Le Paradis… (1) Il s’agit du hadith, comme nous allons l’expliquer. Muslim l’a rapporté dans son « Ṣaḥīḥ » (2) à partir du hadith d’Abou Mâlik al-Achja‘î — dont le nom est Sa‘d ibn Târiq —, d’après Abou Hâzim Salama ibn Dînâr, d’après Abou Hurayra ; et Abou Mâlik, d’après Rab‘î, d’après Hudhayfa. Ils ont dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : « Dieu réunira les gens, et les croyants se lèveront lorsque le Paradis leur sera rapproché. Ils iront auprès d’Adam et lui diront : “Ô notre père ! Ouvre-nous le Paradis !” Il leur répondra : “Qu’est-ce qui vous a fait sortir du Paradis, sinon la faute de votre père ?”… », et il cita tout le hadith dans son intégralité.
Ceci représente un argument solide et clair indiquant qu’il s’agit du « Jannat al-Ma’wâ » (le Paradis de la retraite), même s’il demeure sujet à examen. D’autres ont cependant soutenu que le Paradis où Adam fut installé n’était pas le Paradis éternel, car Adam fut astreint à ne pas manger de cet arbre, il y dormit, il en fut expulsé, et Iblis y pénétra auprès de lui ; toutes choses qui contredisent l’idée d’un Paradis de la retraite. Cette opinion est rapportée de Oubay ibn Ka‘b, de ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, de Wahb ibn Munabbih, et de Soufyân ibn ‘Uyayna. Elle fut adoptée par Ibn Qutayba dans « al-Ma‘ârif » (3), ainsi que par le juge Mundhir ibn Sa‘îd al-Balloutî dans son « Tafsîr » — qui lui a d’ailleurs consacré une monographie —, et elle est également attribuée à l’imâm Abou Hanîfa (4) et ses disciples (– qu'Allah soit satisfait d'eux –).
Abou ‘Abd Allâh Muhammad ibn ‘Omar ar-Râzî (connu sous le nom d’Ibn Khatîb ar-Ray) la rapporte dans son « Tafsîr » (5) au nom d’Abou al-Qâsim al-Balkhî et d’Abou Mouslim al-Asbahânî. Al-Qurtoubî la mentionne également dans son « Tafsîr » (6) comme étant l’avis des Mu‘tazilites et des Qadarites ; c’est d’ailleurs le texte même de la Thora que possèdent les Gens du Livre.
Parmi ceux qui ont évoqué cette divergence figurent Abou Muhammad ibn Hazm dans « al-Milal wa-n-Niḥal » (7), Abou Muhammad ibn ‘Aṭiyya dans son « Tafsîr » (8) et Abou ‘Isâ ar-Rommânî dans son « Tafsîr ». Ce dernier rapporte l’opinion de la majorité, de même qu’Abou al-Qâsim ar-Râghib et le juge al-Mâwardî dans son « Tafsîr », où l’on lit : « On a divergé à propos du Paradis où vécurent Adam et Ève : selon le premier avis, il s’agit du Paradis de l’éternité ; selon le second, il s’agit d’un Paradis que Dieu leur a attribué comme lieu d’épreuve, et qui n’est pas le Paradis éternel institué comme demeure de la récompense. »