Il dit alors : « Quel est le nom de cette route ? » On répondit : « Ad-Ḍayqah (la resserrée). » Il répliqua : « Au contraire, c’est Al-Yusrā (la facilité). » Puis il en sortit pour rejoindre le lieu appelé Nakhb, et s’arrêta sous un jujubier (Sidra) connu sous le nom de Aṣ-Ṣādira, non loin de la propriété d’un homme de la tribu de Thaqîf. Le Messager de Dieu (ﷺ) lui fit parvenir ce message : « Sors à notre rencontre ou nous détruirons ton verger. » Comme il refusa de sortir, le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna de détruire sa propriété.
Ibn Isḥāq (1) a rapporté, d’après Ismāʿîl ibn Umayya, lui-même d’après Bujayr ibn Abī Bujayr, avoir entendu ʿAbd Allāh ibn ʿAmr dire : « J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) déclarer, lorsque nous sortîmes avec lui en direction de Ṭāʾif et que nous passâmes près d’une tombe : “C’est la tombe d’Abū Rigāl, l’ancêtre de la tribu de Thaqîf. Il faisait partie des Thamūd et, se trouvant dans la zone sacrée (al-Ḥaram), il fut préservé du châtiment qui les frappa. Mais lorsqu’il quitta ce lieu, il fut touché par le même châtiment qui atteignit son peuple et mourut à cet endroit. Il y fut enterré, et la preuve de cela est qu’on enfouit avec lui une branche en or ; si vous exhumez ses restes, vous la trouverez.” » Le narrateur poursuit : « Les gens s’empressèrent alors de déterrer la tombe, et ils en retirèrent effectivement la branche. »
Abū Dāwūd (2) l’a également rapporté, selon la chaîne de transmission passant par Yaḥyā ibn Maʿîn, Wahb ibn Jarîr ibn Ḥāzim, son père, puis Muḥammad ibn Isḥāq. Al-Bayhaqī (3) en a fait de même d’après la version de Yazīd ibn Zurayʿ, auprès de Rūḥ ibn al-Qāsim, d’après Ismāʿîl, qui la tenait d’Umayya.
Selon Ibn Isḥāq (4), le Messager de Dieu (ﷺ) poursuivit alors sa route jusqu’à ce qu’il campât non loin de Ṭāʾif. Il y installa son camp, et plusieurs de ses compagnons furent tués par les flèches, car le camp s’était approché de la muraille de Ṭāʾif. Les projectiles les atteignaient, tandis que les musulmans ne parvenaient pas à pénétrer la muraille que les assiégés leur avaient fermée. Quand ces compagnons furent touchés par les flèches, ils se retirèrent vers l’emplacement où se trouve aujourd’hui la mosquée du Prophète (ﷺ) à Ṭāʾif, construite par Thaqîf après sa conversion à l’islam — œuvre de ʿAmr ibn Umayya ibn Wahb. Dans cette mosquée se trouvait un pilier dont on disait qu’au lever du soleil, chaque matin, on entendait un léger craquement.
Il (Ibn Isḥāq) poursuivit : « Le Prophète (ﷺ) les assiégea ainsi durant plus de vingt jours. » Ibn Hishām note : « On dit également : dix-sept jours. »
Selon ʿUrwah et Mūsā ibn ʿUqbah, d’après az-Zuhrī (6) : « Le Messager de Dieu (ﷺ) se dirigea ensuite vers Ṭāʾif, laissant les captifs à al-Jiʿrāna, et les demeures de La Mecque en furent remplies. Le Messager de Dieu (ﷺ) s’établit près de la colline faisant face à la forteresse de Ṭāʾif, et y passa plusieurs jours à combattre les assiégés, qui ripostaient depuis leurs remparts. Aucun d’entre eux ne sortit à sa rencontre, excepté Abū Bakra ibn Masrūḥ, le frère utérin de Ziyād, que le Messager de Dieu (ﷺ) affranchit. Les blessés furent nombreux, et les musulmans coupèrent une partie de leurs vignes pour les irriter. » C’est alors que Thaqîf leur déclara :