Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Ne t’ai-je pas dit, ô Bilal, de veiller à l’aube pour nous ? »

Bilal répondit : « Ô Messager de Dieu, j’ai été emporté par le sommeil comme toi. »

Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se déplaça alors de son endroit, non loin de là, puis il accomplit la prière. Il voyagea ensuite le reste de la journée et de la nuit, jusqu’à ce qu’il atteigne Taboûk au matin. Puis il loua Dieu et Le glorifia comme Il en est digne, avant de dire :

« Ô gens, après cela… La parole la plus véridique est le Livre de Dieu. La corde la plus solide est la parole de la piété. La meilleure religion est la religion d’Ibrâhîm (Abraham). La meilleure voie est la voie de Muhammad. La plus noble des propos est la mention d’Allâh. Le plus beau récit est celui du Coran. Les meilleures affaires sont celles menées avec résolution. Les pires affaires sont celles qui sont inventées (en religion). Le meilleur cheminement est celui des prophètes. La plus noble mort est la mort en martyr. La pire cécité est l’égarement après la guidée. Les meilleures œuvres sont celles qui sont utiles. La meilleure voie à suivre est celle qui est effectivement adoptée. Le pire aveuglement est l’aveuglement du cœur. La main qui donne est meilleure que celle qui reçoit. Ce qui est peu mais suffisant est préférable à ce qui est abondant et distrayant. La plus mauvaise excuse est celle qui survient à l’approche de la mort, et le pire des regrets est celui du Jour de la Résurrection. Parmi les gens, certains ne viennent à la prière du vendredi qu’avec retard, et parmi eux, certains ne se rappellent Dieu que très rarement. Parmi les péchés les plus graves, figure la langue mensongère. La meilleure richesse est la richesse de l’âme. La meilleure provision est la piété. Le fondement de la sagesse est la crainte de Dieu (Exalté soit-Il). Le meilleur de ce qui s’établit dans le cœur est la certitude, tandis que le doute relève de la mécréance. Les lamentations funèbres excessives relèvent des pratiques de l’époque de l’ignorance (jâhiliyyah). Le détournement illicite de butin (al-ghulûl) mène aux bas-fonds de l’Enfer. La poésie est inspirée par Iblîs. Le vin est la source des péchés. Les femmes sont les pièges du diable. La jeunesse est une branche de la folie. Le pire des gains est celui issu de l’usure. Le pire des aliments est celui pris dans le bien de l’orphelin. L’homme heureux est celui qui se laisse avertir par ce qui advient aux autres, tandis que le malheureux est celui qui est décrété malheureux dès le sein de sa mère. L’un de vous n’aura pour ultime demeure qu’un carré de quatre coudées. Au final, tout revient à l’au-delà et la valeur de toute action dépend de sa conclusion. Le pire témoignage est le témoignage mensonger. Toute chose (attendue) est proche. Insulter le croyant est une perversité, et le combattre est une forme de mécréance. Manger sa chair (le médire) est une désobéissance envers Dieu. Son bien est aussi sacré que son sang. Celui qui jure faussement au nom de Dieu, Dieu le traitera de menteur. Celui qui demande pardon à Dieu, Dieu lui pardonne. Celui qui fait preuve de clémence, Dieu sera clément envers lui. Celui qui réprime sa colère, Dieu le récompensera. Celui qui patiente face à une calamité, Dieu le dédommagera. Celui qui agit pour la renommée, Dieu le fera connaître selon son dessein. Celui qui tient bon patiemment, Dieu multipliera sa récompense. Celui qui désobéit à Dieu, Dieu le châtiera. Ô Dieu, pardonne-moi ainsi qu’à ma communauté ! Ô Dieu, pardonne-moi ainsi qu’à ma communauté ! Ô Dieu, pardonne-moi ainsi qu’à ma communauté ! »

Il répéta cela trois fois, puis déclara : « Je demande à Dieu de me pardonner, ainsi qu’à vous. »

C’est un hadith rare (gharîb), comportant des éléments contestables (nakârah), et sa chaîne de transmission est faible. Dieu le Très-Haut sait mieux ce qu’il en est en vérité.

Abou Dâoûd (1) a dit : « Aḥmad ibn Saʿîd al-Hamdânî et Sulaymân ibn Dâoûd nous ont rapporté : Ibn Wahb m’a informé, Maʿâwiyah m’a informé, d’après Saʿîd ibn Ghazwân, d’après son père, qu’il descendit à Taboûk alors qu’il accomplissait le pèlerinage, et il y trouva un homme paralysé. Il l’interrogea sur sa situation et celui-ci lui expliqua : “Je vais te raconter un récit, mais ne le transmet pas tant que tu m’entendras en vie. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) fit halte à Taboûk près d’un palmier et dit : ‘Voici notre qibla.’ Puis il pria en sa direction. Alors que j’étais un jeune garçon, je m’approchai en courant, passant entre lui et le palmier. Il dit alors : ‘Il a interrompu notre prière, qu’Allâh rompe son élan.’ Depuis lors, je ne suis pas parvenu à me lever.’” »

Abou Dâoûd (2) le rapporta ensuite d’après Saʿîd ibn ʿAbd al-ʿAzîz al-Tanûkhî, d’après l’affranchi de Yazîd ibn Numrân, d’après Yazîd ibn

(1) Rapporté par Abū Dāwūd, n° 707, dont la chaîne de transmission est faible. (2) Rapporté par Abū Dāwūd, n° 705, dont la chaîne de transmission est faible.
"ألم أقل لك يا بلال: اكلأ لنا الفجر؟ " فقال: يا رسول الله، ذهب بي من النوم مثل الذي ذهب بك. قال: فانتقل رسول الله ﷺ من منزله غير بعيدٍ، ثم صلّى وسار بقية يومه وليلته، فأصبح بتبوك، فحمد الله وأثنى عليه بما هو أهله، ثم قال: "أيها الناس، أما بعد؛ فإن أصدق الحديث كتاب الله، وأوثق العُرى كلمة التَّقوى، وخير الملل ملة إبراهيم، وخير السُّنن سنة محمدٍ، وأشرف الحديث ذكر الله، وأحسن القصص هذا القرآن، وخير الأمور عوازمها، وشرَّ الأمور محدثاتها، وأحسن الهدي هدي الأنبياء، وأشرف الموت قتل الشهداء، وأعمى العمى الضلالة بعد الهدى، وخير الأعمال ما نفع، وخير الهدي ما اتُّبع، وشرُّ العمى عمى القلب، واليد العليا خيرٌ من اليد السُّفْلَى، وما قلَّ وكفى خيرٌ مما كثر وألهى، وشرَّ المعذرة حين يحضر الموت، وشرَّ النَّدامة يوم القيامة، ومن الناس من لا يأتي الجمعة إلا دُبْرًا، ومن الناس من لا يذكر الله إلا هَجرًا، ومن أعظم الخطايا اللسان الكذّاب، وخير الغنى غنى النفس، وخير الزاد التقوى، ورأس الحكمة مخافة الله، – Exalté soit-Il – ، وخير ما وقر في القلوب اليقين، والارتياب من الكفر، والنِّياحة من عمل الجاهليَّة، والغلول من جثى جهنم، والشعر من إبليس، والخمر جماع الإثم، والنساء حبائل الشيطان، والشباب شعبةٌ من الجنون، وشرَّ المكاسب كسب الرِّبا، وشرَّ المآكل أكل مال اليتيم، والسعيد من وعظ بغيره، والشقيَّ من شقي في بطن أمِّه، وإنما يصير أحدكم إلى موضع أربعة أذرعٍ، والأمر إلى الآخرة، وملاك العمل خواتمه، وشرَّ الرَّوايا روايا الكذب، وكلَّ ما هو آتٍ قريبٌ، وسِباب المؤمن فسوق، وقتال المؤمن كفرٌ، وأكل لحمه من معصية الله، وحرمة ماله كحرمة دمه، ومن يتألَّ على الله يكذبه، ومن يستغفره يغفر له، ومن يعف يعف الله عنه، ومن يكظم يأجره الله، ومن يصبر على الرَّزيَّة يعوِّضه الله، ومن يبتغ السُّمعة يسمِّع الله به. ومن يصبر يضعِّف الله له، ومن يعص الله يعذِّبه الله، اللهمَّ اغفر لي ولأمتي، اللهم اغفر لي ولأمتي، اللهمَّ اغفر لي ولأمتي" . قالها ثلاثًا، ثم قال: "أستغفر الله لي ولكم" . وهذا حديثٌ غريبٌ، وفيه نكارةٌ، وفي إسناده ضعفٌ، والله تعالى أعلم بالصواب. وقال أبو داود (١) : ثنا أحمد بن سعيدٍ الهْمدانيُّ، وسليمان بن داود قالا: أخبرنا ابن وهبٍ، أخبرني معاوية، عن سعيد بن غَزْوَان، عن أبيه أنه نزل بتبوك وهو حاجٌّ، فإذا رجلٌ مقعدٌ، فسأله عن أمره فقال: سأحدِّثك حديثًا، فلا تحدِّث به ما سمعت أنِّي حيٌّ؛ إنَّ رسول الله ﷺ نزل بتبوك إلى نخلةٍ فقال: "هذه قبلتنا" . ثم صلَّى إليها. قال: فأقبلتُ وأنا غلامٌ أسعى، حتى مررت بينه وبينها، فقال: "قطع صلاتنا قطع الله أثره" . قال: فما قمت عليها إلى يومي هذا. ثم رواه أبو داود (٢) من حديث سعيدٍ بن عبد العزيز التَّنوخيِّ، عن مولى ليزيد بن نمران، عن يزيد بن
(١) رواه أبو داود رقم (٧٠٧)، وإسناده ضعيف. (٢) رواه أبو داود رقم (٧٠٥)، وإسناده ضعيف.

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