Si cela avait été le cas, il aurait fallu le tuer impérativement, comme l’indique le hadith (1), et comme l’a fait Abou Bakr As-Siddîq — qu’Allah l’agrée. Le sens de son propos : « Elle avance avec quatre et repart avec huit. » Il veut dire par là les replis de son ventre, qui sont au nombre de quatre lorsqu’elle s’avance, puis chacun de ces replis se dédouble quand elle se retire. Cette femme est Bâdiya bint Ghaylân ibn Salama, l’une des notables de la tribu de Thaqîf.
Quant à cet efféminé (mukhannath), al-Bukhârî rapporte, d’après Ibn Jurayj, qu’il se nommait Hît, ce qui est la version la plus connue.
Cependant, Yûnus rapporte d’après Ibn Ishâq (2) que le Messager d’Allah (ﷺ) avait auprès de lui l’affranchi de sa tante maternelle, Fâkhta bint ʽAmr ibn ʽÂʾidh, un efféminé appelé Mâtiʽ. Il pouvait entrer auprès des femmes du Messager d’Allah (ﷺ) dans sa maison, et l’on pensait qu’il n’avait pas la perspicacité ni le désir que les hommes peuvent avoir vis-à-vis des femmes. Pourtant, il fut entendu alors qu’il disait à Khâlid ibn al-Walîd : « Ô Khâlid ! Si le Messager d’Allah (ﷺ) s’empare de Tâʾif, ne laissez pas échapper Bâdiya bint Ghaylân, car elle s’avance avec quatre et repart avec huit. »
Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) l’entendit, il s’exclama : « Ne vois-je pas qu’il en est conscient ?! » (ce hadith), puis il déclara à ses épouses : « Qu’il ne rentre plus auprès de vous. » On l’empêcha donc d’entrer dans la demeure du Messager d’Allah (ﷺ).
Al-Bukhârî (3) a dit : « ʽAlî ibn ʽAbd Allâh nous a rapporté, Sufyân nous a rapporté, d’après ʽAmr, d’après Abou l-ʽAbbâs le poète aveugle, d’après ʽAbd Allâh ibn ʽAmr : Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) assiégea Tâʾif sans en tirer aucun résultat, il dit : “Demain, si Allah le veut, nous reviendrons.” Cela leur pesa. Ils dirent : “Allons-nous donc partir sans l’avoir conquise ?” Il répondit : “Allez combattre demain.” Le lendemain matin, ils partirent, et ils subirent des blessures. Alors il dit : “Demain, si Allah le veut, nous reviendrons.” Cela leur plut, et le Prophète (ﷺ) s’en amusa. » Sufyân a, une autre fois, rapporté : « Il sourit. »
Muslim (4) relate ce récit par l’intermédiaire de Sufyân ibn ʽUyayna. Chez lui, c’est ʽAbd Allâh ibn ʽUmar ibn al-Khattâb (5) qui le rapporte.
Les diverses copies d’al-Bukhârî diffèrent : dans l’une, il est rapporté d’après ʽAbd Allâh ibn ʽAmr ibn al-ʽÂs, et dans une autre, d’après ʽAbd Allâh ibn ʽUmar. Et Allah sait mieux.
Al-Wâqidî (6) a dit : « Kathîr ibn Zayd m’a rapporté, d’après al-Walîd ibn Rabâh, d’après Abou Hurayra, que lorsque quinze nuits furent passées depuis le début du siège de Tâʾif, le Messager d’Allah (ﷺ) consulta Naufal ibn Muʽâwiya ad-Duʾalî en disant : “Ô Naufal, que penses-tu de notre maintien du siège ?” Il répondit : “Ô Messager d’Allah ! C’est un renard dans son terrier : si tu restes, tu l’attraperas, et si tu pars, il ne te causera aucun tort.””