Chapitre : Sur son retour. Au moment de son retour – que la prière et le salut de Dieu soient sur lui – depuis at-Ta’if et au sujet du partage des dépouilles de Hawazin, qu’il avait remportées le jour de Ḥunayn avant son entrée à La Mecque en tant que ‘âmir (pèlerin effectuant la ‘umra) depuis al-Ji‘rāna, Ibn Isḥāq (1) rapporte : « Ensuite, le Messager de Dieu – que la prière et le salut de Dieu soient sur lui – partit une fois revenu de Ṭā’if, jusqu’à ce qu’il s’arrête à al-Ji‘rāna avec ceux des musulmans qui l’accompagnaient. Il avait alors entre les mains un grand nombre de captifs issus des Hawazin. »
Il est rapporté qu’un homme parmi ses compagnons, le jour où le Prophète quitta la région de Thaqīf, lui dit : « Ô Messager de Dieu, invoque (Dieu) contre eux ! » Il répondit : « Ô mon Dieu, guide (la tribu de) Thaqīf et amène-les (à nous) ! »
Ibn Isḥāq poursuit : « Puis la délégation de Hawazin vint à sa rencontre à al-Ji‘rāna, alors que le Messager de Dieu – que la prière et le salut de Dieu soient sur lui – détenait un grand nombre de captifs de Hawazin : six mille femmes et enfants, et des chameaux et des moutons dont le nombre est inconnu. »
Ibn Isḥāq (2) dit : « ‘Amr ibn Shu‘ayb nous a rapporté – et dans la version de Yūnus ibn Bukayr, il est dit : “(‘Amr ibn Shu‘ayb) nous a raconté” – d’après son père, d’après son grand-père : “Nous étions avec le Messager de Dieu – que la prière et le salut de Dieu soient sur lui – à Ḥunayn. Lorsqu’il s’empara des biens et des captifs de Hawazin, la délégation de Hawazin le rejoignit à al-Ji‘rāna après s’être convertie à l’islam. Ils dirent : ‘Ô Messager de Dieu, nous sommes ta parenté et ton clan, et la difficulté que nous endurons ne t’a pas échappé. Fais-nous la faveur dont Dieu t’a gratifié.’” »
Leur orateur, Zuhayr ibn Ṣurad Abū Ṣurad, se leva et dit : « Ô Messager de Dieu, ceux qui se trouvent maintenant dans les enclos des captifs sont tes tantes maternelles [et tes tantes paternelles] ainsi que tes nourrices qui ont pris soin de toi. Si nous avions eu recours au fils d’Abū Shamr ou à an-Nu‘mān ibn al-Mundhir et qu’ils nous eussent infligé pareille épreuve, nous aurions malgré tout espéré leur bienveillance et leur compassion. Or toi, ô Messager de Dieu, tu es le meilleur de ceux qui aient jamais été nourris ! » Puis il récita :
(du mètre al-basīṭ)
« Accorde-nous ta faveur, ô Messager de Dieu, dans ta générosité,
Car tu es celui que nous espérons et gardons en réserve (dans l’adversité).
Accorde ta grâce à une communauté qu’un coup du destin retient,
Dont l’unité s’est déchirée sous les vicissitudes de l’époque.
La guerre lui a laissé des lamentations tristes et amères,
De profonds chagrins s’abattent sur leurs cœurs.
Si tu ne les combles pas d’un bienfait que tu leur prodiguerais,
Ô toi, dont la sagesse est la plus équilibrée lorsqu’on te met à l’épreuve !
Accorde ta bonté à des femmes qui t’ont allaité,
Alors que ta bouche se remplissait de leur lait pur.
Accorde ta bonté à des femmes qui t’ont nourri,
Toi dont les actes autrefois ornaient tout ce que tu faisais ou délaissais.
Ne nous traite pas comme ceux qui ont fui loin de toi;
Épargne-nous, car nous demeurons un peuple éminent.
Nous te savons gré pour les bienfaits, même si l’on t’en a été ingrat,
Et nous conservons pour toi, au-delà de ce jour, de quoi te récompenser. »