Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils ont le nez fier et ce sont des héros, dont la parure pour le combat provient du tissage de David. Ils portent de larges cottes de mailles étincelantes, dont les anneaux ont été ajustés comme ceux d’une tresse parfaitement serrée. Ils ne se réjouissent pas outre mesure quand leurs lances atteignent un peuple, et ne s’affolent pas quand on les atteint. Les coups ne frappent qu’en plein dans leur gorge, et ils ne reculent pas des rives de la mort.

C’est ainsi que Mohammed ibn Ishaq a rapporté ce poème, sans en mentionner la chaîne de transmission. Toutefois, le ẖâfiẓ al-Bayhaqî le rapporta dans son ouvrage « Dalâʾil al-Nubuwwa » (1) avec une chaîne de transmission ininterrompue. Il dit : « M’a rapporté Abû ʿAbd Allâh al-Hâfiẓ, puis Abû al-Qâsim ʿAbd al-Raḥmân ibn al-Ḥasan ibn Aḥmad al-Asadî de Hamadhân, puis Ibrâhîm ibn al-Ḥusayn, puis Ibrâhîm ibn al-Mundhir al-Ḥazzâmî, puis al-Ḥajjâj ibn Dhî al-Ruqayba — fils de ʿAbd al-Raḥmân, fils de Kaʿb ibn Zuhayr ibn Abû Sulmâ — de son père, de son grand-père, qui raconta : »

« Kaʿb et Bujayr, les deux fils de Zuhayr, partirent jusqu’à parvenir à un lieu nommé Abraq al-ʿazzâf. Bujayr dit alors à Kaʿb : “Reste ici jusqu’à ce que je me rende auprès de cet homme — c’est-à-dire le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) — afin d’entendre ce qu’il dit.” Kaʿb resta donc où il était, et Bujayr se rendit auprès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), puis il embrassa l’islam. »

La nouvelle parvint à Kaʿb. Celui-ci s’indigna et composa des vers (du mètre “aṭ-ṭawîl”) :

« Porte donc de ma part ce message à Bujayr :
À quoi donc, malheur à toi, t’a-t-on conduit ?
À un comportement que ni notre mère ni notre père
n’ont jamais connu, et un chemin dont jamais ton frère n’a hérité.
Abû Bakr t’a donné à boire une coupe désaltérante,
Et cet homme sûr (le Prophète) t’y a fait boire de nouveau en t’y abreuvant. »

Quand ces vers parvinrent au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), il déclara que le sang de Kaʿb était désormais versé, en disant : « Que quiconque rencontre Kaʿb le tue. » Bujayr écrivit à son frère pour l’en informer, lui disant que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avait décrété sa condamnation à mort et lui conseillant de fuir, de peur qu’il ne pût échapper à ce sort. Plus tard, Bujayr lui écrivit de nouveau : « Sache que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) accepte le témoignage de foi (“Il n’est de dieu que Dieu et Mohammed est le Messager de Dieu”) de tout homme qui se présente à lui, et il efface tout ce qui précède. Dès que tu recevras ma lettre, embrasse l’islam et viens. »

Kaʿb se convertit alors. Il composa une ode à la gloire du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), puis se mit en route jusqu’à ce qu’il fît agenouiller sa monture devant la porte de la mosquée du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il pénétra ensuite dans la mosquée, où le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) se trouvait avec ses Compagnons, assis au milieu d’eux à la manière d’un plat entouré de convives, formant un cercle derrière un autre, et s’adressant parfois à un groupe, parfois à un autre.

Kaʿb raconte : « J’ai attaché ma monture à la porte de la mosquée puis je suis entré. À sa description, j’ai reconnu le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). J’ai parcouru les cercles jusqu’à arriver près de lui, je me suis assis et j’ai déclaré : “Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et que tu es Mohammed, le Messager de Dieu. Accorde-moi la sécurité, ô Messager de Dieu !” Il me demanda : “Qui es-tu ?” Je répondis : “Kaʿb ibn Zuhayr.” Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) s’exclama : “Celui qui a dit...”, puis il se tourna vers Abû Bakr en lui demandant : “Comment dit-il, ô Abû Bakr ?” »

Et Abû Bakr déclama :

« Abû Bakr t’a donné à boire une coupe désaltérante,
Et l’Envoyé fidèle t’y a fait boire de nouveau, en t’en abreuvant. »

(1) (pp. 207-209/5) Ce qui se trouve entre les deux accolades est une addition de sa part dans la transmission, et dans son isnād (enchaînement des transmetteurs) il y a une faiblesse.
شمُّ العرانين أبطالٌ لَبوسهمُ … من نسج داود في الهيجا سرابيلُ بيضٌ سوابغ قد شكَّت لها حلقٌ … كأنها حَلَق القفعاء مجدولُ ليسوا مفاريح إن نالت رماحهمُ … قومًا وليسوا مجازيعًا إذا نيلوا لا يقع الطَّعن إلا في نحورهمُ … وما لهم عن حياض الموت تهليلُ هكذا أورد محمد بن إسحاق هذه القصيدة، ولم يذكر لها إسنادًا. وقد رواها الحافظ البيهقيُّ في "دلائل النبوة" (١) بإسنادٍ متصلٍ، فقال: أنا أبو عبد الله الحافظ، أنا أبو القاسم عبد الرحمن بن الحسن بن أحمد الأسديُّ بِهمْدان، ثنا إبراهيم بن الحسين، ثنا إبراهيم بن المنذر الحزاميُّ، ثنا الحجَّاج ابن ذي الرُّقيبة -بن عبد الرحمن- بن كعب بن زهير بن أبي سُلْمى، عن أبيه، عن جدِّه قال: خرج كعبٌ وبجيرٌ ابنا زهيرٍ حتى أتيا أبرق العَزَّاف، فقال بجيرٌ لكعبٍ: اثبت في هذا المكان حتى آتي -هذا الرجل- يعني رسول الله ﷺ فأستمع ما يقول. فثبت كعبٌ، وخرج بجيرٌ فجاء رسول الله ﷺ ، فعرض عليه الإسلام، فبلغ ذلك كعبًا فقال: [من الطويل] ألا أبلغا عني بُجيرًا رسالةً … على أي شيءٍ ويب غيرك دلَّكا على خُلُقٍ لم نلف أمًّا ولا أبًا … عليه ولم تدرك عليه أخًا لكا سقاك أبو بكرٍ بكأسٍ رويَّةٍ … وأنهلك المأمون منها وعلَّكا فلما بلغت الأبيات رسول الله ﷺ أَهْدَرَ دمه، وقال: "مَنْ لَقِي كعبًا فليقتله" . فكتب بذلك بجيرٌ إلى أخيه، وذكر له أن رسول الله ﷺ قد أهدر دمه، ويقول له: النَّجاء وما أراك تنفلت. ثم كتب إليه بعد ذلك: اعلم أنَّ رسول الله ﷺ لا يأتيه أحدٌ يشهد أن لا إله إلا الله وأنَّ محمدًا رسول الله، إلا قبل ذلك منه وأسقط ما كان قبل ذلك، فإذا جاءك كتابي هذا، فأسلم وأقبل. قال: فأسلم كعبٌ، وقال قصيدته التي يمدح فيها رسول الله ﷺ ، ثم أقبل حتى أناخ راحلته بباب مسجد رسول الله ﷺ ، ثم دخل المسجد ورسول الله مع أصحابه كالمائدة بين القوم، متحلِّقون معه حلقةً خلف حلقةٍ، يلتفت إلى هؤلاء مرةً فيحدِّثهم، وإلى هؤلاء مرةً فيحدِّثهم. قال كعبٌ: فأنخت راحلتي بباب المسجد [ثم دخلت المسجد] فعرفت رسول الله ﷺ بالصِّفة، فتخطَّيت حتى جلست إليه، فأسلمت وقلت: أشهد أن لا إله إلا الله، وأنَّك محمدٌ رسول الله، الأمان يا رسول الله. قال: "ومن أنت؟ " قلت: كعب بن زهيرٍ. قال: "الذي يقول" . ثم التَفَتَ رسول الله ﷺ [إلى أبي بكرٍ] فقال: "كيف قال يا أبا بكرٍ؟ " فأنشده أبو بكرٍ: [من الطويل] سَقَاكَ أبو بكرٍ بكأسٍ رَويَّةٍ … وأنهلك المأمور منها وعلَّكَا
(١) (٥/ ٢٠٧ - ٢٠٩) وما بين الحاصرتين في النقل زيادة منه، وفي إسنادها ضعف.

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