Abû ‘Arubah a rapporté, d’après Qatâdah, d’après al-Hasan, d’après Ubayy ibn Ka‘b, qui a dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « En vérité, Allah créa Adam comme un homme de grande taille, à la chevelure abondante, tel un grand palmier. Lorsqu’il goûta à l’arbre, son vêtement tomba de lui, et la première chose qui se révéla fut sa nudité. Lorsqu’il vit sa nudité, il se mit à courir dans le Paradis, et une branche s’accrocha à ses cheveux ; il lutta contre elle. Alors, le Tout-Miséricordieux (– glorifié soit Sa majesté –) l’appela : “Ô Adam ! Fuis-tu loin de Moi ?” Lorsqu’il entendit la Parole du Tout-Miséricordieux, il répondit : “Non, ô mon Seigneur ! Mais c’est la pudeur.” » (1)
Ath-Thawrî a dit, d’après Ibn Abî Laylâ, d’après al-Minhâl ibn ‘Amr, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, à propos de la parole divine : « Et ils se mirent à se couvrir tous deux avec les feuilles du Paradis » [al-A‘râf : 22] : il s’agit, selon lui, de feuilles de figuier (2). Cette chaîne de transmission est authentique jusqu’à lui. Cela semble provenir des Gens du Livre, tandis que le sens apparent du verset est plus général que cela. Même si l’on reconnaissait cette précision, elle ne prête pas à conséquence. Et Allah, exalté soit-Il, sait mieux.
L’historien Ibn ‘Asâkir rapporta, par la chaîne de transmission de Muhammad ibn Ishâq, d’al-Hasan ibn Dhakwân, d’al-Hasan al-Basrî, d’Ubayy ibn Ka‘b, qui a dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Votre père Adam était tel un grand palmier, haut de soixante coudées, à la chevelure abondante recouvrant sa nudité. Lorsqu’il commit la faute dans le Paradis, ses parties intimes se révélèrent, et il en sortit. Sur son chemin, un arbre l’attrapa par les cheveux. Alors, son Seigneur l’interpella : “Ô Adam, fuis-tu loin de Moi ?” Il répondit : “Non, par Dieu, mon Seigneur, mais par pudeur pour ce que j’ai fait.” » (3)
Puis il le rapporta également par la chaîne de Sa‘îd ibn Abî ‘Arubah, d’après Qatâdah, d’après al-Hasan, d’après ‘Utay ibn Damrah, d’après Ubayy ibn Ka‘b, d’après le Prophète (ﷺ), avec un contenu similaire. C’est plus authentique, en effet al-Hasan n’a pas rencontré Ubayy. Il le mentionna ensuite également par la chaîne de Khaythamah ibn Sulaymân al-Itrâblusî, de Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb Abû Qirsâfah al-‘Asqalânî, d’Adam ibn Abî Iyyâs, de Shaybân, de Qatâdah, d’Anas, avec un texte proche du précédent (4).
« Et leur Seigneur les appela : “Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Ne vous avais-Je pas dit que le Diable est pour vous un ennemi déclaré ?” Ils dirent : “Ô notre Seigneur, nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants.” » [al-A‘râf : 22-23] Ceci est un aveu et un repentir, un retour sincère à Allah, marqués par l’humilité, la soumission et la prise de conscience de leur dépendance à Son égard, à cet instant même. Et ce secret, lorsqu’il imprègne l’un de leurs descendants, finit toujours par l’orienter vers le bien ici-bas et dans l’au-delà.
« Il dit : “Descendez, ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur Terre séjour et jouissance pour un certain temps.” » [al-A‘râf : 24] Cette injonction s’adresse à Adam, Ève et Iblîs. Certains disent que le Serpent en faisait partie ; ils reçurent l’ordre de descendre du Paradis en état d’inimitié et de combat mutuel. L’on peut d’ailleurs appuyer la présence du Serpent par ce qui est rapporté du Messager d’Allah (ﷺ) ordonnant de tuer les serpents.