Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Issus de la tribu des Azd, on préleva la jizya sur les mages (zoroastriens) de leur contrée et sur les Bédouins vivant aux alentours. Il fut dit : « Durant cette même année, le Messager d’Allah (ﷺ) épousa Fâtima bint adh-Dahhâk ibn Sufyân al-Kilâbî au mois de Dhû al-Qa‘da. Celle-ci chercha refuge contre lui (ﷺ), et il se sépara d’elle. D’autres rapportent plutôt qu’il la mit devant le choix et qu’elle préféra la vie d’ici-bas, ce qui aboutit à leur séparation. »

Il fut également dit : « Au mois de Dhû al-Ḥijja de cette année, Ibrâhîm fils du Messager d’Allah (ﷺ) naquit de Mâriya la Copte. Les Mères des Croyants en conçurent une vive jalousie lorsqu’elle donna naissance à un garçon. Sa sage-femme fut Salmâ, servante du Messager d’Allah (ﷺ). Elle sortit informer Abû Râfi‘, qui partit aussitôt annoncer la nouvelle au Messager d’Allah (ﷺ). Celui-ci lui fit don d’un esclave. Puis, le Messager d’Allah (ﷺ) remit l’enfant à Umm Burda bint al-Mundhir ibn Zayd ibn Khudâsh ibn ‘Âmir ibn Ghanm ibn ‘Adî ibn an-Najjâr, elle-même mariée à al-Barâ’ ibn Aws ibn Khâlid ibn al-Ja‘d ibn ‘Awf ibn Mabdhûl. »

Durant cette même période, on relate aussi la mort de ceux que nous avons cités parmi les martyrs lors de ces événements. Nous avons déjà mentionné la destruction, par Khâlid ibn al-Walîd, de l’édifice consacré à la déesse al-‘Uzzâ à Nakhlah, entre La Mecque et Tâ’if, survenue cinq jours avant la fin du mois de Ramaḍân de cette année-là.

Al-Wâqidî rapporta : « Au cours de cette même année, Sûwâ‘ — que la tribu Hudhayl adorait à Ruhât — fut détruit par ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée), sans que l’on y découvre quoi que ce fût dans sa trésorerie. Par ailleurs, la statue de Manât, vénérée à al-Mushallal par les Anṣâr, aussi bien Aws que Khazraj, fut également démolie par Sa‘d ibn Zayd al-Ashhalî (qu’Allah l’agrée). »

Nous avons déjà présenté, dans le commentaire de la « Sourate An-Najm » (1), un exposé détaillé à ce sujet, et plus précisément au verset : « Avez-vous donc vu al-Lât et al-‘Uzzâ (19) ainsi que Manât, la troisième ? » [An-Najm (53) : 19-20].

J’ajoute que l’Imâm al-Bukhârî, après avoir mentionné la conquête de La Mecque, rapporte l’histoire de la destruction, par la tribu Khaṯ‘am, de la maison qu’ils adoraient et appelaient la “Ka‘ba yéménite”, en imitation de la Ka‘ba de La Mecque, qu’ils nommaient “Ka‘ba syro-palestinienne”. Al-Bukhârî (2) dit : « Nous a rapporté Yûsuf ibn Mûsâ, nous a rapporté Abû Usâma, d’après Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, d’après Qays, d’après Jarîr qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) me déclara : ‘Ne me débarrasserais-tu pas de Dhu al-Khalasa ?’ Je lui répondis : ‘Certes oui.’ Je partis donc avec cent cinquante cavaliers de la tribu Aḥmas, qui étaient de bons cavaliers. Pour ma part, je ne tenais pas fermement en selle et le signalai au Prophète (ﷺ). Il posa alors sa main sur ma poitrine, si bien que j’en vis l’empreinte, en disant : ‘Ô Allah ! Affermis-le, fais de lui un homme droit et guide des autres.’ Dès lors, je ne tombai plus jamais de cheval.” »

Jarîr poursuivit : « Dhu al-Khalasa était un sanctuaire au Yémen que vénéraient les tribus Khath‘am et Bajîla, abritant des idoles appelées la “Ka‘ba yéménite”. J’y mis le feu et le détruisis. À mon arrivée au Yémen, j’y trouvai un homme qui pratiquait la divination par les flèches. On l’avertit : “Voici l’émissaire du Messager d’Allah (ﷺ). S’il te trouve, il te tranchera la tête.” Pendant qu’il s’adonnait à son rituel, j’arrivai près de lui et lui dis : “Détruis ces objets et atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, ou je te trancherai la tête.” Il les démolit et se soumit à l’attestation de foi. » Jarîr envoya ensuite un homme de la tribu Aḥmas, surnommé Abû Arṭâh, auprès du Prophète (ﷺ) pour l’informer de cet événement. Il ajouta : « C’est alors que… »

(1) Voir « Tafsīr al-Qurʾān al-ʿAẓīm » de l’auteur (vol. 7, p. 430). (2) Dans son « Ṣaḥīḥ », nº 4357.
من الأزد، وأخذت الجزية من مجوس بلدهما ومن حولها من الأعراب. قال: وفيها تزوج رسول الله ﷺ فاطمة بنت الضَّحَّاك بن سفيان الكلابيِّ في ذي القعدة، فاستعاذت منه ﷺ ، ففارقها، وقيل: بل خيَّرها فاختارت الدنيا ففارقها. قال: وفي ذي الحِجَّة منها ولد إبراهيم ابن رسول الله ﷺ من مارية القبطية، فاشتدَّت غيرة أمهات المؤمنين منها حين رزقت ولدًا ذكرًا، وكانت قابلتها فيه سَلمى مولاة رسول الله ﷺ ، فخرجت إلى أبي رافعٍ فأخبرته فذهب فبشَّر به رسولَ الله ﷺ فأعطاه مملوكًا، ودفعه رسول الله ﷺ إلى أم بردة بنت المنذر بن زيد بن خداش بن عامر بن غنم بن عديِّ بن النجار، وزوجها البراء بن أوس بن خالد ابن الجعد بن عوف بن مبذولٍ. وكانت فيها وفاة من ذكرنا من الشهداء في هذه الوقائع. وقد قدَّمنا هدم خالد بن الوليد البيت الذي كانت العزَّى تعبد فيه بنخلة بين مكة والطائف، وذلك لخمسٍ بقين من رمضان منها. قال الواقديُّ: وفيها كان هدم سُواعِ الذي كانت تعبده هذيلٌ برُهاطٍ، هدمه عمرو بن العاص، (رضي الله عنه) ، ولم يجد في خزانته شيئًا. وفيها هُدم مناة بالمشلَّل، وكانت الأنصار أوسها وخزرجها يعظمونه، هدمه سعد بن زيدٍ الأشهليُّ، (رضي الله عنه) . وقد ذكرنا من هذا فصلًا مفيدًا مبسوطًا في تفسير "سورة النجم" (١) عند قوله تعالى: ﴿أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاتَ وَالْعُزَّى (١٩) وَمَنَاةَ الثَّالِثَةَ الْأُخْرَى﴾ [النجم: ٢٠ - ١٩] . قلت: وقد ذكر البخاريُّ بعد فتح مكة قصة تخريب خثعم البيت الذي كانت تعبده ويسمُّونه الكعبة اليمانية مضاهيةً للكعبة التي بمكة، ويسمُّون التي بمكة الكعبة الشاميَّة، ولتلك الكعبة اليمانية. فقال البخاريُّ (٢) : ثنا يوسف بن موسى، ثنا أبو أسامة، عن إسماعيل بن أبي خالدٍ، عن قيسٍ، عن جريرٍ قال: قال لي رسول الله ﷺ : "ألا تريحني من ذي الخلصة؟ " فقلت: بلى: فانطلقت في خمسين ومئة فارسٍ من أحمس، وكانوا أصحاب خيلٍ، وكنت لا أثبت على الخيل، فذكرت ذلك للنبي ﷺ ، فضرب يده في صدري حتى رأيت أثر يده على صدري، وقال: "اللهم ثبّته واجعله هاديًا مهديًا" . قال: فما وقعت عن فرسٍ بعدُ. قال: وكان ذو الخلصة بيتًا باليمن لخثعمٍ وبجيلة، فيه نصبٌ تعبد، يقال له: الكعبة اليمانية. قال: فأتاها فحرَّقها في النار وكسرها. قال: فلما قدم جريرٌ اليمن كان بها رجلٌ يستقسم بالأزلام، فقيل له: إن رسول رسول الله ﷺ ها هنا، فإن قدر عليك ضرب عنقك. قال: فبينما هو يضرب بها إذ وقف عليه جرير، فقال: لَتكسرنَّها وتشهد أن لا إله إلا الله أو لأضربنَّ عنقك. فكسرها وشهد. ثم بعث جريرٌ رجلًا من أحمس يكنَّى أبا أرطاة إلى النبيِّ ﷺ يبشره بذلك، قال: فلما
(١) انظر "تفسير القرآن العظيم" للمؤلف (٧/ ٤٣٠). (٢) في "صحيحه" رقم (٤٣٥٧).

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