«Des tresses dont l’excédent effleure nos sandales… issues du tissage de Dâwud et de la famille de Muḥarriq.»
Abou Dâwud a dit (1) : « ʻUmar ibn al-Khaṭṭâb Abou Ḥafṣ nous a rapporté, Al-Firyâbî nous a rapporté, et Abân nous a rapporté – ʻUmar précisa : il s’agit d’Abân ibn ʻAbd Allâh ibn Abî Ḥâzim – qui a relaté d’ʿUthmân ibn Abî Ḥâzim, d’après son père, d’après son grand-père Ṣakhr – qui est Ibn al-Ghaylah al-Aḥmasî – que le Messager d’Allah (ﷺ) entreprit une expédition contre Thaqîf. Lorsque Ṣakhr en eut vent, il partit à la tête de cavaliers pour soutenir le Prophète (ﷺ), mais il le trouva déjà reparti sans avoir pu ouvrir (la ville). Alors Ṣakhr prêta serment et s’engagea par un pacte de protection à ne pas quitter cette forteresse tant que ses habitants ne se seraient pas rendus au jugement du Messager d’Allah (ﷺ). Il ne les quitta effectivement pas avant qu’ils ne se rendent au jugement du Prophète (ﷺ).
Ṣakhr écrivit alors au Prophète (ﷺ) : « Après quoi, sache que Thaqîf s’est soumise à ton jugement, ô Messager d’Allah. Je reviens avec eux, et ils sont accompagnés de cavaliers. » Le Messager d’Allah (ﷺ) ordonna alors de rassembler les gens pour la prière, et invoqua dix bénédictions en faveur de la tribu Aḥmas, en disant : « Ô Allah, bénis Aḥmas dans ses cavaliers et ses hommes. »
Les membres de Thaqîf se présentèrent, et al-Mughîra ibn Shuʿbah déclara : « Ô Messager d’Allah, Ṣakhr a pris ma tante, alors qu’elle est désormais entrée dans l’Islam comme tout le monde. » Le Prophète (ﷺ) le fit venir et lui dit : « Ô Ṣakhr, lorsque les gens embrassent l’Islam, ils préservent leur sang et leurs biens. Remets donc sa tante à al-Mughîra. » Ṣakhr s’exécuta.
Ensuite, Ṣakhr demanda au Prophète (ﷺ) qu’il lui attribuât un point d’eau appartenant aux Banû Sulaym qui avaient fui l’Islam, laissant ce lieu derrière eux. Ṣakhr dit : « Ô Messager d’Allah, accorde-moi ce point d’eau à moi et à mon peuple. » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Oui. » Ṣakhr s’y établit, puis les Sulaymiyya embrassèrent l’Islam ; ils vinrent trouver Ṣakhr et lui demandèrent de leur rendre le point d’eau, mais il refusa. Alors ils allèrent se plaindre au Messager d’Allah (ﷺ) : « Ô Messager d’Allah, nous nous sommes convertis à l’Islam, et nous sommes venus trouver Ṣakhr pour qu’il nous rende notre point d’eau, mais il nous a opposé un refus. » Le Prophète (ﷺ) déclara : « Ô Ṣakhr, lorsque les gens embrassent l’Islam, ils préservent leur sang et leurs biens. Remets-leur donc leur eau. » Ṣakhr acquiesça : « Oui, ô Prophète d’Allah. » Alors je vis le visage du Messager d’Allah (ﷺ) rougir, saisi de pudeur, à cause de la jeune captive qu’il avait prise et de ce point d’eau.
Le hadith est rapporté seulement par Abou Dâwud, et il comporte des divergences dans sa chaîne de transmission.
J’ai dit : la sagesse divine voulait que l’ouverture (de la ville) ne se produisît pas cette année-là, afin d’éviter leur extermination totale. En effet, il a déjà été rapporté que lorsque le Prophète (ﷺ) se rendit à Ṭâ’if et les appela à Allah, en leur demandant protection pour transmettre Son message – après la mort de son oncle Abou Ṭâlib –, ils repoussèrent ses propos et le traitèrent de menteur. Il repartit peiné, et ne reprit ses esprits qu’à Qarn al-Thaʿâlib. Là, il vit un nuage où se trouvait Jibrîl (l’Ange Gabriel), qui l’appela en présence de l’Ange des montagnes. Celui-ci lui dit : « Ô Muḥammad, ton Seigneur te salue et a entendu ce que ton peuple t’a répondu. Si tu le veux, je peux faire s’abattre sur eux les deux montagnes (entourant la Mecque). » Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit alors : « Non, je préfère attendre patiemment d’eux, car il se peut qu’Allah fasse sortir de leurs reins des gens qui L’adorent Lui seul, sans rien Lui associer » (2).
Il convenait donc à sa parole « Non, je préfère attendre patiemment d’eux » que la forteresse ne soit pas conquise immédiatement, pour éviter qu’ils ne soient tous tués. Il était plus logique de différer la conquête, afin qu’ils se présentent d’eux-mêmes l’année suivante, au mois de Ramaḍân, en embrassant l’Islam, comme on le verra, si Dieu le veut.