Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mention du fait que la sœur du Messager de Dieu (ﷺ) par l’allaitement vint à lui alors qu’il se trouvait à al-Jiʿrâna, et qu’elle se nommait ach-Chaymâ.

Ibn Isḥâq rapporte (1) : « Des membres de Banû Saʿd ibn Bakr m’ont raconté que, le jour de (la bataille de) Hawâzin, le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Si vous parvenez à mettre la main sur Bijâd – un homme de Banû Saʿd ibn Bakr – qu’il ne vous échappe pas.” Il s’était rendu coupable d’un acte répréhensible. Lorsque les musulmans s’emparèrent de lui et de sa famille, ils emmenèrent aussi ach-Chaymâ bint al-Ḥârith ibn ʿAbd al-ʿUzzâ, la sœur du Messager de Dieu (ﷺ) par l’allaitement.

Ils la malmenèrent alors qu’ils la conduisaient. Elle leur dit : “Sachez par Dieu que je suis la sœur de votre compagnon (le Prophète) par l’allaitement !” Mais ils ne la crurent pas avant de la présenter au Messager de Dieu (ﷺ).

Ibn Isḥâq dit : « Yazîd ibn ʿUbayd as-Saʿdî – Abû Wajza – m’a raconté ceci : Lorsque cette femme fut amenée devant le Messager de Dieu (ﷺ), elle dit : “Ô Messager de Dieu, je suis ta sœur par l’allaitement !” Il lui demanda : “Quelle preuve en as-tu ?” Elle répondit : “La morsure que tu m’as faite dans le dos quand j’étais assise derrière toi (lorsque nous étions enfants).” Le Messager de Dieu (ﷺ) reconnut alors cette marque, déploya son manteau et la fit asseoir dessus. Puis il lui laissa le choix en disant : “Si tu le désires, tu restes auprès de moi, entourée d’affection et d’honneur. Sinon, si tu préfères que je t’octroie des biens et que tu retournes parmi les tiens, je le ferai.” Elle dit alors : “Accorde-moi plutôt des biens et renvoie-moi à mon peuple.” Le Messager de Dieu (ﷺ) lui fit donc don de provisions, puis la laissa repartir vers les siens. Les Banû Saʿd affirment qu’il lui donna un serviteur, nommé Makḥûl, et une servante, qu’elle maria l’un à l’autre. De leur descendance resta un groupe parmi eux. »

Al-Bayhaqî rapporte (2), selon un ḥadith d’al-Ḥakam ibn ʿAbd al-Malik, d’après Qatâda, que : « Le jour de la victoire sur Hawâzin, une jeune femme se présenta au Messager de Dieu (ﷺ) en disant : “Ô Messager de Dieu, je suis ta sœur : je suis ach-Chaymâ bint al-Ḥârith.” Le Prophète (ﷺ) lui répondit : “Si tu es sincère, tu portes en effet sur toi une trace faite par moi qui ne s’est jamais effacée.” Puis il dit : “Montre-moi.” Elle retroussa son bras et déclara : “Oui, ô Messager de Dieu, quand tu étais enfant, tu m’as mordue ici.” Alors le Messager de Dieu (ﷺ) déploya son manteau ; puis il dit : “Demande et tu recevras, intercède et ton intercession sera accordée.” »

Al-Bayhaqî dit également (3) : « Abû Naṣr ibn Qatâda nous a appris, par Abû ʿAmr Ismâʿîl ibn Nujaid as-Sulamî, d’après Abû Muslim, d’après Abû ʿÂṣim, d’après Jaʿfar ibn Yaḥyâ ibn Thawbân, qui a dit que son oncle, ʿUmâra ibn Thawbân, lui a rapporté les propos d’Abû Ṭufayl : “J’étais un jeune garçon qui transportait l’os d’un chameau, et j’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) distribuer de la viande à al-Jiʿrâna. C’est alors qu’arriva…””

(1) Voir « La Sira prophétique » d'Ibn Hichâm (tome 2, p. 458). (2) Voir « Dalaïl al-Nubuwa » (tome 5, p. 199). (3) Voir « Dalaïl al-Nubuwa » (tome 5, p. 199).
ذكر مَجِيءِ أخت رسول الله ﷺ من الرَّضاعة، إليه وهو بالجِعْرَانة واسمها الشَّيماء قال ابن إسحاق (١) : وحدَّثني بعض بني سعد بن بكرٍ أن رسول الله ﷺ قال يوم هوازن: "إن قدرتم على بِجادٍ -رجلٍ من بني سعد بن بكر- فلا يُفلتنَّكم" . وكان قد أحدث حدثًا، فلما ظفر به المسلمون ساقوه وأهله، وساقوا معه الشيماء بنت الحارث بن عبد العزَّى، أخت رسول الله ﷺ من الرَّضاعة، قال: فعنفوا عليها في السَّوق، فقالت للمسلمين: تعلَّموا والله إني لأخت صاحبكم من الرَّضاعة. فلم يصدِّقوها حتى أتوا بها رسول الله ﷺ . قال ابن إسحاق: فحدَّثني يزيد بن عبيدِ السَّعديُّ -هو أبو وجزة- قال: فلما انتُهي بها إلى رسول الله ﷺ قالت: يا رسول الله، إني أختك من الرَّضاعة. قال: "وما علامة ذلك؟ " قالت: عضَّةٌ عضضْتنيها في ظهري وأنا متورِّكتُك. قال: فعرف رسول الله ﷺ العلامة، فبسط لها رداءه فأجلسها عليه، وخيَّرها وقال: "إن أحببت فعندي محبَّةً مكرمةً، وإن أحببت أن أمتِّعك وترجعي إلى قومك فعلت" . قالت: بل تمتِّعني وتردُّني إلى قومي. فمتَّعها رسول الله ﷺ وردَّها إلى قومها، فزعمت بنو سعدٍ أنه أعطاها غلامًا يقال له: مكحولٌ، وجاريةً، فزوَّجت أحدهما الآخر، فلم يزل فيهم من نسلهما بقيَّةٌ. وروى البيهقيُّ (٢) من حديث الحكم بن عبد الملك، عن قتادة قال: لما كان يوم فتح هوازن جاءت جاريةٌ إلى رسول الله ﷺ فقالت: يا رسول الله، أنا أختك، أنا شيماء بنت الحارث. فقال لها: "إن تكوني صادقةً، فإن بك مني أثرًا لا يبلى" . قال: فكشفت عن عضدها، فقالت: نعم يا رسول الله، وأنت صغيرٌ، فعضضتني هذه العضَّة. قال: فبسط لها رسول الله ﷺ رداءه، ثم قال: "سلي تُعطَي، واشفعي تشفعي" . وقال البيهقيُّ (٣) : أنبأنا أبو نصر بن قتادة، أنبأنا أبو عمرو إسماعيل بن نُجيدٍ السُّلميُّ، ثنا أبو مسلم، ثنا أبو عاصم، ثنا جعفر بن يحيى بن ثوبان، أخبرني عمِّي عُمارة بن ثوبان، أن أبا الطُّفيل أخبره قال: كنت غلامًا أحمل عظم البعير، ورأيت رسول الله ﷺ يقسم لحمًا بالجعرانة. قال: فجاءته
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٥٨). (٢) انظر "دلائل النبوة" (٥/ ١٩٩). (٣) انظر "دلائل النبوة" (٥/ ١٩٩).

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