Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit :

Alors le Messager de Dieu ﷺ demanda : « Vos femmes et vos enfants vous sont-ils plus chers ou bien vos biens ? »

Ils répondirent : « Ô Messager de Dieu, tu nous mets face à un choix entre nos familles et nos biens ; en vérité, nos enfants et nos femmes nous sont plus chers. »

Le Messager de Dieu ﷺ dit alors : « Quant à ce qui m’appartient, à moi et aux Banû ‘Abd al-Muttalib, c’est à vous. Lorsque j’aurai accompli la prière avec les gens, levez-vous et dites : “Nous cherchons l’intercession du Messager de Dieu ﷺ auprès des musulmans, et l’intercession des musulmans auprès du Messager de Dieu ﷺ en ce qui concerne nos enfants et nos femmes.” Je vous rendrai alors ce qui vous revient et j’intercéderai en votre faveur. »

Lorsque le Messager de Dieu ﷺ eut dirigé la prière de midi avec les gens, ils se levèrent et dirent ce que le Prophète ﷺ leur avait ordonné. Le Messager de Dieu ﷺ annonça : « Quant à ce qui m’appartient, à moi et aux Banû ‘Abd al-Muttalib, c’est à vous. »

Les Mouhâjirûn (Émigrés) dirent : « Ce qui nous appartient est remis au Messager de Dieu ﷺ. » Les Ançâr (Auxiliaires) ajoutèrent : « Et ce qui nous appartient est remis au Messager de Dieu ﷺ. »

Cependant, Al-Aqra‘ ibn Hâbis déclara : « Pour moi et les Banû Tamîm, non. » De même, ‘Uyeyna dit : « Pour moi et les Banû Fazâra, non. » Et Al-‘Abbâs ibn Mirdâs al-Sulamî dit : « Pour moi et les Banû Sulaym, non. » Les Banû Sulaym répliquèrent alors : « Quant à nous, ce qui nous revient est remis au Messager de Dieu ﷺ. »

Al-‘Abbâs ibn Mirdâs déclara aux Banû Sulaym : « Vous m’avez déshonoré. » Le Messager de Dieu ﷺ dit alors : « Quant à celui d’entre vous qui garde son droit, il recevra pour chaque personne six parts dans les premiers butins qui seront distribués. » Ils rendirent donc aux gens leurs femmes et leurs enfants.

Puis le Messager de Dieu ﷺ repartit à cheval et les gens le suivirent en disant : « Ô Messager de Dieu, répartis entre nous notre butin. » Ils l’acculèrent au point qu’il fut contraint contre un arbre qui arracha son manteau. Alors il s’exclama : « Ô gens, rendez-moi mon manteau ! Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, si vous aviez autant de troupeaux dans mon domaine qu’il y a d’arbres à Tihâma, je vous les aurais tous répartis. Vous ne me trouverez jamais avare, ni lâche, ni menteur. »

Ensuite, le Messager de Dieu ﷺ se plaça près d’un chameau, saisit un brin de laine de sa bosse, puis le tint entre ses doigts, et leva la main en disant : « Ô gens, je jure par Dieu que je n’ai réclamé de votre butin ni plus que cette fibre ; seul le cinquième m’en revient, et il vous est restitué. Rendez le fil et l’aiguille, car le détournement de butin (al-ghulûl) est un déshonneur et une calamité pour celui qui le commet au Jour de la Résurrection. »

Un homme parmi les Ançâr vint alors avec un écheveau de crins et déclara : « Ô Messager de Dieu, j’ai pris ceci pour recoudre la housse d’un de mes chameaux, dont le dos est blessé. » Le Messager de Dieu ﷺ lui répondit : « Mon droit sur cela t’est accordé. » L’homme dit alors : « Si les choses en arrivent à ce point, je n’en ai nul besoin. » Puis il jeta l’écheveau de ses mains.

Selon ce récit, il ressort que le Prophète ﷺ leur rendit leurs captifs avant la répartition, conformément à l’opinion de Muhammad ibn Isḥâq ibn Yasâr, contrairement à Mûsâ ibn ‘Uqba et d’autres.

Dans le « Ṣaḥîḥ al-Bukhârî » (1), d’après la chaîne de transmission passant par al-Layth, ‘Uqayl, al-Zuhrî, ‘Urwa, puis al-Miswar ibn Makhrama et Marwân ibn al-Ḥakam, on rapporte que lorsque le Messager de Dieu ﷺ reçut la délégation de Hawâzin devenue musulmane, ils lui demandèrent de leur rendre leurs biens et leurs femmes. Le Messager de Dieu ﷺ leur répondit : « Ceux que vous voyez sont là ; or le discours que je préfère est le plus véridique. Choisissez donc l’une des deux catégories : soit vos captifs, soit vos biens. J’avais suspendu mon jugement à votre sujet. » Le Messager de Dieu ﷺ avait en effet attendu leur venue une quinzaine de jours après son retour de Tā’if. Lorsqu’ils comprirent qu’il ne leur rendrait que l’une des deux catégories, ils déclarèrent : « Nous choisissons nos captifs. » Alors le Messager de Dieu ﷺ se leva parmi les musulmans, loua Dieu comme Il le mérite, puis dit : « Ensuite… Vos frères sont venus à nous en se repentant, et j’ai décidé de leur rendre leurs captifs. Que celui d’entre vous… »

(1) Rapporté par Al-Bukhārī, n° 4318.
قال: فقال رسول الله ﷺ : "نساؤكم وأبناؤكم أَحَبُّ إليكم أم أموالكم؟ " . فقالوا: يا رسول الله، خيَّرتنا بين أحسابنا وأموالنا، بل أبناؤنا ونساؤنا أحبُّ إلينا. فقال رسول الله ﷺ : "أمَّا ما كان لي ولبني عبد المطلب فهو لكم، وإذا أنا صلَّيت بالناس فقوموا فقولوا: إنا نستشفع برسول الله ﷺ إلى المسلمين وبالمسلمين إلى رسول الله ﷺ في أبنائنا ونسائنا. فإني سأعطيكم عند ذلك وأسأل لكم" . فلما صلَّى رسول الله ﷺ بالناس الظهر، قاموا فقالوا ما أمرهم به رسول الله ﷺ ، فقال رسول الله ﷺ : "أمَّا ما كان لي ولبني عبد المطلب فهو لكم" . فقال المهاجرون: وما كان لنا فهو لرسول الله ﷺ . وقالت الأنصار: وما كان لنا فهو لرسول الله ﷺ . وقال الأقرع بن حابسٍ: أمَّا أنا وبنو تميمٍ فلا. وقال عيينة: أمَّا أنا وبنو فزارة فلا. وقال العباس بن مرداسٍ السُّلميُّ: أما أنا وبنو سليمٍ فلا. فقالت بنو سُليمٍ: بل ما كان لنا فهو لرسول الله ﷺ . قال: يقول عباس بن مرداسٍ لبني سُليمٍ: وهَّنتموني. فقال رسول الله ﷺ : "من أمسك منكم بحقِّه فله بكلِّ إنسانٍ ستُّ فرائض من أول فيءٍ نصيبه" . فردوا إلى الناس نساءهم وأبناءهم. ثم ركب رسول الله ﷺ واتَّبعه الناس يقولون: يا رسول الله، اقسم علينا فيئنا. حتى اضطروه إلى شجرةٍ فانتزعت رداءه، فقال: "يا أيها الناس، ردوا عليَّ ردائي، فوالذي نفسي في يده لو كان لكم عندي عدد شجر تهامة نَعَمًا لقسمته عليكم، ثم ما ألفيتموني بخيلًا ولا جبانًا ولا كذَّابًا" . ثم قام رسول الله ﷺ إلى جنب بعيرٍ فأخذ من سنامه وبرةً فجعلها بين أصبعيه ثم رفعها وقال: "أيها الناس، والله ما لي من فيئكم ولا هذه الوبرة إلا الخمس، والخمس مردودٌ عليكم، فأدُّوا الخياط والمِخْيط، فإنَّ الغلول عارٌ وشنارٌ على أهله يوم القيامة" . فجاء رجلٌ من الأنصار بكبَّةٍ من خيوط شعر فقال: يا رسول الله، أخذت هذه لأخيط بها برذعة بعيرٍ لي دَبِرٍ. فقال رسول الله ﷺ : "أمَّا حقي منها فلك" . فقال الرجل: أما إذا بلغ الأمر فيها إلى هذا فلا حاجة لي بها. فرمى بها من يده. وهذا السياق يقتضي أنه (رحمهم الله) ردَّ إليهم سبيهم قبل القسمة، كما ذهب إليه محمد بن إسحاق بن يسارٍ، خلافًا لموسى بن عقبة وغيره. وفي "صحيح البخاريِّ" (١) من طريق الليث، عن عقيلٍ، عن الزهريِّ، عن عروة، عن المسور بن مخرمة ومروان بن الحكم أن رسول الله ﷺ قام حين جاءه وفد هوازن مسلمين، فسألوا أن يردَّ إليهم أموالهم ونساءهم، فقال لهم رسول الله ﷺ : "معي من ترون، وأحبُّ الحديث إليَّ أصدقه، فاختاروا إحدى الطائفتين؛ إما السَّبي، وإما المال، وقد كنتُ استأنيت بكم" . وكان رسول الله ﷺ انتظرهم بضع عشرة ليلةً حين قفل من الطائف، فلما تبيَّن لهم أن رسول الله ﷺ غير رادٍّ إليهم إلا إحدى الطائفتين، قالوا: إنا نختار سبينا. فقام رسول الله ﷺ في المسلمين فأثنى على الله بما هو أهله، ثم قال: "أما بعد، فإن إخوانكم هؤلاء قد جاؤونا تائبين، وإني قد رأيت أن أردُّ إليهم سبيهم، فمن أحبَّ منكم أن
(١) رواه البخاري رقم (٤٣١٨).

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