Une femme se présenta, et il étendit pour elle son manteau. Je dis : « Qui est-ce ? » On répondit : « C’est sa mère qui l’avait allaité. » Ce hadith est jugé étrange. Il se peut qu’il s’agisse plutôt de sa sœur, laquelle avait l’habitude de le prendre sur ses genoux avec sa mère Halima as-Sa‘diyya. Et si ce récit est bien établi, alors Halima aurait vécu très longtemps, car de l’époque où elle a allaité l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) jusqu’au moment d’al-Ji‘râna, il s’était écoulé plus de soixante ans. Le plus jeune âge possible qu’elle eût lorsqu’elle l’allaita était de trente ans ; Dieu seul sait ensuite combien de temps elle vécut encore.
Il est rapporté un hadith mursal selon lequel ses parents d’allaitement vinrent à lui. Dieu seul sait s’il est authentique. Abou Dâwoud dit dans « al-Marâsîl » (1) : « Nous raconta Ahmad ibn Sa‘îd al-Hamdânî, qui tenait lui-même de Ibn Wahb, qui citait ‘Amr ibn al-Hârith, d’après ‘Umar ibn as-Sâ’ib, qu’il avait appris que l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) était un jour assis lorsqu’arriva son père d’allaitement. Il déploya alors une partie de son manteau, sur laquelle l’homme s’assit. Puis vint sa mère d’allaitement ; il étendit l’autre moitié du manteau de l’autre côté, et elle s’y assit. Ensuite, son frère d’allaitement arriva ; l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se leva et le fit asseoir face à lui. »
Il a déjà été mentionné que la tribu de Hawâzin dans son ensemble avait un lien avec son allaitement parmi les Banû Sa‘d ibn Bakr, qui forment une branche de Hawâzin. Leur orateur, Zuhayr ibn Surad, s’adressa au Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) en disant : « Ô Envoyé de Dieu, celles que l’on voit dans ces enclos sont tes mères, tes tantes et tes nourrices. Sois donc bienveillant envers nous, qu’Allah te gratifie de Sa bienveillance. » Et il ajouta ces vers (mètre al-basît) :
“Accorde ta grâce à des femmes qui t’ont allaité jadis, / Quand ta bouche était emplie du lait pur jaillissant de leurs seins,
Accorde ta grâce à des femmes qui t’ont allaité, / En ce temps où tout ce que tu faisais et délaissais t’honorait.”
Ce fut la raison pour laquelle ils furent tous affranchis. Les bienfaits du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) leur revinrent, aussi bien dans le passé qu’à l’heure présente, de manière spécifique et générale.
Al-Wâqidî (2) rapporte, d’après Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Sharhabîl, lui-même rapportant de son père, que an-Nudayr ibn al-Hârith ibn Kalada était l’une des personnes les plus pondérées. Il disait : « Louange à Dieu qui nous a accordé l’Islam et nous a favorisés par Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui). Il nous a préservés de mourir dans l’état où sont morts nos pères, et pour lequel furent tués nos frères et nos cousins. » Puis il rappela l’animosité qu’il avait autrefois envers le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui), ainsi que le fait qu’il s’était rendu à la bataille de Hunayn avec son peuple de Quraych, tout en restant encore sur leur religion. Il poursuivit : « Nous voulions, si le sort s’acharnait contre Muhammad, participer à son malheur, mais cela nous fut refusé. Lorsque le Prophète arriva à al-Ji‘râna, je jure par Dieu que, tout en restant dans l’état où j’étais, je ne me rendis compte de rien avant de me retrouver face à l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Il m’interpella : “Ô Nudayr !” Je répondis : “Me voici.” Il dit : “Ceci est préférable à ce que tu projetais le jour de Hunayn, ce qu’Allah t’a empêché d’accomplir.” Alors je m’approchai vivement de lui, et il poursuivit : “Il est temps désormais que tu discernes clairement ce dans quoi tu te fourvoyais.” Je dis : “Je vois à présent que s’il y avait eu avec Dieu un autre [dieu], il m’aurait été d’un quelconque secours. Je témoigne qu’il n’y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé.” Alors l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit : “Ô Dieu, raffermis-le.” An-Nudayr poursuit : “Par Celui qui l’a envoyé avec la vérité, mon cœur est devenu aussi solide qu’une pierre dans la religion et dans la vision de la vérité.” Puis l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) conclut : “Louange à Dieu qui l’a guidé.””