Et l’imam Ahmad (1) a dit : « Nous a rapporté Yahya ibn Adham, qui tenait lui-même de Mufaḍḍal, de Manṣūr, d’après Mujāhid, lequel a dit : “J’entrai au mosquée en compagnie de ʿUrwa ibn al-Zubayr. Nous y trouvâmes Ibn ʿUmar appuyé contre la chambre de ʿĀʾisha, tandis que des gens accomplissaient la prière de al-ḍuḥā (la prière surérogatoire de la matinée). Alors ʿUrwa lui demanda : ‘Abū ʿAbd al-Raḥmān, qu’est donc cette prière ?’ Il répondit : ‘C’est une innovation.’ ʿUrwa reprit : ‘Abū ʿAbd al-Raḥmān, combien de fois le Messager de Dieu (ﷺ) a-t-il accompli la ʿumra ?’ Il répondit : ‘Quatre fois, dont l’une au mois de Rajab.’” » Mujāhid poursuit : « Puis nous entendîmes le son du siwāk (le cure-dents) de ʿĀʾisha dans sa chambre. ʿUrwa l’interpella alors : ‘Abū ʿAbd al-Raḥmān prétend que le Messager de Dieu (ﷺ) a accompli quatre ʿumra, dont une au mois de Rajab.’ Elle répondit : ‘Que Dieu fasse miséricorde à Abū ʿAbd al-Raḥmān ! Le Prophète (ﷺ) n’a jamais fait de ʿumra sans qu’il ne fût avec lui – jamais il n’en a accompli au mois de Rajab.’ »
C’est ainsi que l’a rapporté al-Tirmidhī (2), par l’intermédiaire d’Aḥmad ibn Manīʿ, d’al-Ḥasan ibn Mūsā, de Shaybān, de Manṣūr, et il a commenté : « Ḥasan ṣaḥīḥ gharīb ».
Et l’imam Aḥmad (3) a dit également : « Nous a rapporté Rūḥ, qui tenait de Ibn Jurayj : ce dernier m’informa par l’intermédiaire de Muzāḥim ibn Abī Muzāḥim, de ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAbd Allāh, de Mukharish (4) al-Kaʿbī que le Messager de Dieu (ﷺ) quitta al-Jiʿrāna de nuit, alors qu’il faisait sombre, pour accomplir une ʿumra. Il pénétra dans La Mecque de nuit afin d’accomplir sa ʿumra, puis il en ressortit avant la fin de cette même nuit, si bien qu’au matin il se trouvait à al-Jiʿrāna comme s’il y avait passé la nuit. Lorsqu’arriva le zénith, il sortit de al-Jiʿrāna en passant par la vallée de Sarif, et c’est à cet endroit qu’il rejoignit la route de Médine. » Mukharish déclara : « C’est ainsi que beaucoup de gens n’ont pas eu connaissance de cette ʿumra. » Cela est également rapporté par l’imam Aḥmad (5), par Yaḥyā ibn Saʿīd, qui tenait de Ibn Jurayj, ce qui en fait un hadith qu’il est seul à rapporter (min afrādihi).
Ce qui importe, c’est que la ʿumra accomplie à al-Jiʿrāna est confirmée par une transmission authentique qu’on ne peut nier ni rejeter. Quiconque la conteste ne s’appuie sur aucune preuve pour faire face à ceux qui l’établissent. Dieu est plus savant. De plus, il y a comme un consensus pour dire qu’elle eut lieu en Dhū al-Qaʿda, après la bataille de Ṭāʾif et après le partage du butin de Ḥunayn.
Quant au récit transmis par le ḥāfiẓ Abū al-Qāsim al-Ṭabarānī dans son « Muʿjam al-Kabīr » (6), où il dit : « Nous a rapporté al-Ḥusayn ibn Isḥāq al-Tustarī, qui tenait de ʿUthmān ibn Abī Shayba, qui tenait de Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Asadī, qui tenait d’Ibrāhīm ibn Ṭahmān, de Abū al-Zubayr, de ʿUmayr le mawlā de ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, d’après Ibn ʿAbbās qui a dit : ‘Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) revint de Ṭāʾif…’ »