Puis l’ont rapporté Al-Bukhârî et Muslim (1) selon le hadith transmis par Ibn ʿAwn, d’après Hishâm ibn Zayd, d’après son grand-père Anas ibn Mâlik, qui dit :
« Lorsque vint le Jour de Ḥunayn, Hawâzin vint à la rencontre (de l’armée). Le Prophète ﷺ était accompagné de dix mille hommes et des “Tulaqâʾ”. Ils prirent la fuite, alors il dit : “Ô vous, les Anṣâr !” Ils répondirent : “Nous voici, ô Messager de Dieu, nous voici à ton service ! Nous sommes devant toi.” Le Messager de Dieu ﷺ mit pied à terre et déclara : “Je suis le serviteur de Dieu et Son Messager.” Alors les polythéistes furent en déroute. Il donna (des parts de butin) aux Tulaqâʾ et aux Muhâjirîn, sans rien accorder aux Anṣâr. Ceux-ci en parlèrent (entre eux). Il les convoqua alors et les fit entrer dans une tente, puis leur dit : “Êtes-vous satisfaits que les gens s’en aillent avec des brebis et des chameaux, tandis que vous repartez avec le Messager de Dieu ﷺ ?” Ils dirent : “Oui, bien sûr.” Le Messager de Dieu ﷺ reprit : “Si les gens suivaient un vallon, tandis que les Anṣâr en empruntaient un autre, je prendrais le vallon des Anṣâr.” »
Dans une autre version rapportée par Al-Bukhârî (2) à partir de la même chaîne de transmission, il est dit : « Lorsque vint le Jour de Ḥunayn, (les tribus de) Hawâzin, Ghatafân et d’autres arrivèrent avec leurs troupeaux et leurs familles. Le Prophète ﷺ avait alors avec lui dix mille hommes et les Tulaqâʾ. Ils se détournèrent de lui, si bien qu’il ne resta plus que lui seul. Ce jour-là, il appela deux fois et ne les confondit pas : il se tourna vers sa droite et dit : “Ô vous, les Anṣâr !” Ils répondirent : “Nous voici, ô Messager de Dieu, réjouis-toi, nous sommes avec toi.” Puis il se tourna vers sa gauche et dit : “Ô vous, les Anṣâr !” Ils répondirent : “Nous voici, ô Messager de Dieu, réjouis-toi, nous sommes avec toi.” Le Prophète ﷺ se tenait alors sur une mule blanche. Il en descendit et dit : “Je suis le serviteur de Dieu et Son Messager.” Les polythéistes furent alors vaincus, et de nombreux butins furent saisis ce jour-là. Il en fit la répartition entre les Muhâjirîn et les Tulaqâʾ, sans rien donner aux Anṣâr. Ceux-ci dirent : “Quand la difficulté arrive, on fait appel à nous, mais le butin est donné à d’autres.” La nouvelle lui parvint. Il les rassembla dans une tente et leur dit : “Ô vous, les Anṣâr, qu’est-ce que ce propos qui m’est parvenu ?” Ils gardèrent le silence. Il dit encore : “Ô vous, les Anṣâr, n’êtes-vous pas satisfaits que les autres repartent avec les biens de ce bas monde, tandis que vous repartez avec le Messager de Dieu, que vous le rameniez dans vos demeures ?” Ils répondirent : “Bien sûr.” Il poursuivit : “Si les gens suivaient un vallon et que les Anṣâr empruntaient un autre vallon, je prendrais le vallon des Anṣâr.” »
Hishâm raconta : « J’ai demandé : “Ô Abû Ḥamza, tu as été témoin de cela ?” Il répondit : “Comment aurais-je pu en être absent ?” »
Al-Bukhârî et Muslim (3) rapportent également, d’après Shʿuba, d’après Qatâda, d’après Anas, qu’Anas dit : « Le Messager de Dieu ﷺ réunit les Anṣâr et leur dit : “Les Quraysh sont des gens proches de l’époque préislamique et viennent de subir une épreuve. J’ai voulu les consoler et me les concilier. Ne voulez-vous pas que les gens repartent avec les biens de ce monde tandis que vous repartez avec le Messager de Dieu dans vos maisons ?” Ils répondirent : “Bien sûr.” Il reprit : “Si les gens suivaient un vallon et que les Anṣâr empruntaient un autre vallon, je prendrais le vallon des Anṣâr.” ou bien “la gorge des Anṣâr.” »
Al-Bukhârî et Muslim (4) l’ont également rapporté, d’après Shʿuba, d’après Abû t-Tayyâḥ Yazîd ibn Ḥumayd, d’après Anas, avec un récit similaire. On y trouve : « Ils dirent : “Par Dieu, voilà qui est étonnant ! Nos sabres ruissellent encore de leur sang, et ce sont eux qui reçoivent le butin !” Alors il leur adressa un sermon et mentionna ce qui précède. »