnerai pas tant qu’Allah, Exalté soit-Il, ne les aura pas libérés, car ils se sont détournés de moi et se sont abstenus de partir au combat avec les musulmans.’ Lorsqu’ils l’apprirent, ils déclarèrent : ‘Nous non plus, nous ne nous détacherons pas tant qu’Allah ne nous aura pas libérés.’ »
Alors Allah, Exalté soit-Il, fit descendre : « Et d’autres ont reconnu leurs péchés… » (At-Tawba, 9 : 102). La formule « peut-être » (عَسَى) lorsqu’elle est employée par Allah indique l’assurance. Quand ce verset fut révélé, le Messager d’Allah (ﷺ) envoya quelqu’un les libérer et leur accorder son pardon. Ils vinrent ensuite avec leurs biens en disant : “Ô Messager d’Allah, voici nos biens, donne-les en aumône en notre nom, et implore pour nous le pardon.” Il répondit : “Je n’ai pas été ordonné de prendre vos biens.” » C’est alors qu’Allah révéla : « Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux ; car ta prière est pour eux une quiétude. Allah est Audient et Omniscient » jusqu’à Sa parole : « Et il en est d’autres qui attendent la décision d’Allah : soit Il les châtiera, soit Il leur accordera Son pardon » (At-Tawba, 9 : 103-106). Ceux-là étaient ceux qui ne s’étaient pas attachés aux colonnes ; leur cas fut donc différé, jusqu’à ce que fût révélée la parole d’Allah, Exalté soit-Il…»