Il raconta : Alors le Messager de Dieu (ﷺ) s’écria : « Ô Mouhâjirîn, ô Mouhâjirîn ! Ô Anṣâr, ô Anṣâr ! »
Anas dit : « Il s’agit ici du récit de ses deux oncles paternels. » Et il poursuivit : « Nous avons répondu : “Nous voici à tes ordres, ô Messager de Dieu.” Puis le Messager de Dieu (ﷺ) avança. » Il dit : « Par Dieu, nous ne les avions pas encore rejoints qu’Allâh les avait déjà mis en déroute. » Il ajouta : « Nous nous sommes alors emparés de ces biens, puis nous sommes partis pour aṭ-Ṭâ’if, que nous avons assiégé quarante nuits, avant de revenir à La Mecque. » Il dit encore : « Une fois arrivés, le Messager de Dieu (ﷺ) se mit à donner cent (têtes de bétail) à un homme, et cent à un autre. »
Il poursuivit : « Les Anṣâr parlèrent entre eux : “Il donne à ceux qui l’ont combattu, mais à celui qui ne l’a pas combattu, il ne donne rien !” La chose fut rapportée au Messager de Dieu (ﷺ), qui ordonna alors que les notables des Mouhâjirîn et des Anṣâr entrent auprès de lui. Puis il déclara : “Que nul n’entre auprès de moi si ce n’est un Anṣârī” (ou “que les Anṣâr”). » Il raconta : « Nous sommes donc entrés dans la tente jusqu’à ce que nous l’ayons remplie. Le Prophète (ﷺ) dit : “Ô groupe des Anṣâr” – ou propos semblable – “Quel propos m’est parvenu ?” Ils répondirent : “Quel propos, ô Messager de Dieu ?” Il répéta : “Quel propos m’est parvenu ?” Ils dirent : “Nous ne savons pas, ô Messager de Dieu.” »
Le Prophète (ﷺ) déclara : « N’êtes-vous pas satisfaits que les gens s’en aillent avec des biens, tandis que vous vous en allez avec le Messager de Dieu que vous introduisez dans vos demeures ? » Ils répondirent : « Nous en sommes satisfaits, ô Messager de Dieu. » Et il conclut : « Ils acceptèrent. » Ou un propos semblable.
C’est ainsi que Muslim (1) le rapporte dans le ḥadith transmis par Muʿtamir ibn Sulaymân. Il comprend par ailleurs certains points singuliers : il y est dit qu’ils étaient six mille le jour de Hawâzin alors qu’ils étaient en réalité douze mille, et qu’ils assiégèrent aṭ-Ṭâ’if quarante nuits alors qu’en vérité le siège dura environ un mois ou moins de vingt jours. Dieu sait mieux.
Al-Bukhârî (2) a rapporté : « ʿAbd Allâh ibn Muḥammad nous a dit, Hishâm nous a dit, Maʿmar nous a dit, d’après az-Zuhrî, qui m’a raconté d’après Anas ibn Mâlik : Certains des Anṣâr dirent, lorsque Dieu accorda à Son Messager les dépouilles qu’Il lui accorda des biens de Hawâzin, et que le Prophète (ﷺ) se mit à donner à certains hommes cent chameaux chacun : “Que Dieu pardonne au Messager de Dieu (ﷺ) : il donne à Quraych et nous délaisse, alors que nos sabres dégouttent encore de leur sang !?””
Anas ibn Mâlik reprit : « La remarque parvint au Messager de Dieu (ﷺ), qui manda auprès de lui les Anṣâr et les réunit dans une tente de cuir, sans appeler personne d’autre. Quand ils furent rassemblés, le Prophète (ﷺ) se leva et dit : “Quel est ce propos qui m’est parvenu à votre sujet ?” Les savants parmi les Anṣâr répondirent : “Quant à nos notables, ô Messager de Dieu, ils n’ont rien dit ; mais parmi nous, certains jeunes ont dit : ‘Que Dieu pardonne au Messager de Dieu (ﷺ) : il donne à Quraych et nous délaisse, alors que nos sabres sont encore trempés de leur sang.’””
Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : “En vérité, je donne à des hommes qui viennent à peine de délaisser la mécréance afin de gagner leur cœur. Ne vous plaît-il pas que les gens repartent avec des biens tandis que vous, vous repartez avec le Prophète auprès de vos demeures ? Par Dieu, ce avec quoi vous revenez est bien meilleur que ce avec quoi ils reviennent.”” Ils dirent : “Ô Messager de Dieu, nous sommes satisfaits.” Le Prophète (ﷺ) leur dit alors : “Vous allez bientôt voir surgir une forte préférence en faveur d’autres. Soyez patients jusqu’à ce que vous rencontriez Dieu et Son Messager, car je vous attendrai au Bassin.””
Anas conclut : « Mais ils ne furent pas endurants. » Al-Bukhârî est le seul à rapporter ce hadith selon cette chaîne de transmission.