Et des desseins(1), des volontés, des paroles et des actes, comme l’a dit le Très-Haut : « Et pour vous, sur terre, un lieu de séjour et une jouissance pour un temps » (Al-Baqara [2 : 36]). Cela n’implique pas pour autant qu’ils se trouvaient au ciel, comme l’a dit également le Très-Haut : « Et Nous dîmes, après lui, aux Enfants d’Israël : “Habitez la terre. Puis, quand viendra la promesse de l’Au-delà, Nous vous ramènerons en foule” » (Al-Isrā’ [17 : 104]). Or, il est bien évident qu’ils se trouvaient sur terre et non pas au ciel.
Ils (les tenants de cette opinion) disent aussi que leur propos ne se fonde pas sur la négation de l’existence actuelle du Paradis et de l’Enfer, et qu’il n’y a aucun lien nécessaire entre les deux points de vue. En effet, tous ceux des Anciens, et la plupart des Postérieurs, à qui l’on attribue cette opinion, affirment l’existence du Paradis et de l’Enfer aujourd’hui, comme l’attestent clairement les versets et les hadiths authentiques, lesquels seront cités en temps voulu. Et Dieu – exalté soit-Il – est le plus Savant quant à ce qu’il en est réellement.
Le Très-Haut dit aussi : « Alors Satan les fit glisser loin d’elle » (Al-Baqara [2 : 36]), c’est-à-dire loin du Paradis, « et les fit sortir de ce en quoi ils se trouvaient » (Al-Baqara [2 : 36]), à savoir la félicité, l’abondance et la joie, pour les conduire vers la demeure de la peine, du labeur et de l’affliction. Tout cela, à cause de la tentation qu’il leur insuffla et qu’il enjoliva à leurs yeux, comme l’a dit le Très-Haut : « Puis Satan leur souffla afin de leur dévoiler ce qui leur était caché de leurs nudités, et il leur dit : “Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des anges ou de faire partie des immortels.” » (Al-Aʿrāf [7 : 20]). Il signifiait par là que s’ils en mangeaient, ils atteindraient ce statut.
« Et il leur fit un serment » (Al-Aʿrāf [7 : 21]), autrement dit, il leur jura : « Vraiment, je suis pour vous un conseiller loyal » (Al-Aʿrāf [7 : 21]). De même qu’il est dit ailleurs : « Puis Satan lui souffla : “Ô Adam, veux-tu que je te montre l’arbre de l’éternité et un royaume impérissable ?” » (Ṭā Hā [20 : 120]). Autrement dit : “Veux-tu que je t’indique l’arbre qui, si tu en manges, t’attribuera l’éternité dans la félicité où tu te trouves, et t’assurera un royaume qui ne disparaît et ne s’épuise jamais ?”, ce qui relève de la duperie et d’un discours contraire à la vérité.
En somme, il voulait exprimer que si l’on mangeait de cet « arbre de l’éternité », on serait immortel. Il se peut que ce soit le même arbre mentionné par l’imam Aḥmad (qu’Allah lui fasse miséricorde) qui a rapporté ce hadith selon ʿAbd al-Raḥmān ibn Mahdī : Chouʿbah a dit, d’après Abou al-Ḍaḥḥāk, qui a entendu Abou Hourayra dire : « Le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) a dit : “Il est dans le Paradis un arbre sous l’ombre duquel un cavalier peut voyager cent ans sans pouvoir le traverser ; c’est l’arbre de l’éternité.” »
Ce hadith est rapporté également par d’autres, via Ghondar et Ḥajjāj, d’après Chouʿbah, et par Abou Dāwoud al-Ṭayālisī dans son “Musnad” selon la même chaîne de transmission. Ghondar (6) déclara : « J’ai demandé à Chouʿbah : “S’agit-il de l’arbre de l’éternité ?” », tandis que (7) précise que l’expression “C’est lui” n’apparaît pas dans cette version. Il est rapporté de façon isolée.