Il pressait alors le contenu de la panse et en buvait, puis il en déposait le reste sur son foie. Abou Bakr As-Siddîq déclara : « Ô Messager d’Allah, Dieu t’a habitué à accorder de bonnes choses quand tu L’invoques ; invoque donc Dieu pour nous. » Le Prophète répondit : « Le souhaites-tu ? » Il dit : « Oui. » Le Prophète leva alors les mains vers le ciel, et ne les abaissa pas tant que le ciel ne se manifesta pas : un nuage se forma, puis lâcha la pluie. Ils purent ainsi remplir tous leurs récipients ; quand nous sommes allés vérifier, nous n’avons pas constaté que cette pluie eût dépassé la zone du camp. Sa chaîne de transmission est jugée fiable, et cette version n’a pas été rapportée par un autre biais.
Ibn Ishâq (1) a rapporté, d’après ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda, d’après des hommes de sa propre tribu, que ces faits eurent lieu lorsqu’ils se trouvaient à Al-Hijr. Ils dirent alors à l’un d’entre eux qui était hypocrite : « Malheur à toi ! Après tout cela, peux-tu encore douter ? » Il répliqua : « Ce n’était qu’un nuage de passage. » On rapporte qu’un jour, la chamelle du Messager de Dieu (ﷺ) s’était égarée, et qu’on partit à sa recherche. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors à ‘Amâra ibn Hazm Al-Ansârî — qui se trouvait auprès de lui : « Un homme a déclaré : “Voici Mohamed, qui prétend être Prophète et vous rapporter des informations du ciel, alors qu’il ne sait même pas où est sa chamelle.” Par Dieu, je n’ai de connaissance que celle que Dieu me révèle ; et Il m’a bel et bien informé de l’endroit où elle se trouve : elle est dans le vallon, retenue par son licou agrippé à un arbre.” » Ils s’y rendirent, retrouvèrent la chamelle et la ramenèrent. ‘Amâra revint alors à sa tente et raconta ce que le Messager de Dieu (ﷺ) avait révélé au sujet de cet homme. Quelqu’un parmi les personnes présentes dit : « C’est Zayd ibn al-Lusayt qui a tenu de tels propos. Il fréquentait la tente de ‘Amâra avant ton arrivée. » Alors ‘Amâra s’adressa à Zayd, le saisit par le cou en s’exclamant : « Tu étais un fléau parmi mes gens et je n’en savais rien ! Sors d’ici, ô ennemi de Dieu. Je ne veux plus te côtoyer. » Certains affirment que Zayd se repentit, tandis que d’autres soutiennent qu’il persista ainsi jusqu’à sa mort.
Al-Hâfidh Al-Bayhaqî (2) a dit : « Nous avons rapporté de la part d’Ibn Mas’oud une anecdote semblable à celle de la chamelle. » Puis il rapporta, d’après Al-A‘mash — et l’Imam Ahmad (3) a aussi transmis ce récit par l’intermédiaire d’Abou Mou‘âwiya, d’Al-A‘mash, d’Abou Sâlih, d’après Abou Hourayra ou d’après Abou Sa‘îd Al-Khoudrî (Al-A‘mash en était incertain) — ce qui suit :
Lorsque survint le jour de l’expédition de Tabouk, les gens furent frappés par la faim. Ils suggérèrent : « Ô Messager d’Allah, si tu nous permets d’abattre nos chameaux de bât, nous pourrons nous nourrir et tirer de la graisse. » Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : « Faites-le. » C’est alors qu’Omar intervint : « Ô Messager d’Allah, si tu fais cela, il ne nous restera plus suffisamment de montures. Mais convoque plutôt tout le monde à apporter le reste de ses provisions et invoque Allah pour qu’Il y mette Sa bénédiction. Peut-être Dieu y fera-t-Il abonder la subsistance. » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Oui, que l’on étende donc une natte. » On y déposa alors les petites quantités de victuailles qui restaient çà et là : l’un vint avec une poignée de grains, un autre avec un peu de dattes, un troisième avec un quignon de pain, jusqu’à ce qu’on en ait rassemblé une modeste quantité. Puis le Messager de Dieu (ﷺ) invoqua la bénédiction d’Allah sur ces provisions. Ensuite, il dit à la foule : « Prenez-en et remplissez vos sacs. » Tout le monde s’exécuta, si bien qu’on ne laissa plus un seul sac dans tout le camp sans le remplir ; ils mangèrent à satiété, et il en resta même encore. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : « Je témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah. Quiconque rencontre Allah sans en douter ne sera pas écarté du Paradis. »
Ce hadith est rapporté par Mouslim (4) d’après Abou Kourayb, lui-même le tenant d’Abou Mou‘âwiya, d’Al-A‘mash.